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LA
TOPOGRAPHIE CRANIO-CÉRÉBRALE
LA
TOPOGRAPHIE G R ANIO-GÉRÉBRA LE
APPLICATIONS CHIRURGICALES
PAR
René-Léon LE FORT,
DOCTEUR EN MEDECINE
Ancien Interne des Hôpitaux de Lille,
Médecin-stagiaire au Val-de-Grâce ,
Lauréat de la Faculté de Médecine (Prix Parise).
PARIS,
F. ALCAN, LIBRAIRE-ÉDITEUR,
108, Boulevard St-Germain.
LILLE ,
IMPRIMERIE L. DANEL,
Rue Nationale, 93.
1890,
.
'
.
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LA
TOPOGRAPHIE G R ANIO-CÉ RÉBR ALE
APPLICATIONS CHIRURGICALES.
INTRODUCTION (i).
La topographie cranio-cérébrale captive de plus en plus
l’esprit du monde médical. Médecins et chirurgiens s’adonnent
à l’envi à son étude en raison même de l’intérêt pratique qui
s’attache à la question.
Celle-ci date du jour lointain déjà où le célèbre Gall édi-
fiait son système des bosses du crâne, ou plutôt la topographie
cranio-encéphalique est en germe dans la conception mystique
et surannée du fameux médecin-philosophe allemand.
La doctrine de Gall est justement tombée dans le discrédit.
Mais, comme sur ses ruines, semble s’être élevée la doctrine
des localisations cérébrales , le jour où les. physiologistes
Fritsch et Hitzig eurent démontré que le cerveau du chien ou
du singe portait dans son manteau cortical des cantons ou
districts autonomes chargés de diriger les sujets du cantonnât
tous reliés au centre par des fils transmetteurs. A la suite, les
cliniciens entrèrent résolument dans la voie tracée en premier
lieu par Fritsch et Hitzig et leurs émules, Ferrier, Carville
et Duret, Munck, Lijciani et Tamburini , etc. ; et avec l’Ecole
de la Salpétrière surtout la doctrine des localisations céré-
brales, qui avait paru un moment fléchir sous les coups que
(1) Travail de l’Institut anatomique de la Faculté de Médecine de Lille.
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lui portaient des adversaires ingénieux et tenaces, sortit défi-
nitivement victorieuse de la lutte. Des cendres de l’idée de
Gall sortait comme un fantôme l’idée nouvelle.
En vain nombre de physiologistes, et en particulier l’illustre
Brown-Sèquard, et avec lui Goltz, Schiff, etc.; lui portaient
des coups redoublés, leur fer s’émoussait à sa cuirasse , et elle
restait debout.
Arrêtons-nous un instant sur la doctrine, car elle est le point
central autour duquel nous allons graviter.
A la suite des expériences de Flourens, l’inexcitabilité de
l’écorce grise du cerveau était en quelque sorte universelle-
ment admise comme un dogme. La découverte du centre de la
mémoire des mots faite par P. Broca, en 1861, avait bien
porté un coup redoutable à la doctrine, mais elle n’était pas
parvenue a renverser l’opinion courante de la diffusion des
fonctions dans toute l’étendue de l’encépbale.
Même après que Fritsch et Hitzig eurent démontré l’irrita-
bilité du manteau gris du cerveau , après que Ferrier et
ses émules eurent établi expérimentalement l’existence de
centres ou cantons d’excitabilité spéciaux pour certains
groupes de muscles, tous les doutes n’étaient pas lovés, tant
s’en faut.,
La méthode anotomo-clinique, celle de Charcot, Turck,
Wernicke, Pitres, les leva.
Küssmaul, Northnagel, Wernicke, Charcot, ont considé-
rablement agrandi le champ exploré par Bouillaud déjà, mais
surtout par Broca avec tant de succès. A côté de l’aphasie
motrice il existe d’autres troubles de la perception, de V ex-
pression et de V usage des signes. On peut perdre l’usage des
signes écrits (agraphie) et des signes mimiques; on peut
perdre l’audition des mots [surdité verbale) , la vision des
signes de l’écriture [cécité verbale) à l’exclusion d’autres facul-
tés d’expression qui sont conservées. Or, à ces troubles fonc-
tionnels spécialisés de l’expression et de la perception des
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signes, correspondent des lésions anatomiques localisées de
l’écorce du cerveau.
Il y a donc dans le manteau gris des hémisphères cérébraux
des districts distincts au double point de vue anatomique et
physiologique ; formant une sorte de république confédérative,
ces centres constituent l’appareil de la mémoire des mots, et
tous fonctionnent normalement en parfaite union et pour le
bien général de la communauté ou confédération. La distribu-
tion des vaisseaux du cerveau nous ferait comprendre com-
ment ces centres peuvent être affectés, tantôt isolément, et
donner lieu à un trouble de l’expression des signes, tantôt
simultanément, et causer l 'aphasie motrice complexe.
Qu’on ne s’y trompe pas, l’aphasique n’est pas un paraly-
tique; il peut mouvoir sa langue, ses lèvres, son gosier et son
larynx, et ses muscles expressifs ou mimiques ne sont point
paralysés. S’il est incapable d’émettre des sons articulés ce n’est
pas là le fait d’une paralysie des muscles de la phonation,
mais cela dépend, comme le dit le Prof. Charcot, de la perte
de la mémoire des associations musculaires qui sont nécessaires
à i’articulation des sons. De même l’agraphique n’est pas un
paralytique ; les muscles de ses mains sont intacts; s’il n’écrit
pas, c’est qu’d a oublié les mouvements harmoniques néces-
saires pour tracer les caractères graphiques. — Comme le
disent fort bien Pitres et François Franck, ce n’est pas sa
main qui refuse d’écrire, c’est son cerveau qui est devenu
incapable de le diriger. Il y a amnésie motrice partielle, mais
non paralysie. — Du reste, s’il fallait faire une preuve plus
complète, nous dirions qu’il est des destructions du pied de la
3e circonvolution frontale gauche sans paralysie, comme cela
a été fort bien observé par Ramonat et Frébault (Soc. anal.
30 avr. 1881),
Mais il n’y a pas que des centres d’expression dans les hémis-
phères du cerveau. A côté de ces centres, il en est d’autres
qui sont des centres de motricité à action localisée. Les uns
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actionnent les muscles de la face, les autres les muscles des
membres. Or, il est à remarquer que les lésions en rapport
avec les troubles moteurs qui annihilent l’expression des signes,
et celles qui amènent les troubles moteurs des membres et de
la face (hémiplégie) sont principalement situées dans les cir-
convolutions qui avoisinent le sillon de Rolando [circonvolu-
tions rolandiques). C’est pour cette raison qu’on a appelé
cette région des hémisphères zone psycho -motrice. Mais
comme les centres localisés dans cette zone semblent égale-
ment présider à la sensibilité, ainsi qu’il appert des observa-
tions de Tripier, Pétrina, Munk, Schiff, etc , on les a encore
appelés centres sensüiw-moteurs .
Ferrier, Munk, Luciani, Tamburini, Horsley, etc., dans
leurs recherches sur le chien et le singe, ont considérablement
étendu la zone des centres sensoriels et moteurs à la surface
du cerveau , et l’anatomo-pathologie chez l’homme rétrécit
également de jour en jour le champ de la zone dite latente de
l’écorce. Mais de ce que l’on n’a pas encore pu découvrir de
centres à fonctions bien déterminées et spécialisées dans cette
zone , est-ce à dire qu’elle n’est point chargée d’une mission
physiologique spéciale? Faut-il attribuer particulièrement au
lobe frontal un rôle psychique et au lobe occipital des fonctions
instinctives? Des faits d’ordre biologique empruntés à l’anato-
mie comparée et à l’Anthropologie semblent plaider en faveur
de cette hypothèse sans qu’on puisse encore à l’heure qu’il est
avoir une opinion bien arrêtée sur la matière. Ce qui parait
hors de toute contestation c’est que dans le cerveau l’innom-
brable colonie de cellules groupées en foyers hiérarchisés et
communiquant tous les uns avec les autres comme l’appareil
transmetteur est relié à l’appareil récepteur par le cable dans
nos appareils téléphoniques, représente des organes de sensi-
bilité et de mouvement, dont les éléments sont incessamment
le siège de phénomènes réflexes plus ou moins compliqués ;
c’est-à-dire qu’au fond, le réseau des cellules des centres ner-
veux est un vaste atelier où se transforme X énergie.
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Les lésions destructives (ramollissements, foyers hémorrha-
giques, etc.), des centres corticaux produisent la paralysie ; les
lésions irritatives (péri encéphalite diffuse, méningite, tumeurs,
gommes syphilitiques, etc.), engendrent des troubles convul-
sifs localisés [épilepsie jacksonniennè) notés depuis longtemps
déjà par Hughlings Jackson. Mais ces lésions déterminent en
outre un affaiblissement des fonctions psychiques générales et
les lésions irritatives peuvent conduire à des convulsions
généralisées simulant l’épilepsie vraie, ce qui prouve que s’il
y a dans J’écorce du cerveau des appareils jouissant d’une
certaine autonomie, il n’en est pas moins vrai qu’il y a entre
ces appareils une solidarité telle que la lésion d’un seul appa-
reil de cette confédération ne peut être frappé sans qu’immé-
diatement l’ensemble reçoive le choc et tombe en souffrance.
Cette solidarité est aussi capable , rappelons-le , de rendre
compte des suppléances fonctionnelles , dont la suppléance
de la 3e frontale gauche par la 3e frontale droite dans l’aphasie
motrice est un des plus beaux exemples qu’on puisse citer.
C’est en vain, semble- t-il en effet, que Carville et'ÜURET sur le
chien, Luciani et Tamburini sur le singe, ont prétendu que la
suppléance d’un hémisphère par l’autre est inadmissible, sous le
prétexte que si, après la destruction des centres psycho-moteurs
du côté droit, l’animal étant d’abord paralysé, puis guéri, on
enlevait les centres du côté gauche il n’y avait pas paralysie
des deux côtés. L’exemple du cerveau de Bichat plaide assez
contre une telle interprétation, puisque comme on le sait ce
grand homme n’avait guère qu’un hémisphère avec lequel il
avait pensé et parlé dans sa trop courte vie. Mais à défaut de
cette preuve, qui paraîtrait peut-être insuffisante, — et bien que
nous n’ignorions pas que la question des suppléances dans les
hémisphères du cerveau est encore très controversée —, les
récentes expériences de Galerani et Stéfani, qui démon-
trent la suppléance des lobes optiques (chez les Oiseaux) ,
semblent de nature à entraîner la conviction.
- 12 -
Les faits si curieux de dynamogènie et à' inhibition étudiés
et rassemblés avec tant d’ingéniosité et de labeur par Brown-
Seqüard, s’ils ouvrent une nouvelle voie à la physiologie des
centres nerveux, sont-ils de nature, comme on l’a prétendu,
à être opposés à la doctrine des localisations cérébrales ? —
Nous ne le croyons pas. — Kosjewnikoff, Charcot, Marie,
etc., n’ont- ils pas vu des scléroses systématiques, des cordons
latéraux (sclérose latérale amyotrophique) s’accompagner de
dégénération de la capsule interne, de la couronne rayonnante,
et même de la région rolandique psycho-motrice des hémis-
phères cérébraux ? Et d’autre part, ne sait-on pas qu’à la suite
de lésions corticales du cerveau (régions rolandiques) il y a
dégénérescence du faisceau pyramidal , et que l’ablation
expérimentale ou la destruction pathologique des zones
psycho-motrices donne lieu à la paralysie motrice des membres
du côté opposé à la lésion? Les observations de Charcot,
Pitres, Westphall, etc., sur l’homme malade ; les expériences
de Fermer, Güdden, Monakow, Munck, Luciani et Tambu-
rini, etc., sur le chien ou le singe, et l’étude du développement
des faisceaux de la moelle épinière et du cerveau faite par
Flechsig, Pierret, Edinger, Kahler, etc., ne laissent aucun
doute à cet égard.
L’expérimentation unie à l’observation clinique a démontré,
quand on a eu soin de déterminer exactement la topographie
des lésions du centre ovale , que les lésions destructives
siégeant dans les faisceaux préfontaux, occipitaux ou tempo-
raux ne déterminent par elles-mêmes aucun trouble persistant
de la motilité volontaire. Au contraire, les altérations de la
région fronto-pariétale du centre ovale, c’est-à-dire des fais-
ceaux qui vont aux régions psycho -motrices de l’écorce ,
produisent constamment des paralysies persistantes du côté
opposé du corps, plus ou moins limitées (monoplégies), ou
étendues à toute la moitié du corps et de la face (hémiplégie),
avec dégénération consécutive du faisceau pyramidal de la
- 13 —
moelle épinière. Les ablations des yeux chez les jeunes animaux,
d’autre part, et les atrophies des circonvolutions occipitales
observées à la suite, ne sont-elles pas venues fournir une
nouvelle preuve d’existence de centres visuels corticaux ?
L’existence de centres sensoriels et sensitivo-moteurs à
fonctions distinctes et déterminées dans l’écorce du cerveau
une fois mise hors de doute, il n’y avait qu’un pas pour atteindre
l’ère nouvelle prédite par S. Pozzi dans sa remarquable étude
du crâne, à savoir : La trépanation guidée par les localisa-
tions du cerveau.
Une fois cette notion acquise, devait, en effet, fatalement,
logiquement, se présenter à l’esprit l’étude des rapports entre
l’écorce et la boîte crânienne, pour arriver à ce résultat
d’ouvrir le crâne en regard du centre lésé et le débarrasser
de l’obstacle qui nuit ou entrave son lonctionnement. En
d’autres termes, le problème de la topographie crânio-céré-
brale naquit le jour où l’on remarqua qu’une fracture du crâne,
qu’un abcès, qu’un épanchement sanguin développé, dans les
méninges ou le cerveau déterminait une abolition dos mouve-
ments qui sont commandés par un département nettement
déterminé de l’encéphale.
Gratiolet, le premier, entra dans la voie le jour où il classait
les races humaines en races frontales, et races par ièto-occipi-
tales. — Sans doute , la surface du cerveau ne se moule pas
exactementsurl’endocrâne,ouplutôtilestcertainquerexocrâne
ne traduit pas exactement le relief des lobes et circonvolutions
du cerveau ; — sans doute, les bosses des phrénologistes ne
correspondent qu’exceptionnellement à un développement
corrélatif de la circonvolution sous-jacente quelque exubérante
que celle-là soit, mais il n’en demeure pas moins vrai que dans
l’ensemble la forme et les proportions du cerveau peuvent être
appréciées par celles du crâne, et que l’on peut ainsi juger
d’une façon assez sensiblement exacte des dimensions relatives
des lobes du cerveau. — Ce qui revient à dire que les varia-
tions physiologiques des diamètres du crâne, quoique assez
étendues, ne sont pas suffisamment exagérées pour fausser nota-
blement les points de repère que l’on établit en topographie cra-
nio-cérébrale, les proportions d’une même ligne dans un même
crâne pouvant être considérées, au fond, comme sensiblement
égales.
Gratiolet, le premier, en 1857, rechercha les rapports de
la suture coronale avec le sillon de Rolando, et d’autre part,
ceux de la scissure pariéto-occipitale avec la suture lambdoïde.
La défectuosité de son procédé le conduisit à une double
erreur.
En 1861, P. Broca reprit cette question, et à l’aide du
procède des fiches qu’il inventa à cet effet, il fit voir à Gra-
tiolet lui- même dans quelle erreur il était tombé en admet-
tant que la scissure perpendiculaire externe est de beaucoup
postérieure à la suture lambdoïde, et que la scissure rolandique
est sensiblement sous-jacente à la suture coronale.
Bischoff, en 1868, dans un travail considérable sur les cir-
convolutions cérébrales de l’homme, donna à son tour quelques
indications sur la topographie cranio-cérébrale. Le procédé
qu’il employa est précisément le même qu’avait employé P.
Broca, mais Bischoff paraît avoir ignoré le procédé de l’ana-
tomiste français. 11 faut attendre 1873 pour rencontrer un
mémoire complet sur la question. Ce mémoire sorti du labo-
ratoire du Pr Landzert, est du slave Heftler
Ce travail n'avait pas encore franchi la frontière russe, qu’à
son tour le Pr Turner (1873-74) publiait un mémoire sur le
même sujet. De même que Bischoff avait rencontré Broca
sans le savoir, Turner rencontrait également Landzert et
Heftler, car son procédé comme celui des anatomistes russes
est un procédé graphique. Les résultats de Turner, basés sur
un petit nombre d’observations, ne paraissent d’ailleurs pas
très exacts, nous le verrons plus loin.
En 1875-76, Ch Fèrê, reprit la question à l’instigation de
— 15 —
P. Broca qui, lui-même encore une fois, revenait sur la
matière en 1876.
Depuis Ecker (1876), De la Foulhouze (1876), Lucas-
Championnière (1878), puis plus récemment Reid, Horsley,
Thane, W. Hare, S. Müller, L. Dana, W. Anderson et G. H.
Marins, P Poirier, sont entrés dans la lice et la topographie
cranio-encéphalique leur est redevable d’importantes acqui-
sitions. La Thèse de L. A. Müller surtout, faite sous l’inspi-
ration du Pr Burckhardt (1889), et le remarquable travail que
le Pr P. Poirier a présenté dernièrement au Congrès de
Berlin (1890) nous arrêteront plus loin.
A notre tour nous avons fouillé la question sous la direction
du PrDEBIERRE.
A l’aide du procédé que nous décrirons sous le nom
de procédé de V autogravure du cerveau, nous avons obligé le
cerveau à inscrire lui-même ses sillons et ses saillies à la
surface de l’endocrâne. Cette empreinte était ensuite reportée
sur Texocrâne à l’aide de nombreux trous percés à la drille et
dessinée à l’encre. Les trous servaient alors à passer des fiches
que nous enfoncions dans le cerveau et ainsi le procédé des
fiches de P. Broca nous servait de procédé de contrôle .
A l’aide de notre méthode, on le verra, nous sommes par-
venus à dessiner à la surface extérieure du crâne avec une
exactitude parfaite, les principales scissures qui limitent les
circonvolutions majeures du cerveau. — Ce dessin une fois
acquis, nous n’avions plus qu’à rechercher si à l’aide de lignes
géométriques et de lignes proportionnelles, il ne serait pas
possible d’établir et de tracer à la surface de la tête des points
de repère qui permissent à l’opérateur d'aborder d’une façon
rapide et précise, la surface de telle circonvolution qu’il
voudrait par une fenêtre faite au crâne et taillée au trépan .
Cette méthode qui, au prime abord, paraît aussi simple que
facile, est entourée de grandes difficultés et longtemps nous
avons cherché 1 s procédé pratique tant désiré. Le problème en
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effet, est celui-ci : étant donnés des symptômes d’excitation ou
de paralysie dans une région du corps, découvrir avec sûreté
le centre cortical psycho-moteur du cerveau que l’on considère
comme frappé d’une lésion qui engendre les symptômes déjà
cités. Certes , nous ne voyons pas à travers la paroi du
crâne le sillon de Rolando, nous ne voyons pas le pli courbe,
mais nous sommes arrivés à connaître leur siège et à pouvoir
affirmer qu’ils se trouvent au-dessous d’un point que nous
avons su déterminer.
Maintenant, si quelque chirurgien plus curieux que les
autres nous disait : tout cela est fort bien, votre méthode est
excellente, mais ce qui vaudrait peut-être mieux encore, c’est
que vous nous disiez quand on doit trépaner , et si l'on doit
appliquer la trépanation ; en d’autres termés si un chirurgien
s’avisait de nous objecter qu’il aurait été urgent que nous
établissions les indications et contre-indications du trépan ,
à celui-là nous répondrions que cette questionne fait pas partie
du programme que nous nous sommes tracé, et qu’elle ne
rentre pas dans le cadre de notre sujet ; que les indications
de la trépanation varient presque autant que les cas et les
sujets eux-mêmes, et que nous nous en remettons complète-
ment dans ces circonstances à son flair et à son tact. Nous
ajouterions cependant encore qu’étant données les conditions
actuelles de la chirurgie, dès lors que l’on a soin d'opérer
antiseptiquement, ou que l’on peut opérer aseptiquement, ce
qui vaut encore mieux, l’opération du trépan ne fait courir
directement aucun risque au malade ou au blessé, ce qui doit
encourager le chirurgien à devenir téméraire , — le mot nous
échappe, qu’on nous le pardonne, — et à ne pas craindre un
échec dans les résultats qu’il attend de l’opération en ce qui
concerne la cessation des phénomènes morbides contre les-
quels il dirige la trépanation.
Ceci dit, voici le plan que nous suivrons dans l’exposé de
notre travail.
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Nous donnerons d’abord l’exposé des procédés employés
pour les déterminations de topographie crânio-cérébrale ;
puis pour chaque sillon et circonvolution un historique aussi
complet que possible.
Nous exposerons ensuite le résultat de nos expériences.
Nous terminerons par quelques considérations sur les pro-
cédés à employer pour découvrir, facilement et exactement les
centres moteurs.
Cette disposition des matières nous a paru la plus logique et
la plus rationnelle.
Tel qu’il est , notre travail est- il parfait ? Loin de nous la
prétention de l’affirmer. Mais ce que nous avons le devoir de
dire, c’est qu’il fait l’historique complet de la question ; c’est
qu’il simplifie et précise les procédés et qu’il met entre les
mains du chirurgien qui se décidera à appliquer une couronne
de trépan sur le crâne , une méthode aussi simple et aussi
rapide que sûre pour découvrir les centres corticaux des
hémisphères du cerveau. En cela, nous croyons avoir accompli
un réel progrès sur nos devanciers, — et ce qui est plus digne
d’attention et de remarque, — un progrès en thérapeutique
chirurgicale. Enfin, à l’exemple de Montaigne, nous aussi nous
pourrions écrire en frontispice de ce travail : « C’est icy un livre
de bonne foy ». (1).
Œuvre laborieuse , résultat de longues et patientes recher-
ches, nous présentons notre mémoire avec confiance à la haute
appréciation de la Faculté.
(1) Toutes les pièces (crânes et cerveaux) qui ont servi à exécuter ce
travail sont conservées à l’Institut anatomique de la Faculté.
2
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CHAPITRE PREMIER.
PROCÉDÉS DE TOPOGRAPHIE CRANIO-
ENCÉPHALIQUE.
De nombreux procédés ont été employés pour les détermi-
nations de topographie cranio-cérébrale. Nous allons les passer
rapidement en revue.
Procédé de Cirât fol et : MOULES INTRACRANIENS.
Gratiolet n’a pas publié le procédé qu’il avait employé
mais l’a communiqué en 1862 à Broca qui l’a fait connaître.
Gratiolet coulait du plâtre dans la cavité crânienne, puis
traçait sur le moulage ainsi obtenu les sutures et les scissures,
en prenant des mesures sur le cerveau exposé devant lui .
On a reproché à ce procédé l’absence de points de repère
communs au crâne et au cerveau, et la déformation de ce
dernier, sorti de la boîte crânienne.
Procédé de P. Broca : FICHES.
Avant de se servir des fiches, Broca pratiquait des coupes
sur des têtes fraîches, pour ses déterminations de topographie
cranio-cérébrale. Ce procédé ne permettait qu’une seule expé-
rience sur chaque individu.
— 20 -
En 1861, Broca inventa le procédé « Des fiches ». — Ce
procédé consiste à enfoncer à travers le crâne préalable-
ment dénudé des chevilles de bois dans le cerveau , par de
petites perforations faites à la drille ou au poinçon. Les fiches
sont de 2 à 3 centim. pour la surface, et de 3 à 5 et plus pour
la profondeur.
Les fiches enfoncées, on procède à la coupe du crâne suivant
le plan glabello-iniaque. Puis on extrait le cerveau dans la
calotte, on pose le cerveau sur sa base et on enlève les mé-
ninges. On mesure les distances qui séparent les fiches des
sillons, directement sur le cerveau, en tenant compte des défor-
mations subies, et on les rapporte au crâne, ou on les mesure
sur le crâne, « après avoir tracé sur lui la topographie cranio-
cérébrale à la place respective qu’elle doit occuper relativement
aux perforations ». (De la Foülhoüze).
Toutes les mensurations sont prises dans le sens antéro-
postérieur et transversal, jamais d’obliques.
Broca s’est servi de neuf fiches, dont six pour les scissures,
et trois supplémentaires pour les sillons. Il enfonce trois fiches
dans la suture coronalo pour les mesures « rolando-coronales »
(fiches bregmatique, stéphanique, ptérique); deux fiches dans la
suture lamdoïde pour les mesures « occipito-lambdoïdiennes »
(fiches lambdoïde interne et lambdoïde moyenne) ; une fiche au
point culminant de la suture écailleuse (fiche temporale) pour
la mesure « sylvio-temporale ». La fiche ptérique sert en outre
pour la détermination de la scissure de Sylvius.
Les trois fiches supplémentaires pour les sillons sont les
fiches frontale et pariétale, enfoncées au sommet des bosses de
même nom, et une fiche obélique. D’après Broca lui-même,
les fiches frontale et pariétale sont difficiles à placer, et il faut
le plus souvent, pour trouver la bosse pariétale, faire tomber
sur la suture sagittale une perpendiculaire arrivant au point le
plus élevé de l’obélion.
Broca a indiqué les avantages de son procédé, facile, rapide
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ne détériorant pas le crâne. Il permet d’obtenir des dessins
plans ou des dessins sur le relief du crâne, ce que ne peuvent
donner les procédés graphiques. Toutefois, il reconnaît l’avan-
tage des méthodes graphiques, quand on ne craint pas une
grande dépense de temps, et quand on désire avoir l’ensemble
des rapports topographiques cranio -cérébraux chez un ou
plusieurs sujets.
De la Foulhouze (1876) a employé le procédé de Broca.
Poirier s’en est également servi dans la plupart des cas. Il
injecte artères et veines. Ses expériences ont porté sur 50
adultes des deux sexes et 20 enfants.
Procédé de Bîscliofr (1868).
C’est le procédé de Broca qui a changé de nom en Allemagne,
mais qui ne diffère de celui de Broca que parce que Bischoff
a employé des chevilles de fer au lieu de chevilles de bois.
Procédé de HePtler (1873) : NORMAS CRANIENNES.
Ce procédé a été inspiré à Heftler parle professeur Landzert
C’est un procédé graphique, qui s’exécute de la façon sui-
vante : on détache du tronc la tête avec le cou, on rase les che-
veux, et on injecte dans les carotides une solution alcoolique de
chlorure de zinc additionnée de glycérine et d’acide phénique.
On place la tête dans une caisse cubique et on y coule du plâtre.
On enlève ensuite une paroi de la caisse et la couche de
plâtre correspondants de façon à découvrir un des côtés de la
tête, et, au moyen du diopter de Lucœ (instrument qui donne
des projections géométrales, et évite les erreurs de perspec-
tive), on fait au crayon noir un premier dessin des contours de
la tête. On enlève ensuite toutes les parties molles, et on fait
au crayon rouge un second dessin que l’on superpose au
précédent.
— 22 —
Enfin, on enlève à la scie la portion de crâne mise à nu, on
détache les méninges, et on dessine circonvolutions et scissures
au crayon violet, à l’aide du même moyen et sur le même
dessin.
Heftler a ainsi expérimenté sur 10 têtes pour chacune des
4 normas crâniennes : 10 têtes de profil,
10 en position verticale,
10 — antérieure,
10 — postérieure,
en tout 28 hommes et 12 femmes.
Heftler reproche à son procédé deux causes d’erreur:
1° La rétraction du cerveau produite rapidement par la chlo-
rure de zinc ;
2° L’ébranlement causé par la scie.
Fig. 1 Construite par le Pr Debierre d’après les indications de Heftler.
— Norma lateralis.
G, glabelle. — B, bregma. — La, Lambda. — I, Inion — C, suture coronale.
— L, suture lambdoïde. — EE, suture pariéto-temporale. — P, ptérion. —
c, stéphanion. — A, astérion. — SS, scissure de Sylvius. — R R, scissure
de Rolando. — II, sillon iDterpariétal. — P, scissure perpendiculaire externe.
— tt, ligne courbe temporale. — F1, F2, F3, lre, 2e, 3e, circonvolutions
frontales. — Fa, cire, frontale ascendante. — T1, T2, T3, lre, 2e, 8e cire, tempo-
rales. — Pc, lobule du pli courbe — P/, cire, pariétale inférieure. — Ps,
cire, pariét. supérieure. — Lpc, pli courbe. — O1, O2, O3, lre, 2l, 3e, cire,
occipitales. — S l, sinus latéral. — Ce, cervelet
- 23-
Fig. 1. — Rapports du crâne et du cerveau d’après Heftler.
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Procédé de Turner (1873) : AIRES CRANIENNES.
Ce procédé est également un procédé graphique, mais il est
tout différent du dernier.
Turner commence par diviser chaque moitié du crâne en
10 aires limitées par des lignes fixes. Il découpe le crâne à la
scie en suivant ces lignes et examine les circonvolutions sous-
jacentes à chacune de ces aires.
Voici ces 10 aires crâniennes. Tout ce qui est en avant delà
suture coronale est la région præcoronale ou frontale. La suture
lambdoïde limite en avant la région post-lambdoïdienne ou
occipitale (limitée en bas par l’inion et la ligne courbe supé-
rieure de l’occipital). La région pariétale est divisée en deux
par une ligne verticale, menée de la suture squameuse direc-
tement en haut à la suture sagittale à travers la bosse parié-
tale : on obtient ainsi une région antérieure post-coronale ou
antéro-pariétale , et une postérieure prælambdoïdionne ou
postéro-pariétale.
La ligne courbe temporale divise les régions frontale et parié-
tale chacune en deux parties, l’une inférieure, l’autre supé-
rieure.
Sous la suture sphéno-pariétale, se trouve la région sphé-
noïdale, et sous la suture squameuse, la région temporale.
Enfin, la région frontale supérieure est divisée en deux par
une ligne antéro-postérieure parallèle à la suture métopique.
partant du bord supérieur de l’orbite, et allant rejoindre la
suture coronale à travers la bosse frontale.
Nous avons ainsi les 10 aires crâniennes :
1° Frontale ou præcoronale supérieure :
2° — — moyenne ;
3° — — inférieure ;
4° Antéro-pariétale ou post-coronale supérieure ;
5° — — inférieure ;
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6° Postéro-pariétale ou prælambdoïdienne supérieure ;
7° — — inférieure ;
8° Post-lambdoïdienne ou occipitale ;
9° Sphénoïdale;
10° Squamoso-temporale.
Eig. 2. — Rapports des circonvolutions et du crâne d’après Turner.
R, scissure de Rolaudo. — PO, scissure perpendiculaire externe. — S S, scissure de
Sylvius. — X, centre de la bosse pariétale. — SF, aire frontale supérieure. —
M F, aire frontale moyenne. — IF, aire frontale inférieure. — SAP, I A P,
aires antéro-pariétales supérieure et inférieure. — O, aire occipitale — S q,
aire squamoso-temporale. — AS, aire ali-sphénoïdale.
On a reproché à ce procédé de devenir inexact à la fin de
l’opération , à cause de l’aplatissement du cerveau. En outre,
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Broca (1876) fait remarquer que Turner ne figure que la norma
latérale ou de profil, et que le nombre de ses observations est
probablement très restreint.
J’ajouterai que la section du crâne par petits morceaux et
en suivant rigoureusement des lignes courbes me semble d'une
difficulté d’exécution peu engageante.
Procédé de Féré (1875). COUPES ET CONGÉLATION.
Pour les parties superficielles du cerveau. Feré s’est servi
du procédé de Broca, mais il s’est attaché à maintenir la tête
dans la position verticale pour pratiquer ses expériences (1).
Il a appliqué le procédé chez 54 vieilles femmes (1875) et 8 vieil-
lards (1876).
Pour les parties profondes, corps strié et couche optique,
Féré a pratiqué des coupes horizontales et verticales sur des
cerveaux congelés. — Poirier a eu recours 3 fois à la congé-
lation, et Symington (Edimbourg, 1887) Ta également employée
4 fois.
Procédé d'Ecker (1876).
Voici le procédé d’EcKER d’après la traduction de Broca
dans la Revue d’anthropologie : « J’ai scié une tête fraîche sur
la ligne médiane, après avoir indiqué la position des sutures à
l’aide des fiches introduites suivant le procédé de Bischoff-
Broca ; alors, j’ai extrait les deux moitiés du cerveau ; je des-
sine au moyen du diopter (de Lucœ) les principaux sillons et cir-
convolutions avec les fiches , et faisant reposer les deux
(1) Il pratique comme Broca les perforations à 15 millim. de la ligne
médiane pour éviter le sinus longitudinal.
Pour faire apparaître les sutures chez les vieillards, il les enduit d’encre
qui pénètre dans les interstices et les fait ressortir (Féré, 1876).
— 27 -
hémisphères horizontalement sur leur plan de section, je les
conserve dans une solution de chlorure de zinc, et, plus tard,
dans l’alcool. Prenant alors les deux moitiés du crâne, j’enlève
la dure-mère, je dessine sur leur face interne, avec de la laque
blanche, le trajet des sutures, et j’y coule du plâtre (probable-
ment du plâtre coloré) (1). Sur le moule intracrânien ainsi
obtenu, les sutures se dessinent en blanc, et lorsqu’on compare
le moule avec le cerveau, les rapports de celui-ci avec la sur-
face de celui-là se laissent apprécier avec toute l’exactitude
désirable. »
Ecker a fait, par ce procédé, des recherches sur un crâne
d’un jeune allemand, afin de connaître les rapports cranio-
cérébraux normaux et pour pouvoir ensuite les comparer à
ceux de 6 crânes déformés (fiatheads, têtes plates) de l’Orégon
et 1 crâne de l’Alaska.
Son procédé est en somme un arrangement mitigé des pro-
cédés de Gratiolet et de Broca.
Procédé de W. Anderson et Makins (1889).
Ce procédé est à peu de chose près, comme nous le verrons,
celui que nous avons employé.
Il se compose de trois séries d’opérations. Anderson et
Marins ont fait leurs expériences sur 56 sujets ; 6 pour la pre-
mière série d’opérations, 20 pour la seconde et 30 pour la
troisième.
1° Ils enlèvent la moitié de la voûte du crâne de façon à
découvrir un hémisphère et ses méninges. Ils incisent la dure-
mère pour permettre de reconnaître les scissures de Rolando,
de Sylvius et perpendiculaire externe. Ensuite, la dure-mère
(1) Nous avons trouvé dans le texte le mot « Leimausguss » dont le
sens littéral est « moule en colle forte ».
- 28 —
est recousue, et ils tracent en couleur à sa surface les contours
des sillons. La calotte crânienne est remise en place , et la
tête est retournée de façon à faire imprimer sur l’intérieur du
crâne les sillons tracés à la couleur. La calotte crânienne est
enlevée de nouveau. On perfore le crâne sur le trajet des
sillons, afin de permettre de tracer à sa surface un plan du cer-
veau suffisamment exact pour servir de base aux expériences
suivantes.
2° Les recherches précédentes ont permis de trouver à la
surface de crâne des points de repère pour la détermination
des sillons et circonvolutions. Pour vérifier l’exactitude des
premiers résultats, on enfonce des fiches par des perforations
faites au niveau des points cherchés du cerveau .
L’ablation de la calotte laisse voir quelles ont été les erreurs.
Anderson et Marins représentent sur un seul schéma du
crâne les points qui ont correspondu aux différents endroits
cherchés des sillons. Ils obtiennent ainsi une figure pointillée
indiquant toutes les variations de situation des sillons qu'ils
ont observées. Ils construisent trois lignes qui servent à toutes
leurs déterminations topographiques (Voyez fig. 7 et 8).
3° Ils ont en outre fait une longue série d’expériences pour
vérifier les rapports du cerveau avec les sutures et bosses du
crâne.
Le procédé d’ Anderson et Marins nous paraît très satisfai-
sant, mais divisé comme il l’est en trois parties, il demande
pour être appliqué un grand nombre de cadavres.
Procédé de HiiKler (1889).
Ce procédé, tout différent des autres, et employé dans un
but différent, a été indiqué à Müller par le professeur
Burcrhardt. Il permet de découvrir tous les points du cerveau
- 29 -
sans s’inquiéter des sutures. La méthode est simple, en voici
l’exposé :
Müller commence par déterminer le contour horizontal du
crâne en suivant la ligne naso-iniaque qui se trouve dans le
plan de Rieger. Ce plan correspond à peu près à la base du
cerveau. Le point antérieur, point frontal, se trouve sur la
ligne médiane, à la hauteur des bords inférieurs des milieux
des sourcils et correspond à la suture naso-coronale. Le point
postérieur est Limon ou protubérance occipitale externe.
Pour construire la première ligne, qu’il appelle l’arc horizontal,
Müller réunit ces deux points en passant au-dessus du pavillon
de l’oreille. Il construit une seconde ligne antéro-postérieure
réunissant les mêmes points et passant sur la ligne médiane ;
c’est l'arc sagittal. Les longueurs de ces deux arcs sont mesu-
rées en centimètres, puis divisées en centièmes parties, et
toutes les mesures à prendre sur ces arcs seront désormais
comptées en centièmes d’arc.
Ceci fait, et après avoir pris les mesures : indice céphalique,
distance bi-auriculaire , Müller enlève les téguments et
reprend les mêmes mesures sur le crâne en se guidant sur des
marques soigneusement faites après les premières mesures aux
points de départ de ces mesures. On remplace ensuite les
téguments par une épaisseur égale d’étoffe. On fixe le mètre
qui sert à mesurer les arcs, et, on construit 7 lignes de jonc-
tion allant d’un arc à l’autre, et placés à une distance de 10/100
d’arc les unes des autres. Ces lignes de jonction sont divisées
en centièmes parties, et on note des « centres de trépanations »
à 20, 30, 40, 50 etc., centièmes selon les lignes, en comptant
toujours à partir de l’arc horizontal. On obtient ainsi 38 centres
ainsi numérotés :
- 30 -
SÉRIES.
Sur les perforations faites
sur la ligne de jonction qui
réunit les % des
deux arcs.
A °/0 sur la
ligne de jonction.
Se trouvenl
A gauche.
t les centres
A droite.
I
20
50
1
2
1
l 30
3
4
II
30 «
| 60
5
6
i 25
7
8
III
40 <
50
9
10
‘ 75
11
12
20
13
14
IV
50 <
) 40
15
16
) 60
17
18
80
19
20
20
21
22
V
60 <
| 40
23
24
) 60
25
26
80
27
28
> 25
29
30
VI
70 <
50
31
32
' 75
33
34
VII
80
) 30
35
36
) 60
37
38
Puis Müller pratique en ces points déterminés des couronnes
de trépan d’un diamètre de deux centimètres ; il déchire la
dure-mère aux endroits trépanés et colore au bleu de méthyle
les parties du cerveau qui apparaissent par la perforation.
Sa méthode lui a permis d’étudier à quels points du cerveau
correspondent ces 38 trous, et, en outre, de rechercher des
- 31 -
lignes spéciales correspondant à des points plus particulière-
ment intéressants. — Il a appliqué son procédé sur 14 crânes,
mais dans les 4 premiers, les trous ont été faits d’une façon
différente et les résultats ne peuvent être comparés. Dans 2
autres crânes, les lignes de jonction ont été placées un peu en
avant, de façon à éviter les sutures , mais de permettre néan-
moins de comparer les résultats. Total 483 trous. (V. fig. 3 et 4).
Les 10 individus étaient 6 hommes et 4 femmes de 17 à 71
ans. Il a obtenu des résultats un peu variables à cause :
1° Des variétés individuelles :
2° De la déformation du cerveau dans le décubitus dorsal,
déformation qu’il a étudiée spécialement ;
3° De la situation variable de l’inion.
Procédé de Zernov (1890).
Plus récemment encore Zernoy a employé un procédé qui
nous paraît se rapprocher beaucoup de celui de Mùller. Il
donne les contours de n’importe quelle partie du cerveau
rapportés sur un réseau analogue à celui des cartes géogra-
phiques. On détermine ainsi chaque point de l’encéphale à
l’aide de degrés de longitude et de latitude Zernoy a cons-
truit un encéphalomètre à cet usage et établi des tables permet-
tant de déterminer la partie du crâne correspondant à tel ou
tel point du cerveau.
— 32 —
Position des centres de trépanation de Muller sur la surface du crâne (fig. 3)
et du cerveau (fig. 4). Les centres de trépanation sont numérotés ; en outre, les
chiffres au-dessous du trait dans les cercles de la figure 3 indiquent à quelle hau-
teur en centièmes de la ligne de jonction se trouvent ces centres. Les deux arcs
horizontal et sagittal sont divisés en dixièmes aux points marqués 10, 20, 30, etc.,
et les divisions correspondantes des deux arcs sont reliées par les lignes de jonc-
tion sur lesquelles se trouvent les centres.
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Procédé de Féré pour les enfants.
Féré, en 1877, pour l’étude du développement du cerveau
considéré dans ses rapports avec le crâne, a employé un
procédé spécial :
Chez les enfants , après avoir dénudé le crâne, il enfonce
dans les fontanelles des chevilles destinées à maintenir les
rapports du cerveau et du crâne, puis il incise la membrane
interpariétale, le long de la ligne sagittale en dehors de la
faux du cerveau et sépare le pariétal du frontal jusqu’au
ptérion et de l’occipital jusqu’à l’astérion. La dure-mère est
incisée sur les mêmes lignes. L’écartement des pariétaux que
l’on peut ainsi obtenir suffit pour voir le sillon deRolando et la
scissure perpendiculaire externe. Pour étudier leurs rapports ,
il suffit de mesurer les distances qui séparent le sillon de
Rolando du bord de l’os frontal , et la scissure perpendiculaire
externe du bord de l’occipital. Pour la scissure de Sylvius , il
faut détacher complètement le pariétal du temporal, ce qui,
d’après Féré lui-même, est très peu satisfaisant, parce qu’a-
lors « rien n’empêche plus l’affaissement » du cerveau.
Procédé de Dana (1889).
Dana s’est également servi d’un procédé spécial pour les
enfants (5 observations).
Il commence par dessiner la position théorique des scissures
sur le cuir chevelu. Il fait un trou directement dans le cerveau
aux différents points dont il faut établir les rapports, et injecte
un liquide de teinture. La moitié de la calotte crânienne est
alors enlevée, les points d’injection étudiés en rapport avec les
circonvolutions, et l’on mesure les distances des points obtenus
aux points théoriques.
/
- 34 -
Nous pouvons encore décrire rapidement ici deux procédés
spéciaux, l’un pour découvrir les régions motrices, l’autre pour
la recherche du sillon de Rolando.
Procédé de Seeligmüllcr (1877).
Seeligmüller, pou r découvrir la région motrice , scie une bande
d’os large de 4 centim., qui commence entre les bosses fron-
tales et court vers l’occiput en suivant la ligne médiane et se
termine à 3 centim. en arrière de la petite fontanelle. Ensuite,
il opère sur chaque moitié du crâne deux sections plus ou
moins verticales. La coupe antérieure commence à 2 centim.
en arrière de l’extrémité médiane de la suture coronale et se
termine à 1 centim. en arrière de l’extrémité latérale de cette
même suture au niveau de la suture pariéto-temporale. La
seconde coupe se trouve à environ 3 centim. en arrière de la
précédente et court parallèlement à elle ou en convergeant un
peu. Ensuite, il coupe à l'endroit de la suture pariéto-tempo-
rale les ponts d’os qui tiennent encore, et obtient une fenêtre
qui découvre les régions motrices.
Seeligmüller par ce procédé doit fatalement se trouver tou-
jours trop en avant.
Procédé de Cliiorugi (1886).
Chiarugi, en vue de déterminer le sillon de Rolando, emploie
le procédé suivant :
11 cherche les deux extrémités de la scissure au moyen du
procédé de Rroca, puis scie le crâne circulairement, enlève le
cerveau, incise la dure-mère pour découvrir le sillon et voit si
les fiches sont bien enfoncées dans les extrémités cherchées.
S’il y a une erreur, il la note ; en tout cas, elle est insignifiante.
Ensuite, il moule la cavité crânienne, et avant d’enlever la
calotte, marque le moule, en passant une fiche trempée à
- 35 -
l’encre dans les perforations. Les erreurs notées précédem-
ment sont reportées sur le moule.
Voulant à notre tour étudier la question de la topographie
crânio- cérébrale, nous avons passé en revue les différents pro-
cédés employés jusqu’ici. Celui de Gratiolet ne pouvait nous
arrêter, il a conduit l’habile anatomiste qui l’employait à des
erreurs considérables. Celui de Broca est sans doute un pro-
cédé suffsamment exact, bien que prêtant encore à l’erreur,
mais il ne met pas sous les yeux les relations complètes du
crâne et du cerveau, et c’est pour cette raison que nous avons
laissé de côté cette méthode et que nous avons employé un
procédé graphique. Parmi ces procédés, le plus exact nous
paraît être celui de Heftler, mais il est très long, très compliqué,
exige beaucoup de cadavres, et nous lui avons préféré une
modification du procédé d’ Anderson et Marins due au profes-
seur Debierre et dont nous allons donner l’exposé.
Procéilé de l’autogravure cérébrale
(Debierre et Le Fort).
Ce procédé consiste à faire imprimer au cerveau lui-même
ses sillons et circonvolutions sur le crâne. Voici les divers
temps de l’opération. On fait sur une tête fraîche une incision
au cuir chevelu allant d’une oreille à l’autre. Les deux lam
beaux sont rejetés l’un en avant, l’autre en arrière. On enlève
à la scie la moitié (gauche) de la calotte crânienne en prenant
bien garde de ne pas entamer ni la dure-mère ni surtout le
cerveau . La section horizontale du crâne se fait en suivant le
plan glabello-iniaque horizontal; la section verticale à 1 centim.
de la ligne médiane.
La dure-mère est mise à nu , puis incisée sur son bord
sagittal à lctml/2 ou 2 centim. de la ligne médiane , et deux
- 36 -
fentes perpendiculaires à cette première incision sont prati-
quées l’une à la partie antérieure, l’autre à la partie posté-
rieure de la membrane fibreuse, de façon à pouvoir ainsi en
écarter un panneau. Le cerveau est examiné avec soin , on
reconnaît toutes les scissures et sillons après avoir délicate-
ment détaché la pie-mère , et , réappliquant sur le cerveau la
dure-mère bien essuyée, on dessine à l’encre à sa surface , à
mesure qu’on en recouvre le cerveau, les sillons et circonvo-
lutions avec lesquelles elle est en rapport. La dure-mère doit
être replacée très exactement dans la position qu'elle occupait
d’abord , opération qui demande le plus grand soin. Pour
empêcher que le cerveau ne se déforme , on laisse le plus
de dure-mère possible en avant et en arrière ; celle-ci le
maintient. Quand tous les sillons et toutes les circonvolutions
sont dessinées sur la dure-mère, on recoud cette membrane et
on repasse les premiers traits avec une couleur grasse. La
voûte du crâne bien essuyée est remise en place, et en retour-
nant la tête , on obtient sur l'endocrâne le tracé des sillons
et circonvolutions. Les traits sont repassés à l’encre , et l’on
pratique des perforations au moyen d’une drille armée d’un
foret le long des sillons que l’on désire étudier. On
obtient ainsi sur la surface externe du crâne le tracé des
sillons et des circonvolutions; mais, pour éviter toute erreur,
nous nous sommes toujours servis du procédé de contrôle
suivant :
Le crâne est remis en place ; on enfonce par chacune des
perforations de petites fiches en fer ou en bois dans la subs-
tance cérébrale , et le crâne de nouveau enlevé , on examine
l’endroit où les fiches sont tombées.
Si les fiches sont tombées exactement dans le sillon , on le
dessine sur l’exocrâne en se guidant sur la ligne générale des
perforations. Si les fiches sont tombées à quelques millimètres
du sillon , on reporte sur le crâne la distance, mais augmentée
- 37 -
proportionnellement au rapport des diamètres crâniens aux
diamètres cérébraux.
On obtient ainsi sur la surface du crâne la représentation
exacte des circonvolutions cérébrales sous-jacentes.
Nous avons appliqué ce procédé de recherches topogra-
phiques sur 20 sujets d’âge et de sexe différents. On verra
plus loin les résultats que nous avons obtenus.
C’est le procédé courant dont nous nous sommes servis ;
mais sur certaines têtes, et pour être plus sûrs que le cerveau
ne subissait aucune déformation pendant l’opération , nous
avons suivi une méthode différente qui, du reste, nous a prouvé
que notre procédé général était bon et que nous pouvions
entièrement nous fier à lui. Cette méthode consiste à mettre
à nu la dure-mère comme précédemment ; mais , au lieu
d'abattre un panneau de cette coque fibreuse pour mettre à
jour la surlace du cerveau , nous lui faisons simplement une
fenêtre rectangulaire le long du trajet approximativement
connu du sillon de Rolando. Cela fait, nous déchirons la pie-
mère avec précaution pour mettre à nu le sillon ; et celui-ci
une fois bien reconnu , nous traçons son siège exact sur le
petit pont de dure-mère que nous avons abattu ; puis, nous
relevons ce pont ; nous le suturons soigneusement au reste de
la dure-mère, et il ne reste plus dès lors qu’à suivre la ligne
précédemment tracée à l’encre avec le pinceau trempé dans un
mastic coloré pour obtenir l’impression du sillon sur l’endo-
crâne. On peut successivement opérer de la sorte, on le conçoit,
sur les autres scissures. Le procédé n a qu’un tort, c’est d’exi-
ger beaucoup de temps. Nous avons encore opéré différemment
pour atteindre une précision plus grande. Le pont de dure-mère
précédent une fois rabattu , nous découvrons la scissure que
nous voulons mettre à la lumière en déchirant la pie-mère ;
puis, avant de remettre ce pont en place, nous le faisons tremper
un certain temps dans de l’essence de térébenthine, ou mieux de
l’éther, nous l’étalons sur un petit liège sans le tirailler et lors-
- 38 -
qu’il est evenu transparent , nous le suturons comme nous
faisons dans notre procédé ordinaire. 11 laisse alors voir à
travers lui le sillon cherché, et il ne reste qu’à le dessiner à
sa surface avec le pinceau chargé de matière colorante. On
peut aussi remplacer le panneau de dure-mère que l’on abrase
alors complètement par une baudruche transparente qui
laisse voir la surface du cerveau comme au travers d’une
vitre.
- 39 -
CHAPITRE IL
CRANE ET CERVEAU. - RAPPORTS DES LOBES
CÉRÉBRAUX.
1. — Le crâuc et le cerveau.
L’étude de la topographie cranio-cérébrale doit être précédée
d’une étude rapide du crâne et du cerveau. Nous nous conten-
terons de renvoyer le lecteur aux figures que nous avons
jointes à notre travail. L’une (fig. 5) représente le crâne avec
ses sutures, et donne l’indication de ses points singuliers.
L’autre (fig. 6j est un schéma des circonvolutions cérébrales.
Voici en outre quelques dimensions en centimètres du crâne
et de ses diamètres intéressantes à connaître. Elles sont extraites
d’un travail important de Dana (1889).
ADULTES.
M.
F.
Variations physiol.
Circonférence totale du crâne..
52
50
48,5
à 57,4
Arc bi-auriculaire
32
31
28,4
à 35
Volume du crâne (1)
1500
1300
1201
à 1751
Arc naso-occipital
32
31
28,
à 38
Arc naso-bregmatique. »
12,5
12
10,9
à 14,9
Arc bregmato-lambdatique. . .
12,5
11,9
9,1
à 14,4
Arc lambdato-occipital
7,0
7,1
Diamètre antéro-postérieur . . .
17,7
17,2
16,5
à 19,0
» transverse maximum
14,6
14,0
13,
à 16,5
Indice céphalique
82,2
83,8
76,
à 87
Hauteur de la face
12,37
10,5
à 14,4
Hauteur maxima du crâne
13,3
12,3
11,5 à 15
(1) D’après Huschke et Benedikt.
- 40 —
Fig. 5. — Crâne avec l’indication de ses sutures, de ses points singuliers
et des principaux plans, en usage dans les études anthropologiques .
or, stéphanion (1).
Glabelle,
Na£boib.
'Inion,
(1) Nous avons placé le stéphanion à l’endroit où la suture coronale
est croisée par la ligne courbe temporale inférieure, et non par la supé-
rieure, comme on le fait généralement, parce que les descriptions de Broca se
rapportent au point inférieur et non au supérieur, comme l’indiqueraient ses
figures. On devrait désigner ces deux points (quand ils existent tous deux),
sous les noms de stéphanion supérieur et de stéphanion inférieur pour
éviter toute confusion.
- 41 -
JP
Fig. 6. — Schéma des circonvolutions cérébrales de l’homme.
c, scissure de Rolando. — SS', scissure de Sylvius. — S" , branche
verticale de la scissure de Sylvius. — po , . scissure pariéto-occipitale. —
f1, i2, sillons-frontaux supérieur et inférieur. — f3, sillon précentral ou préro-
landique. — ip, sillon interpariétal — t', 1er sillon temporal ou scissure
parallèle de Gratiolet. — t2, 2e sillon temporal. 0,02, 1er et 2e sillons occi-
pitaux. — F, lobe frontal. — P, lobe pariétal. — O, lobe occipital — T, lobe
temporo-sphénoidal. — Fi, F^, F3, lre 2e et 3e circonvolutions frontales. —
A, circonvolut. frontale ascendante. B, circonv. pariétale ascendante. — P4
lobule pariétal supérieur. — P2, lobule du pli courbe. — P2', pli courbe. —
Oj, O2, O3, T6 23 et 3e circonv. occipitales. — Tj, T2, T3, lre, 2° et 3e circonv.
temporales. — cm, terminaison du sillon calloso- marginal .
- 42 -
Les variations physiologiques des diamètres du crâne sont
assez étendues, comme on peut le voir, mais les proportions
d’une même ligne dans un même crâne ne sont pas suffisamment
variables pour fausser notablement les points de repère que
nous aurons à établir bientôt.
Notamment en ce qui concerne les variations dépendant de
l’âge, Dana dit que le crâne change considérablement pendant
la première année et qu’il continue à s’accroître rapidement
jusqu’à 4 ans pour croître ensuite plus lentement. A la fin de
la 7e année, il a presque acquis sa forme et ses dimensions
définitives, plus précoces chez les filles.
Les différences sexuelles ont été formulées par Broca. Il a
démontré qu’elles ne sont pas absolues. Elles consistent
surtout dans l'effacement des saillies et la diminution des dia-
mètres.
55. — Rapports tics contours «le l’Iicmisplicrc cérébral.
La détermination des rapports des lobes cérébraux a été
l’objet de nombreuses recherches. Nous ne rapporterons ici
que ce qui a trait aux contours de l’hémisphère cérébral, car
les limites des lobes entre eux correspondent soit à des scis-
sures qui feront l’objet d’une élude particulière, soit à des
lignes fictives qui ne servent qu’à faciliter les descriptions.
Pourtant, nous ferons remarquer avec Turner (1873) que les
lobes ne correspondent pas précisément aux os du crâne de
même nom qu’eux. En effet, le lobe frontal s’étend très loin en
arrière sous l’os pariétal, le lobe pariétal est beaucoup plus
petit que l’os de même nom, qui recouvre parfois une partie du
lobe occipital. Le lobe temporal également dépasse la portion
écailleuse du temporal.
Etudions maintenant les rapports du bord interne du cerveau
et ceux du bord externe.
- 43 -
a) Bord interne de ly hémisphère.
Il y a peu de chose à dire sur le bord interne de l’hémis-
phère cérébral. IL suit la ligne médiane du crâne.
Horsley (1887) fait remarquer que, par suite de la déviation
à droite du sinus longitudinal supérieur, l'hémisphère droit,
arrive seulement au niveau de la ligne qui joint l’extrémité des
dentelures de la suture sagittale, tandis que l’hémisphère gauche
s’étend jusqu’à la ligne médiane. Faisons toutefois remarquer
que tous les anatomistes ne placent pas le sinus à droite, mais
les uns à gauche, et d’autres au milieubienque le plus souvent,
il faut le dire, il empiète sur le côté droit.
b) Bord externe de V hémisphère.
Le bord externe du cerveau peut se diviser en trois parties :
une partie frontale, correspondant au lobe frontal ; une partie
temporo-sphénoïdale, et une partie occipitale.
Le bord inférieur du lobe frontal est en rapport avec le
plancher de la fosse cérébrale supérieure.
Pour Heftler (1878), « la pointe du lobe frontal se trouve
entre la suture naso-frontale et la ligne qui réunit le bord
supérieur des deux orbites. Le bord inférieur de chaque hémis-
phère se dirige en dehors, presque parallèlement avec le bord
supérieur de l’orbite, qui en est éloigné deôcentim. ; et même,
plus en dehors , cette distance augmente , à cause de l’abais-
sement du bord supra-orbital. Enfin, la distance verticale
entre le bord inférieur du lobe frontal et l’angle formé par le
bord supérieur du corps de l’os zygomatique et l’arcade zygo-
matique est égale, en moyenne, à 26 millimètres. »
Broca (1876) montra que la ligne sus-orbitaire , passant
transversalement au dessus des arcades orbitaires, établit la
démarcation entre le crâne facial et le crâne cérébral.
Dana (1889) fait commencer le lobe frontal immédiatement
en arrière de l’os frontal, dont l’épaisseur varie de 2 à 8 mill.
- 44 -
Poirier (1890) qui a fait une étude toute spéciale de la déter-
mination de la limite inférieure du cerveau, a trouvé le bord
inférieur et externe du lobe frontal situé à une distance variant
entre 6 et 12 millim. au-dessus de la moitié externe de l’ar-
cade orbitaire ; ce bord se relève ensuite un peu (8 à 15 millim.)
au niveau de l’apophyse orbitaire externe. En avant au con-
traire , il se rapproche du rebord orbitaire , et tout-à-fait en
dedans il descend beaucoup plus bas qu’à sa partie interne ; là
11 répond à peu de chose près à la suture fronto-nasale.
Les bords antérieur et inférieur du lobe temporal font
partie de la ligne de contour du cerveau.
Ils correspondent à la fosse cérébrale moyenne.
Selon Heftler (1873) « le bord antérieur du lobe est situé à
2 cent. 4 en moyenne , en dehors du bord externe de l’orbite.
Le bord inférieur du lobe temporal, à l’endroit où il devient
son bord antérieur, est éloigné de l’arcade zygomatique de
12 millim. (en chiffres moyens) : plus tard, il s’approche peu à
peu de l’arcade zygomatique et atteint, dans le voisinage de
l’articulation de la mâchoire inférieure, presque le bord supé-
rieur de l’arcade zygomatique ; mais, pour la plupart du temps,
il est éloigné de cette arcade de 3 à 4 millim. »
Féré (1875) fait cette remarque que la pointe du lobe moyen
s’avance de 3 ou 4 millim. en avant du bord postérieur de la
petite aile du sphénoïde, mais peut se prolonger à 10 et même
25 ; un instrument pénétrant dans la fosse temporale à un
centimètre en arrière de l’aphophysé orbitaire externe peut
donc toucher quelquefois le lobe sphénoïdal (Féré).
Reid (1884) place le bord inférieur du lobe temporal plus
bas que ne le faisait Heftler : pour lui, ce bord correspond
au bord supérieur de l’apophyse zygomatique, et à une ligne
menée de J’extrémité de cette apophyse à un point situé à
moitié route entre l’inion et le bord postérieur de la base de
l’apophyse mastoïde. Son bord antérieur s’avance jusqu’à
l’apophyse orbitaire de l’os malaire.
- 45 -
Dana (1889) limite le bord inférieur du lobe temporal au
moyen d'une ligne menée d’un point situé à environ 12 mill
au-dessus du zygoma et du méat auditif à l’astérion, et conti-
nuée par la ligne courbe occipitale supérieure. Pour le bord
antérieur, il admet les conclusions de Reid.
Poirier (1890) place la pointe du lobe à 15 millim. en arrière
du bord externe de l’apophyse orbitaire et à 2 contim . au-
dessus de l’apophyse zygomatique. De là, le bord inférieur se
dirige « obliquement en bas et en arrière vers le conduit
auditif, et vient effleurer le bord supérieur de l’apophyse zygo-
matique au niveau de la cavité glénoïde ». Poirier fait remar-
quer qu’à ce niveau, le cerveau n’est séparé de l’extérieur du
crâne que par une lamelle très mince et toujours transparente.
Au-delà, le bord du lobe se relève un peu pour passer au-
dessus du trou auditif externe à une distance de 4 à 10 millim.,
et arriver au niveau du bord postérieur et supérieur du rocher;
puis il descend très obliquement et fait partie du lobe occi-
pital.
Le bord inférieur du lobe occipital fait suite au bord tem-
poral ; il correspond au sinus latéral et à l’insertion de la
tente du cervelet, et sur le crâne à la ligne courbe occipitale
supérieure de l’astérion à l’inion (Heftler, Broca, Reid,
Dana, Poirier).
Nous verrons toutefois que la protubérance occipitale
externe ou inion n’a pas des rapports constants avec l’extré-
mité du sinus latéral (Rieger).
- 46 -
CHAPITRE III.
SCISSURE DE ROLANDO.
Rapports avec le crâne,
1° Extrémité supérieure de la scissure.
La détermination sur le crâne de la position du sillon de
Rolando, une des trois grandes scissures du cerveau , est de
la plus haute importance. Cette scissure est en effet, comme
la dit Lucas-Championnière, «le centre de figure de la région
motrice. » — Pour la plupart des auteurs il limite en arrière
le lobe frontal, et en avant le lobe pariétal.
Gratiolet, en 1857, essaya le premier d’en déterminer les
rapports. De ses recherches, il conclut que ce sillon corres-
pond à la suture coronale, et que scissure et suture sont dans
le même plan.
Quatre ans plus tard, Broca (1) releva l’erreur de Gratiolet
en démontrant que la scissure, en réalité, se trouve en arrière
de la suture. D’après lui, Yextrèmüê supérieure du sillon,
dont nous nous occuperons d’abord, est située au moins à
4 centim. en arrière du bregma (maximum 63 millim. chez un
épileptique). Plus tard, en 1871, il modifia ses premières con-
clusions, obtenues d’après ses observations relevées sur onze
sujets (hommes adultes) et éleva sa moyenne à 47 millim.
Broca, 1861, Bull. Soc. anat., p. 340
— 47 —
Bischoff (1868) , place l’extrémité postérieure du lobe
frontal à 2 centim. au moins en arrière du bregma ; mais
Bischoff ne comprend pas la circonvolution frontale ascen-
dante dans le lobe frontal. Or l’épaisseur de cette circonvo-
lution étant, selon Broca, de près de 2 centim., on peut juger
de la place que Bischoff assignait au sillon de Rolando.
Turner (1873) , après des recherches faites en Écosse ,
évalue à 2 pouces (51 millim.) la distance rolando bregmatique.
Il a vu cette distance réduite à un pouce 1/2 (38 millim.'!
La même année, en Russie, Heftler, par un procédé tout
différent arrive à un résultat analogue à celui de Broca
(48 millim. comme distance moyenne).
Depuis, différents auteurs se sont occupés de la question.
Ils ont respectivement trouvé les distances suivantes :
Féré (1875) . ... 45 millim. chez la femme.
De la Foulhouze (1) (1876) 38 à 63 millim.
Kcker (1876) . .. 38 millim.
Féré et Broca (1876) 47 à 48 millim. chez l’homme.
Féré (1877) 47mm,3.
Lucas-Championnière (1878) 55 millim.
A.-W. Hare (1884) (2) .... 47miû,6.
Basset (3) 48mm,3 à 56mm,6.
Chiarugi (1886) (4) 52mm,2 à 53mm,5.
(1) Les observations de de la Foulhouze se rapportent à 4 vieillards et
5 adultes. La distance de 63 millim a été observée par lui sur une arabe
de 25 ans ; les autres distances n’ont pas dépassé 54 millim.
(2) Hare a fait 11 expériences et a trouvé des distances variant entre
1 pouce 3/8 et 2 1/4 (35 millim. et 57) en moyenne 1 p. 7/8 (47mm,6).
(3) Voici les mesures rolando-bregmatiques d'après Passe t •
56m,6
48m,3
50m,8
51,n,3
chiffres suivants comme distances rolando-
u l brachycéphales
( dolichocéphales
^ ( brachvcéphales
dolichocéphales
les
(4) Chiarugi a indiqué
bregmatiques :
Chez les brachycéphales : 53,nm,5 (47 à 63,5)
— dolichocéphales : 52mm,2 (44,5 à 62,5)
Ses recherches ont porté sur 12 individus.
Férè surtout a fait sur ce sujet de nombreuses expériences
et publié beaucoup. Ses premiers résultats (1875) furent
obtenus par l’examen de 54 vieilles femmes dont les cerveaux
avaient 16 centim. de long en moyenne. Le sommet du sillon
de Rolando était situé environ à 111 millim. de l’extrémité
antérieure et à 49 millim. de l’extrémité postérieure du cer-
veau (en projection). La distance rolando-bregmatique avait
un maximum de 57 millim. Depuis, ses nouvelles recherches,
personnelles ou en collaboration avec Broca, lui permirent de
confirmer ses conclusions premières. Il fixa (1877) à 47mm,3 la
moyenne de la distance Rolando-bregmatique chez l’homme.
Broca (1877) avait attiré l’attention sur une cause d’erreur
dans l’évaluation de cette distance : souvent le sillon de Rolando
arrivé près de la ligne médiane fait un crochet qui reporte de
1,2 et même 3 centim.- en arrière son extrémité supérieure.
Il empiète ainsi sur le lobe pariétal, ce qui peut créer des
malentendus.
Passet fait également une rectification dans ses calculs
quand l’extrémité supérieure du sillon se dévie brusquement
en arrière. Chiarugi croit cette rectification inutile, parce
que, dans ce cas, il y a souvent une courbure compensatrice
du sillon en avant ; à son avis, la correction serait dangereuse
et pourrait compromettre l’exactitude des résultats.
Nos recherches sur la distance rolando-coronale supérieure
ou rolando-bregmatique nous ont donné les résultats suivants:
la distance moyenne est de 49mm55 ; le minimum a été de 40,
et le maximum de 62. A l’encontre des résultats de Passet et
de Chiarugi, nous avons trouvé les distances plus grandes
chez les dolichocéphales (51 mm) que chez les brachycéphales
(48m,n). A priori, ce fait semblait probable, le diamètre antéro-
postérieur de la tête étant plus long.
- 49 —
Détermination de V extrémité supérieure du silton
de Rolando par le bregma .
Sur le crâne, le point de repère le plus voisin du sillon de
Rolando est le bregma. On a donc cherché des procédés
capables de déterminer ce point avec certitude.
Broca, pour y arriver, s’est appuyé sur ce fait que le plan
passant par le bregma et les 2 conduits auditifs externes est
vertical et sensiblement perpendiculaire au plan horizontal
spino-auriculaire de Camper passant par l’épine nasale et les
2 conduits. Il fit construire un appareil (1) composé d’une
équerre formée de 2 tiges flexibles réunies à angle droit par
un tourillon. On fixe le tourillon dans l’oreille ; la branche
horizontale est placée dans le plan spino-auriculaire de Camper,
sous l’épine nasale par conséquent; la branche verticale rabat-
tue vient passer au sommet de la tête sur le bregma. Ce point
déterminé au moyen de l’équerre (bregma-céphalométrique),
il suffit pour trouver l’extrémité supérieure du sillon de
Rolando, de mesurer la distance déjà connue qui le sépare
de la partie supérieure de ce sillon.
Outre l’équerre de Broca, Lucas-Championnière, 1878, indi-
que plusieurs procédés de détermination du bregma. La
palpation seule suffit parfois. A son défaut on peut se contenter
d’un ruban métrique placé autant que possible dans un plan
vertical, la tête étant dans le regard horizontal ; dans ce cas
la partie médiane de l’arc bi- auriculaire ainsi tracé, indique le
bregma. On peut se servir également d’un carton échancré
embrassant la tête, et traversé perpendiculairement, à hauteur
de l’œil, par un crayon placé dans le plan horizontal. Le milieu
du carton passe sur le bregma au sommet de la tête. Pour
trouver l’extrémité supérieure du sillon de Rolando, Lucas-
Championnière mesure sur la ligne médiane 55 millim. à partir
(1) L’appareil de Broca a été décrit pour la première fois dans les
Bulletins de la Société d' Anthropologie, 1873, 2me série, tome VIII, p.147.
4
- 50 -
du bregma. Selon lui en effet : 1° le chiffre donné par Broc a
comme distance Rolando-bregmatique est trop faible ; 2° le
sillon de Rolando ne se dirige pas en droite ligne : il se recourbe
à sa partie supérieure ; or peu importe son extrémité réelle ;
ce qu’il faut déterminer exactement, c’est le point où il abou-
tirait s'il avait une direction rectiligne. En outre, chez la
femme, il faudrait compter 50 millim. au lieu de 55 (4 ans
avant ses derniers travaux Lucas-Championnière avait indiqué
48 millim. seulement chez la femme).
Pour trouver le bregma , il suffit d’après Fraenkel de
promener l'ongle d’avant en arrière sur le crâne, au niveau
de la ligne médiane. Lorsque l’expérimentateur arrive sur le
bregma, le patient accuse de la douleur, comme il en accuse-
rait d’ailleurs pour toute autre suture. Le fait ne semble pas
être assez constant pour être d'un grand secours. Au reste,
comme le fait remarquer Poirier, les sutures disparaissent
souvent avec l’âge. Nous avons vu un crâne dans le bregma
duquel était développé un os wormien de plus de 5 centim.;
malgré la persistance des sutures , le résultat du procédé de
Fraenkel aurait été absolument trompeur dans ce cas.
L’équerre de Broc a qui, semble- t-il, reste le mode de déter-
mination le plus exact du bregma, a ses inconvénients. Féré
et Broca lui-même, ont montré que le point (bregma-cépha-
lométrique) trouvé avec cet instrument, ne correspond pas
exactement au bregma crâniométrique. En général celui-ci
est en arrière du premier, à 9 millim. environ. Il ne faut pas
oublier d’ailleurs que l’écart peut être porté à 3 centim., par
suite des variations dans l'épaisseur des téguments qui recou-
vrent l’épine nasale et dans la forme de la sous-cloison. Pour
ces deux raisons, l'équerre peut être inclinée plus ou moins en
avant. Aussi dans la pratique faut-il, selon Féré, reculer d’un
centimètre environ le bregma indiqué par l’équerre.
La détermination du bregma est donc chose difficile. 11
n’y a aucune précision d’après Féré si on l’établit par
simple construction à vue d’œil du plan auriculo-bregmatique
- 51 -
de Busic. Quant au procédé de Lucas-Championnière , il le
trouve impraticable, à cause de l’impossibilité, dans la plupart
des cas , de placer le sujet dans la position du regard hori-
zontal. Si l’on se sert de l’équerre de Broca, la difficulté
reste grande, et il faut tenir compte de l’obliquité du conduit
auditif externe évaluée d’après les recherches de Fèré et de
Terrillon à un centimètre environ.
Il faut d’ailleurs ne négliger aucun détail pour se servir avec
fruit de l’équerre de Broca. Le tourillon doit être enfoncé
profondément dans l'oreille gauche, pour redresser le conduit
auditif externe ; la lame verticale doit être recourbée vers
l’oreille droite de manière que le bord postérieur réponde à la
base du tragus et non à son sommet ; ceci toujours à cause de
l’obliquité du conduit. La branche horizontale doit être placée sur
la lèvre supérieure et immédiatement sous la sous-cloison. Dans
ces conditions c’est le bord postérieur de la lame verticale qui
indique le brégma céphalométrique. (Fèré, 1881, 1886, 1890).
Malgré toutes ces difficultés, Fèré, pour ses déterminations
cranio-cérébrales, commence toujours par construire les plans
auriculo-bregmatique, et .glabello-lambdoïdien. Poirier re-
connaît également que le bregma craniométrique et le bregma
céphalométrique ne coïncident pas. Ils seraient distants l’un de
l’autre en moyenne de 15 millim., ce qui donnerait par le pro-
cédé de Lucas-Championnière une extrémité supérieure du
sillon de Rolando à 70 millim en arrière du bregma au lieu de
48 millim., chiffre donné par Heftler, Broca, Fèré et Poirier
lui-même, d’où erreur de 2 centim.. D’ailleurs le procédé de
Lucas-Championnière expérimenté sur 10 cadavres, n’a réussi
qu’une fois ; 9 fois il a donné un point situé trop en arrière. —
Muller a fait les mêmes essais et a obtenu le même résultat.
En pratique ce procédé a, entre les mains du professeur Ver-
neuil, donné une erreur de 3 centimètres (1).
(1) Thiery, Bull, de la Soc. anat. 1890.
- 52 —
Bergmann, Merkel et la plupart des auteurs allemands
trouvent l’extrémité supérieure de la scissure de Rolando, sur
le vivant, en élevant sur une ligne horizontale une perpendi-
culaire passant juste derrière l’apopl^se mastoïde, et remontant
jusqu’à la ligne sagittale. Ce procédé qui est aussi celui de
Reid (1884) manque de précision (Poirier).
Détermination de V extrémité supérieure du sillon
de Rolando par sa position sur l’arc sagittal.
Dans ces dernières années, on a cherché (anglais et amé-
ricains surtout) à déterminer l’extrémité supérieure du sillon
de Rolando, non plus en mesurant la distance qui le sépare du
Bregma, mais par sa position sur la ligne glabello-iniaque,
abstraction faite des sutures. W. Hare, en 1884, établit le
rapport de la distance glabello-rolandique, à la distance gla-
bello-iniaque ou arc sagittal. 11 le trouve de 55,7 pour 100 avec
des variations toujours inférieures à 1/3 de pouce. Ses expé-
riences sont au nombre de onze. Il enlève un côté de la calotte
crânienne, la dure-mère, puis la pie-mère, après l’avoir en
partie détachée par un courant d’eau (ce qui nous paraît avoir
dû changer quelque peu les rapports). Il enfonce ensuite une
épingle, au niveau du sillon de Rolando, dans la faux du
cerveau, et mesure dès lors ses distances.
Thane, de Londres, modifie la loi de Hare en prenant au
lieu des -yQQQ de l’arc sagittal, la moitié de cet arc plus un demi
pouce. Ce procédé plus simple semble moins exact, à supposer
toutefois que le chiffre 557 soit l’expression de la vérité, ce que
nos recherches n’ont pas confirmé.
Selon Horsley (1887) la distance à ajouter en arrière du point
mi-sagittal serait encore de 1/2 pouce, comme l’avait conseillé
Thane, dont il accepte le procédé.
- 53 —
Enfin, en avril 1889, Anderson et Marins ont trouvé l'extré-
mité supérieure du sillon de Rolando entre le point mi-sagittal
et un point situé à 3/4 de pouce en arrière (lcent90) c’est-à-dire
que pour la découvriron devra appliquer le trépan à 3/8 de pouce
(Ocent.95 en arrière du point sagittal moyen, (Y. fig. 7 et 8).
Quant au bregma il serait situé aux 2/5 de la ligne sagittale
à partir delà glabelle. Sa situation peut varier de plus de 1/2
pouce.
Dana, la même année, avait reconnu le peu de rigueur de
la méthode de Broca. et adopté le procédé de Hare. Pour
lui, comme l’arc naso-occipital tourne autour de 28 à 38 cen-
tim., le point cherché oscille entre 157 et 268 millim. à partir
de la glabelle.
Poirier ayant constaté la difficulté d’établir exactement la
glabelle, a proposé comme point de repère la suture fronto-
nasale, « le point nasal. » Pour l’Inion il conseille quand 011 ne
peut le déterminer facilement, de faire fléchir la tête de façon
à tendreleligament cervical postérieur qui s’insère à cettesaillie,
ou de suivre la ligne courbe occipitale supérieure qui y aboutit.
Quant aux déterminations de l’extrémité supérieure du sillon
de Rolando faites par les auteurs anglais et américains, elles
s’accordent parfaitement avec les résultats obtenus par Poirier
(40 observations). Néanmoins, comptant à partir du « point
nasal », cet anatomiste conseille de mesurer 2 centimètres
en arrière du point mi-sagittal, — Dans un cas, sur le vivant,
il n’a pu trouver l’inion. Aussi pour des cas analogues, et
comme moyen de contrôle dans les autres, conseille-t-il de
mesurer 18 centim. à partir du point nasal sur la ligne sagit-
tale. Il s’appuie sur les données suivantes résultant de ses
expériences : l’arc naso-bregmatique est de 123 millim. en
moyenne, la distance rolando-coronale supérieure d’un peu
plus de 5 centim., au total 18 centim. 1/2 ou 18 pour les
grosses têles, 17 pour les petites. Ce procédé lui adonné
d’excellents résultats, mais il est inapplicable aux enfants.
- 54 -
D’après nos recherches, le sillon de Rolando serait situé
plus en avant que ne le disent les anatomistes anglais et
américains. Nous avons en effet trouvé l’extrémité supérieure
de l’arc sagittal, mais aux
de la scissure non pas aux
532
ïôôô
phales
557
1000
en moyenne et plus en avant encore chez les dolichocé-
(h20\
\iooo,
j . Chez les brachycéphales, le sommet de la scis-
sure serait aux environ de l’arc sagittal.
Quatre trépanations faites d’après ces données, deux chez
un dolichocéphale et deux chez un brachycéphale, nous ont
permis de découvrir très exactement, au centre de notre
couronne de trépan le sillon de Rolando.
Nous avons mesuré également la distance qui sépare la
glabelle du sillon de Rolando. Cette distance est d’environ
173 millim., un peu plus forte (7 à 8millim.) chez les brachycé-
phales que chez les dolichocéphales.
2° Extrémité inférieure de la scissure.
Détermination de l'extrémité inférieure du sillon
de Rolando.
J/extrémité inférieure du sillon de Rolando, de même que
la supérieure, est située en arrière de la suture coronale, mais
à une distance moindre, comme l’avait déjà fait remarquer
P. Rroca en 1861.
Les évaluations de cette distance « rolando-coronale infé-
rieure » ont été les suivantes :
Broca 1871 15 millim. environ chez l’homme.
Heftler 1873 28 —
Turner 1873 38 — (minimum 33).
Féré 1875 25 à 30 millim.
Ecker 1876 17 millim. (sur un allemand).
— 55 —
De la Foulhouze (1) 1876 23 à 44 millim.
Féré 1882 28 millim. chez 38 hommes.
— — 27 — chez 34 femmes.
Passet (2) 19mm,6 à 30ram,l.
Chiarugi 1886 27mm,9 (brachycéphales) 23 à 35,5.
- 26mra,7 (dolichocéphales) 23 à 30,5.
Féré, 1875, fixe l’extrémité externe et antérieure du sillon
de Rolando à 71 millim. de l’extrémité antérieure du cerveau
et à 89 millim. de l’extrémité postérieure, sur des cerveaux
de 16 centim. Quant à la distance de la suture coronale à
la partie inférieure du sillon de Rolando, il fait remarquer
que « le sillon s’arrête au moins à un centimètre plus haut que
la suture qui devient plus oblique dans la partie inférieure ;
de sorte qu’à son extrémité externe, il reste 2 1/2 à 3 centim.
en arrière de l’extrémité externe de la suture coronale, qui
correspond à l’intervalle des 2 plis de la troisième circonvolu-
tion frontale. » — Rroca fait la même remarque , et cherche
la distance de l’extrémité inférieure du sillon de Rolando à la
scissure coronale sur une ligne horizontale. Cette ligne passe
à quelques millimètres au-dessus de la scissure de Sylvius.
D’après lui , cette notion suffit pour la détermination de la
hauteur de l’extrémité du sillon. Heftler mesure cette
hauteur par les rapports de la ligne horizontale avec la suture
temporo-pariétale ; la distance du point cherché à l’origine
de la suture varierait entre 2 et 5 millim.
(1) Les observations de de La Foulhouze se rapportent h 5 adultes et
4 vieillards. Il a trouvé chez les 5 adultes des distances de 23 à 44, 23 :
(1 femme) 26 (1 femme, 1 homme) 32 (1 femme) 44 (une femme arabe),
et chez les 4 vieillards, de 25 à 31 millimètres.
brachycéphales
dolichocéphales
brachycéphales
dolichocéphales
(2) Passet a trouvé hommes.
femmes .
24mm,9
19mm, 6
20mm,6
30mm,l
- 56 —
Chez le vivant, Lucas-Championnière a le premier donné
un procédé de détermination de l’extrémité inférieure du
sillon de Rolando à la surface du crâne. Pour y arriver, il
s’est inspiré de la méthode de Broca pour rechercher le centre
du langage articulé, méthode que nous exposerons plus loin.
Voici ce que dit Lucas-Championnière : « On prend un point
derrière l’apophyse orbitaire externe au point où la base de
cette apophyse se recourbe et se relève pour se continuer
avec la crête temporale de l’os frontal. On tire une ligne hori-
zontale de 7 centim. On élève à la partie postérieure de cette
ligne une perpendiculaire de 3. Celle-ci détermine un point
vers l’extrémité inférieure du sillon de Rolando pas tout à
fait au bout de ce sillon ». La tête doit être dans le regard
horizontal. — Pour la femme, d’après le même auteur, les
mesures doivent être, de 65 millim. sur la ligne horizontale et
de 3 centim. sur la verticale. — Mais la ligne horizontale est
difficile à tracer ; aussi Ranney conseille-t-il sur le vivant de
mener à partir de l’apophyse orbitaire externe une parallèle
à la ligne qui unit l’extrémité des incisives supérieures au point
le plus inférieur de l’apophyse mastoïde. La ligne ainsi tracée
est horizontale et plus facile à mener d’après Ranney.
Poirier trouve que c’est encore là bien compliquer la ma-
nœuvre. Le procédé de Lucas Championnière pour le point
inférieur lui a donné (7 fois sur 10) de meilleurs résultats
que celui du même auteur pour la recherche de l’extrémité
supérieure du sillon.
Férè pour déterminer le point rolandique inférieur
commence par tracer, comme d’ailleurs pour toutes ses autres
recherches de topographie cran io-céréb raie, les 2 plans glabello-
lambdoïdien et auriculo-bregmatique. « L’extrémité inférieure
du sillon de Rolando se trouve de 45 à 55 millim en arrière
de l’apophyse orbitaire externe à peu près à 1 centim. au-dessus
du plan glabello lambdoïdien et sensiblement à la même
distance en arrière du plan vertical ou auriculo-bregmatique.
- 57 -
— Ce procédé nécessite la construction de deux plans difficiles
à tracer, surtout si l’on se contente dans tous les cas de
rechercher la situation du lambda avec le doigt, ce qui n’est
pas toujours aussi facile que le dit Férè (1). Quant au bregma.
nous l’avons déjà vu, Fèré lui-même reconnaît combien il est
difficile de le percevoir sur le vivant.
Les auteurs allemands, Bergmann, Merkel élèvent sur une
ligne horizontale une perpendiculaire, partant de l’articulation
temporo-maxillaire : cette perpendiculaire vient couper l’extré-
mité inférieure du sillon de Rolando à 5 centim. au-dessus de
l’articulation.
Poirier trouve celte méthode très inexacte et place l’extré-
mité inférieure du sillon non a 5 centim., mais bien à 7 et quel-
quefois 8 centim. au-dessus de l’articulation.
Reid use d’un procédé analogue. Il trace une ligne basilaire,
menée de la partie inférieure du bord sous-orbitaire au milieu
du méat auditif; sur cette ligne et par la dépression anti-
tragienne, il élève une perpendiculaire. Le point où celle-ci
coupe la scissure de Sylvius (déterminée préalablement par
Reid) correspond à l’extrémité inférieure du sillon de Rolando
ou plutôt au point où celui-ci aboutirait si on le prolongeait
jusqu’à la scissure de Sylvius.
Dana conseille de tracer une ligne du stéphanion à l’astérion
et une seconde ligne du méat auditif externe au bregma. Le
point d’intersection sera juste au-dessus de l’extrémité
inférieure du sillon de Rolando à un cent, environ de la
scissure de Sylvius. L’astérion se sent facilement d’ordinaire
juste en arrière de la partie supérieure de l’apophyse
mastoïde.
(1) Pour Poirier on peut souvent trouver le lambda à travers les tégu-
ments ; si on n’y arrive pas il faut savoir que la distance qui le sépare de
l’inion est de 6 à 7 centim.
- 58 -
Anderson et Marins ont cherché non point l’extrémité infé-
rieure du sillon de Rolando, mais, comme Reid, le point où le
sillon prolongé aboutirait à la scissure de Sylvius ; ce point
siégerait sur ce qu’ils appellent la « ligne squameuse », entre
le point de jonction de cette ligne avec la « ligne frontale »
et un autre situé à 3/4 de pouce (lcent-90) en avant. On le
découvrirait donc suivant eux en appliquant le trépan à 3/8
de pouce (0cent-95) en avant du point de jonction ; les mômes
auteurs auraient, 3 fois, trouvé le sillon de Rolando prolongé
réellement jusqu’à la scissure de Sylvius (1). Au reste cette
extrémité inférieure du sillon semble à Poirier être moins fixe
que la supérieure. (V. fig. 7 et 8).
Chiarugi, 1886, a mesuré les distances qui la séparent de la
glabelle.
11 a obtenu :
Brachycéphales 104,9
Dolichocéphales 102,1
Hommes 107,3
Femmes 103
25 fois sur 25, Poirier a réussi à tomber exactement sur la
partie inférieure du sillon de Rolando, en se comportant de
la façon suivante : il reconnaît et trace au crayon, l’arc zygo-
matique ; il élève sur cet arc une perpendiculaire passant
exactement au devant du tragus dans la dépression préauricu-
laire ; puis il compte, à partir du trou auditif, 7 centim. sur
cette perpendiculaire. Pour les enfants au lieu de 7 centim. il
fait mesurer les 7/17 de la perpendiculaire prolongée jusqu’à
la ligne sagittale, ce qui revient à prendre à partir du trou
(1) Nous avons également trouvé plusieurs fois cette disposition qui ne
nous paraît pas aussi rare qu'on le croit généralement.
- 59 -
auditif la moitié moins un travers de doigt de la distance
auri-sagittale, procédé vrai pour tous les âges.
Nous verrons à propos du trajet du sillon de Rolando que la
plupart des auteurs anglais et américains déterminent son
extrémité inférieure d’une façon indirecte.
Nous avons recherché la valeur de la distance rolando-coro-
nale inférieure. Nous l’avons trouvée de 29 à 30 millim. un peu
plus forte (1 millim. ou 2) chez les dolichocéphales que chez
les brachycéphales , comme la distance rolando-bregma-
tique. La distance qui sépare l’extrémité inférieure du sillon de
Rolando de l’apophyse orbitaire externe est, d’après nos obser-
vations, de 60 à 61 millim., plus forte chez les dolichocéphales
que chez les brachycéphales.
Quant à la détermination de l’extrémité inférieure dé la
scissure sur le vivant, nous indiquerons à propos du trajet de
la scissure le procédé que nous conseillons.
3° Trajet de la scissure.
Détermination du trajet de la scissure de Rolando.
Entre ses deux extrémités, le sillon de Rolando ne parcourt
pas un trajet rectiligne ; il affecte souvent les formes les plus
bizarres, comme Anderson et Marins l’ont montré dans une
figure où ils représentent un certain nombre de sillons pris au
hasard.
Néanmoins, certaines courbures paraissent plus fréquentes,
c’est ainsique Broca, en 1876, a décrit une flexuosité du sillon
au niveau de l’extrémité de la 2e circonvolution frontale;
courbure qui rapprocherait le sillon de la suture coronale,
quelquefois assez pour qu'il soit plus près de la suture en son
milieu qu'à son extrémité inférieure. En 1861 Broca disait .
« à 4 centim. de la ligne médiane, le sillon n’est plus situé qu'à
2 centim. au moins, 3 au plus en arrière de la suture. »
Muller parle d’une courbure fréquente en sens opposé.
- 60 -
Anderson et Marins ont généralement trouvé : 1° une forte
courbure à convexité postérieure rlans le 1/3 supérieur; 2° une
autre moins accusée, moins constante et en sens inverse de la
première, située près de l’extrémité inférieure
Bien d’autres auteurs ont écrit sur le trajet du sillon de
Rolando. mais, pour ne pas sortir de notre sujet, nous allons
nous occuper de la manière de déterminer une « ligne rolan-
dique », donnant sur le crâne la direction moyenne de la
scissure en question.
Cette ligne rolandique a été le plus souvent tracée en réunis-
sant par une ligne droite les deux extrémités du sillon préala-
blement déterminées. C’est le procédé qui paraît le plus simple
et le plus précis; mais depuis quelques années les anatomistes
anglais et américains ont cherché l’angle formé par la réunion
du Rolando et de la ligne médiane sagittale , et ont appliqué
cette donnée pour trouver la situation de la ligne rolandique.
Hare, en 1884, a le premier usé de ce procédé. Il évalue
l’angle fait en avant par le Rolando et l’arc sagittal à 67°, et
lui reconnaît des variations pouvant aller de 60° à 73°.
Giacomini avait évalué l’angle rolando-sagittal à 60° (57 1/2
à 62 1/2). Hamy à 70°.
En 1888, Hare décrivit un instrument servant à tracer sur le
crâne la ligne rolandique d’après langle rolando-sagittal. Cet
instrument est le cyrtomètre du Dr Claude Wilson dont l’idée
première serait due au professeur Chiene. Il se compose de
trois tiges de fer doux nickelé. La plus large est appliquée
autour de la tête, dans le plan glabello-iniaque. Sur elle tombe
perpendiculairement une branche plus étroite, et qui doit se
placer le long de la ligne sagittale à partir de la glabelle. Sur
cette branche sont gravées deux séries de lettres, majuscules
et minuscules, placées de façon qu’une majuscule étant sur
l’inion, à l’extrémité de l’arc sagittal, la minuscule correspon-
dante soit aux 557/1000 de l’arc, et indique par conséquent le
sommet de la scissure. Enfin, une3<: tige mobile et mince glisse
- 61 -
le long de la dernière en faisant avec elle un angle de 67°. La
minuscule qui correspond à la majuscule placée sur Timon
étant sous l’extrémité supérieure de cette tige, la scissure
correspond à la tige.
Hare donne au sillon une longueur de 3 pouces 3/8 (85mm,7),
ce qui porte à 7/16 de pouce (llmm,l) les variations dans la
position de l’extrémité inférieure de la ligne rolandique déter-
minée par son procédé.
Horsley avait, l’année précédente, décrit un appareil ana-
logue. Sur une tige en fer doux nickelé de 10 pouces que l’on
place sur la ligne sagittale, s’articulent deux tiges plus courtes
faisant chacune avec la première un angle en avant de 67°.
Ces branches courtes sont graduées en pouces. Le sommet
de l’angle se place 1/2 pouce (12mm,7) derrière la ligne médiane
sur l are sagittal. La graduation permet de mesurer la longueur
de la ligne rolandique , et de fixer ainsi l'extrémité inférieure
du sillon.
Le cyrtomètre de Dana consiste également en deux tiges
articulées l’une sur l’autre sous un angle de 67°, et dont Tune
se place sur la ligne sagittale, tandis que l’autre indique la
ligne rolandique. C’est, en somme, l’appareil de Hare . mais
Dana y remplace les lettres majuscules et minuscules par des
chiffres correspondant aux longueurs de Tare. En outre, il a
ajouté une branche qui permet de déterminer la scissure de
Sylvius.
Cet instrument permet de déterminer les 2/3 supérieurs du
sillon, environ 56 millim., selon Dana ; le 1/3 inférieur, environ
21 millim , a une direction un peu plus verticale que la tige.
Le sillon aurait une longueur totale de 85 millim.
Anderson et Marins ont mesuré l’angle rolando-sagittal
avec des goniomètres faits de segments de voûte crânienne.
Sur 8 têtes (16 scissures), ils Tout trouvé entre 55° et 70°, sur
12 autres entre 60° et 65°.
Poirier a trouvé des variations assez étendues de l’angle
rolando-sagittal mesuré chez 50 sujets.
_ 62 -
Le premier qui ait cherché à déterminer le sillon de Rolando
au moyen d’un angle est Giacomini (1882;. Il conseille do
prendre sur l’arc vertical bi -auriculaire un point situé à mi-
distance de la ligne sagittale et du méat auditif, et de ce point,
de tracer en arrière et en haut une ligne qui fasse avec l’arc
un angle de 30 à 35 degrés
En 1886, dans un but différent de celui poursuivi par Hare,
Ghiarügi avait cherché la valeur de l'angle rolando-sagittal.
Il avait également indiqué les longueurs du sillon de Rolando.
Voici ses résultats d’après des expériences sur 21 crânes (1) :
Brachycéphales. 64°, 4
Dolichocéphales 63°, 6
Hommes. 65°, 1
Femmes 63°, 8
Différences maxima 9°
Longueurs de la scissure :
relatives
absolues
Brachycéphales
82mm,7
1 14mm,7
Dolichocéphales
79mm,l
114mm,5
Hommes
83mu,,9
115mm,3
Femmes
80mm,7
114mm,4
Nous avons également mesuré l’angle rolando-sagittal. Nous
nous sommes servi d’un instrument dû au PrDEBiERRE et dont
nous donnons la photographie (voy. pl. I, T). Le goniomètre
céphalique , comme l’a appelé son inventeur, se compose
essentiellement d’un rapporteur circulaire dont on peut fixer
facilement le centre sur le point correspondant au sommet du
Rolando préalablement déterminé. Une branche flexible se
place le long du trajet du Rolando et est prolongée au-delà du
(1) Les 21 sujets étaient : brachycéphales 16, dolichocéphales 5, hom-
mes : 6, femmes : 15.
- 63 -
centre (dans l’autre moitié du diamètre) par une branche rigide
qui donne sur le rapporteur des indications très nettes, de
sorte que l’instrument peut servir soit à déterminer l’angle,
soit, l’angle étant déterminé, à trouver le sillon sur un crâne
recouvert des téguments. Nous avons obtenu comme résultats :
Angle 68°, 1
Minimum 64°
Maximum 74°
Brachycéphales 68°, 1
Dolichocéphales 68°. 1
Contrairement à l’opinion de Hare, nous a vous trouvé que
déterminer le trajet du sillon de Rolando au moyen de l’angle
qu’il forme avec le plan médian sagittal est un procédé peu
précis. L’angle par lui-même est assez variable ; et, en outre,
malgré l’emploi des goniomètres, il est toujours un peu difficile
de mesurer un angle sur une surface courbe ; c’est pourquoi,
après maintes recherches , nous avons adopté le procédé sui-
vant très simple , très facile à exécuter et ne nécessitant pas
l’usage d’instruments spéciaux. Nous déterminons d'abord le
point correspondant au sommet du sillon de Rolando sur la
ligne sagittale, d’après les indications que nous avons données
à propos de sa position relative sur cette ligne ; nous joignons
ensuite directement ce point à un autre situé sur le milieu du
bord supérieur de l’arcade zygomatique , toujours facile à
trouver sur le crâne. La ligne obtenue par ce procédé corres-
pond aussi exactement que possible à la ligne rolandique , et
les trépanations que nous avons pratiquées pour vérifier son
exactitude nous ont donné les résultats les plus satisfaisants.
Si l’on veut connaître la situation exacte de l’extrémité infé-
rieure du sillon de Rolando, il suffit de tracer la ligne « orbito-
lambdoïdienne », qui correspond à la scissure de Sylvius
(Y. Scissure de Sylvius), et de prendre sur la « ligne rolan-
dique » un point situé de 10 à 15 millim. au-dessus de cette
dernière ligne. (Voy. fig. 15).
CHAPITRE IV.
SCISSURE DE SYLVIUS.
Knpports avec le crâne.
Cette scissure n’est pas en totalité à la surface externe du
cerveau , sa première partie est en rapport avec la base du
crâne et ne nous occupera pas; aussi, considèrerons-nous
comme scissure de Sylvius seulement sa portion externe. Cette
portion externe se divise en deux parties : l’une, scissure de
Sylvius proprement dite , branche horizontale , et l’autre ,
branche verticale delà scissure, beaucoup plus petite et même
inconstante.
La partie antérieure de la scissure de Sylvius répond à la
ptère. Comme De la Foulhouze l’a fait remarquer (1876),
cette disposition est nécessitée par la base du crâne : les apo-
physes d’Ingrassias pénétrant dans la fosse de Sylvius, il s’en-
suit que la scissure de Sylvius sera toujours comprise entre
les deux angles de la ptère.
Pour Broca (1876), elle est de 4 à 5 millim. en arrière du
ptérion ou angle antérieur de la ptère (maximum 15 millim.
chez un nègre). Les autres anatomistes n'ont fait évidemment
qu’affirmer ce fait (Turner, Horsley, Dana, Poirier).
A peine la scissure de Sylvius a-t-elle commencé son trajet
sur la face externe du crâne qu’elle fournit une branche
antérieure verticale.
- 65 -
Cette branche coïncide assez exactement avec la partie infé-
rieure de la suture coronale. La distance qui l’en sépare est au
plus de quelques millimètres (Broca, 1876). L’endroit où se fait
la division en deux branches de la scissure de Sylvius corres-
pond, suivant Heftler (1873), au sommet de l’union de la
grande aile du sphénoïde avec la suture temporo-pariétale (ou
angle postérieur de la ptère), c’est-à-dire à 13 millim. en
arrière de la suture fronto-pariétale. C’est aussi l’opinion de
Poirier. D’après Heftler encore, la branche antérieure se
dirige parallèlement à la suture coronale et monte ensuite en
haut et en arrière en finissant sur la ligne courbe temporale.
Nous venons de voir que Broca la plaçait un peu plus en
avant.
Thane (1885) place la bifurcation de la scissure de Sylvius à
1 pouce l/4(31mm,7) en arrière de l’apophyse orbitaire externe,
et à 1/4 de pouce (6mm,3) au-dessus de son niveau.
Horsley (1887) donne à la branche verticale de la scissure
de Sylvius une direction autre que celle indiquée par Heftler;
elle se dirige selon lui en haut et en avant, en prolongeant la
direction de la suture sphéno-squameuse, mais commençant à
1 ou 2 millim. en avant d’elle. Elle se trouve immédiatement
en avant de l’extrémité inférieure de la suture coronale.
Hare (1888) trouve cette branche en rapport avec la partie
supérieure de la suture sphéno-temporale.
Sur 12 crânes, Dana (1889) a trouvé la branche antérieure
trois fois immédiatement en arrière de la ptère (et dans ces
trois cas la ptère était avancée) ; et neuf fois entre les branches
de la ptère.
La branche principale de la scissure de Sylvius correspond
en avant à la partie antérieure de la suture écailleuse d’après
Bischoff (1868). Le trajet moyen, selon Heftler (1873) coïncide
avec la même suture.
Pour Turner (1873), la scissure, après avoir passé entre les
deux branches de la ptère gagne la suture squameuse, passe
5
- 66 -
obliquement sous la partie supérieure et antérieure de l’écaille
temporale, puis croise de nouveau la suture , et sort sous le
pariétal.
Ecker (1876) fait passer la scissure et la suture au même
niveau d’abord, puis la suture quitte à angle aigu la scissure
pour passer en- dessous sur le lobe temporal.
De la FouLHOüze (1876), sur 9 sujets, a toujours trouvé la
scissure de Sylvius au-dessus du point culminant de la suture
écailleuse, à une distance qui a varié entre 0 et 10 millim.
Pour Broca (1876), l'extrémité de la scissure se trouve
approximativement sur la ligne qui réunit le stéphanion à la
« fiche lambdoïdienne moyenne », et c’est au moyen de sa dis-
tance à ces deux points qu’il fixe la position de l’extrémité de
la scissure. La ligne est à peu près horizontale. Broca n’a pas
donné de chiffres.
Pozzi (1877) admet que le trajet moyen de la scissure dépasse
presque toujours plus ou moins la suture, surtout en arrière.
Férè (1881-1886) dit que dans les deux sexes, la scissure de
Sylvius, dans sa moitié antérieure, suit assez exactement la
suture, puis qu’elle se recourbe en haut en se dirigeant au-des-
sous et en arrière de la bosse pariétale.
Horsley (1887) lait passer la scissure, comme presque tous
les anatomistes, très près de la suture squameuse : elle passe
à 1/2 millim. environ au-dessus de cette dernière qu’elle suit
jusqu’à son point culminant, et de là s’incurve un peu en haut
vers le centre de la bosse pariétale qu’elle atteint presque.
Pour Hare (1888), la scissure passe au sommet de la suture,
d’où elle remonte vers la bosse pariétale.
Pour Poirier (1890), elle va d’abord rejoindre l’angle pos-
térieur de la ptère (union des sutures temporo-pariétale et
sphéno-pariétale), et suit dès lors la suture sur une longueur
d’environ 4 centim. Assez souvent elle est un peu plus élevée
que cette dernière. Elle l’abandonne ensuite et se dirige très
obliquement en haut et en arrière, pour aller se terminer un
peu au-dessous et en arrière de la bosse pariétale.
Nous avons pris, en vue de déterminer les rapports de la
scissure de Sylvius, un certain nombre de mensurations qui
nous ont donné les résultats suivants (V. les tableaux) :
L’origine de la scissure de Sylvius se trouve en moyenne à
27 millim. de l’apophyse orbitaire externe ; la scissure passe
ensuite toujours au-dessus de la suture temporale, pour se
trouver de 4 à 5 millim. au-dessus d’elle, environ au niveau du
point le plus élevé de la suture ; elle fait dans cette première
partie de son trajet un angle de 59°8 en moyenne avec le plan
orbito- auriculaire, toujours facile à tracer; arrivée au niveau
de la verticale qui passe par le milieu du méat auditif, elle se
trouve à une hauteur de 6 centimètres au-dessus de ce méat ;
sa partie postérieure fait avec le sillon de Rolando un angle
très variable d’environ 50° ; l’extrémité de la scissure de
Sylvius se trouve à une distance très peu constante de la
scissure de Rolando et de la suture sagittale; son trajet moyen
correspond assez exactement à une ligne qui va de l'apophyse
orbitaire externe (à l’endroit où son bord postérieur se recourbe
pour former le commencement de la ligne courbe temporale),
au lambda, et son extrémité postérieure se trouve sur une
ligne qui réunit le sommet du sillon de Rolando à l’astérion.
Nous indiquerons dans quelques instants comment, à l'aide de
ces données, nous déterminons sur le crâne la scissure de
Sylvius.
Détcrmiuation «le la scissure «le Sylvius.
Les rapports que nous venons d’indiquer pourront aider
dans la recherche de la scissure de Sylvius le chirurgien qui
a mis une partie du crâne à nu, et lui montrer s’il est dans la
bonne voie, mais ne permettent absolument pas de déterminer
- 68 -
sur le crâne recouvert de téguments la position de cette scissure
les sutures étant à ce niveau profondément cachées sous le
muscle temporal. C’est pourquoi on a cherché plusieurs procédés
que nous allons exposer.
Hare (1889) trace une ligne allant de l’apophyse orbitaire
externe à l’inion. En arrière du premier point, il prend 1 pouce
1/8 (28mm6) sur cette ligne. Le point ainsi trouvé correspond
à l’extrémité antérieure de la scissure de Sylvius. (Sur
11 cas , la scissure a été une fois portée à 1/8 de pouce en
avant ; c’est la plus grande variation observée par Hare). Pour
trouver la direction de la scissure, Hare tire de ce premier
point une ligne droite vers la bosse pariétale.
Reid (1884), dans le même but, trace une ligne partant d’un
point situé à 1 pouce 1/4 (31mm7) en arrière de l'apophyse orbi-
taire externe, et aboutissant à 3/4 de pouces (19mm; au-dessous
de la bosse pariétale. En outre, il détermine la branche ascen-
dante de la scissure en menant une ligne verticale d’environ
1 pouce (25mm4) et partant d’un point situé à 3/4 de pouce
(19mm) en arrière de l’extrémité antérieure de la première
ligne, c’est-à-dire deux pouces (50mm8) en arrière et un peu
au-dessus de l’apophyse orbitaire externe.
Pour déterminer la position de la première partie de la
scissure de Sylvius , Férè trace d’abord les deux plans :
auriculo - bregmatique de Busk et glabelio - lambdoïdien
de Hamy. Le glabello-lambdoïdien « passe très près, assez
souvent à quelques millimètres au-dessus de la partie supé-
rieure de l’écaille temporale, dont le point culminant corres-
pond à peu près à l’endroit où elle est coupée par le plan
auriculo-bregmatique. Le point d’intersection des deux plans,
vertical et horizontal, peut donc, avec la région ptérique,
donner la direction approximative de la scissure de Sylvius
dans sa première portion, la scissure se trouvant à 2 ou 3
millim. de la ligne indiquée par ces points ».
Le même reproche peut être fait à ce procédé qu’à celui dont
Ferê s’est servi pour la recherche du sillon de Rolando, c’est
la difficulté de déterminer les deux plans.
Horsley (1887) détermine l’origine de la scissure de Sylvius
en déterminant le ptérion qui lui correspond. Le ptérion est
à mi-distance d’une ligne verticale située entre le stépha-
nion et le bord supérieur du milieu do l’arcade zygoma-
tique. D’après Horsley , on peut facilement trouver le stépha-
nion en suivant d’une part la suture coronale, facile à
sentir avec le doigt et d’autre part ligne courbe temporale que
l’on rend sensible en faisant contracter le temporal. Nous ne
croyons pas que ce procédé suffise à déterminer le stéphanion,
pour la seule raison qu’il arrive parfois que même sur le
crâne nu, on ne peut le trouver.
Anderson et Marins (1889) pour déterminer la scissure
commencent par construire « une ligne frontale », menée d’un
point mi-sagittal au devant du conduit auditif externe « point
antitragien » (Voy. fig.7 et 8) ; puis ils mènent une « ligne squa-
meuse », partant de l’apophyse orbitaire externe , et passant
par l’union du 1/3 inférieur avec le 1/3 moyen de la ligne
frontale. Pour ces auteurs , l’extrémité antérieure (apparente)
de la scissure se trouve sur « la ligne squameuse » de 1 pouce
1/8 à 1 pouce 1/2 (28mm6 à 38mœl) au delà de l’apophyse orbi-
taire externe, ou environ à 5/12 de la distance de l’apophyse
à la « ligne frontale » (V. fig. 5 et 6).
La bifurcation de la scissure est située sur la « ligne squa-
meuse » entre 1 pouce 1/2 (38mm,l) et 2 pouces (50mm,8) en
arrière de l’apophyse orbitaire externe ou à 7/12 de la distance
de cette apophyse à la « ligne frontale ».
Le trajet de la branche horizontale entre la bifurcation et la
ligne frontale correspond presque à la ligne squameuse, et il
correspond a a prolongement de cette ligne en arrière sur une
longueur égale. La scissure tourne ensuite en haut environ
1/2 pouce (12mm7) parallèlement à la ligne frontale. Mais
cette terminaison est si inexacte, qu’un cercle d’un pouce de
- 70 -
Fig. 7. — Détermination des sillons et circonvolutions du cerveau sur le
crâne mis à nu. — Les scissures sont représentées en bleu et les
sutures en rouge. (D’après W. Anderson et G. Marins).
B B', ligne squameuse ou oblique; — A A7, ligne frontale; — RR. sillon de
Rolando ; — S S S, scissure de Sylvius ; — L. suture lambdoïde ; — E E E,
suture temporale; — cc, suture coronale : — x, stéphanion. — 1, commen-
cement de la suture de Sylvius (à 5/12 de la distance du point angulaire B'
au point squameux, situé à l’intersection des deux lignes frontale et squameuse);
— 2, bifurcation de la scissure de Sylvius (aux T/12 de la même distance); —
3, terminaison de la scissure de Sylvius, à 1/2 pouce (12iuni,7) du point pariétal
B, mesuré sur une ligne parallèle à la ligne frontale; — 4, extrémité supé-
rieure du sillon de Rolando, à 3/8 de pouce (9nun,5) en arrière du point
mi-sagittal ; — 5, extrémité inférieure du sillon de Rolando, à 3/8 de pouce
(9mm,5) en avant du point squameux (sur la ligne squameuse) ; — 6, scissure
pariéto-occipitale. aux 7/12 de la distance entre le point mi-sagittal et le point
iniaque.
I
- 71 -
Point m i - sagittaL
Fig. 8. — Détermination des scissures sur le crâne recouvert de ses
téguments. — Les scissures sont rep esentées en bleu. (D’après
W. Anderson et G. Marins).
1, commencement de la suture de Sylvius (à 5/12 de la distance du point angu-
laire B' au point squameux, situé à l’intersection des deux lignes frontale et
squameuse) ; 2, bifurcation de la scissure de Sylvius (aux *7/12 de la même
distance) ; 3, terminaison de la scissure de Sylvius, à 1/2 pouce (1 2mm,,7)
du point pariétal B, mesuré sur une ligne parallèle â la ligne frontale ; —
4, extrémité supérieure du sillon de Rolando, à 3/8 de pouce (9mni,5) en
arrière du point mi-sagittal ; — 5, extrémité inférieure du sillon de Rolando,
à 3/8 de pouce (9mm,5>) en avant du point squameux (sur la ligne squameuse).
diamètre n'a pas suffi à couvrir toutes les variations que les
deux auteurs ont trouvé dans leurs 20 sujets. La bosse parié-
tale est presque toujours située près du point en question.
Dana (1889) a indiqué un long procédé de détermination de
la scissure de Sylvius. IJ trace d’abord une ligne verticale du
stéphanion au milieu de l’arcade zygomatique. Puis, il mène
de l'apophyse orbitaire externe une ligne horizontale j usqu’à
la partie la plus élevée de la suture squameuse, ligne qu’il
prolonge en arrière en la recourbant graduellement de façon
à atteindre la bosse pariétale. Le point de jonction des deux
lignes se trouve à l’origine de la scissure de Sylvius. La ligne
verticale correspond à peu près à la branche antérieure ou
verticale de la scissure, qui est cependant située un peu plus
en avant et qui a environ 25 millim. d’étendue. La partie pos-
térieure de la ligne horizontale marque la position de la
branche postérieure de la scissure.
Ce procédé n’est pas plus pratique que celui de Horsley.
Dana a adopté la méthode du chirurgien anglais pour déterminer
le ptérion. Il considère la règle posée par lui comme assez exacte
pour être adoptée, bien qu’il n’ait pas toujours trouvé le ptérion à
la place indiquée. Le ptérion est situé à 45 millim. de l’apo-
physe orbitaire externe, entre 35 et 58 millim. Nous aimerions
mieux ce procédé de détermination, bien que le ptérion ait une
situation très variable par rapport à l'apophyse ; pour Féré,
la distance de l’un à l’autre ne serait que de 18 millim.
Dana a ajouté à son cyrtomètre une tige mobile sur la
branche horizontale de l’instrument. Cette tige doit être placée
de façon que son extrémité soit au niveau de l’apophyse orbi-
taire externe. Son bord supérieur indique le trajet de la
scissure de Sylvius quand son bord inférieur passe tangentielle-
ment à la suture squameuse. Mais Dana n’indique pas quel
angle doit faire cette tige avec la branche horizontale.
Poirier, après avoir reproché au procédé de Hare d’avoir
recours à un point de repère aussi difficile à trouver que l’est la
bosse pariétale, conseille le procédé suivant : faites passer un
plan par la suture naso-frontale et le sommet du lambda : ce
plan coupera le crâne suivant une ligne naso-lambdoïdienne
qui suit sur une longueur de 4 à 6 cent, la portion externe de
la scissure de Sylvius jusqu’au-dessus du conduit auditif. Cette
ligne, qui aurait l’avantage d’être des plus faciles à tracer,
passerait en moyenne (d’après des mesures prises sur 25
crânes) à 6 cent, au dessus du trou auditif. Quant au lambda,
Poirier le place à 7 centim. au-dessus del'inion.
Le procédé que nous conseillons pour découvrir la scissure
de Sylvius est très analogue à celui du prof. Poirier, mais, au
lieu de tracer une ligne naso-lamdoïdienne, nous traçons une
ligne « orbito-lambdoïdienne », qui lui correspond sensible
meut et est plus facile à conduire. Le point où le bord postérieur
de l’apcphyse orbitaire externe se relève pour former la ligne
courbe temporale se sent bien chez tous les sujets. Pour le
lambda, si on ne le sent pas facilement avec le doigt, on peut
le déterminer par sa distance de l’inion plus facile à trouver
surtout si, à l’exemple de Poirier, on fait fléchir fortement
la tête pour tendre le ligament cervical postérieur qui s’insère
à cette protubérance.
Le lambda est situé à environ 64 miilim. de l’inion chez les
brachycéphales, et à environ 72 miilim. chez les dolichocé-
phales. La différence . comme on le voit , mérite d’être notée.
Si l’on veut déterminer le lambda par sa situation sur l’arc
sagittal en mesures proportionnelles, on saura que la distance
inio-lamboïdienne est les 21/100 de l’arc sagittal (20/100 chez
les brachycéphales, 22/100 chez les dolichocéphales).
CHAPITRE V.
SCISSURE PERPENDICULAIRE EXTERNE.
Rapports de la scissure.
Gratiolet, en 1857, crut trouver cette scissure très en
arrière de la suture lambdoïde ; il en fut étonné car il s’atten-
dait à les voir coïncider.
Pourtant, Broca démontra 4 ans plus tard qu’elles se cor-
respondent presque toujours. Elles sont rarement éloignées
de plus de 5 millimètres, jamais de 15. La scissure peut être en
avant (1 à 4 millim.) quelquefois en arrière; exceptionnelle-
ment elle croise obliquement la suture (Broca).
Heftler en 1873, remarqua à son tour que le sommet de la
scissure, se trouve assez souvent au niveau de la suture et que
son trajet lui correspond ou la croise.
Pour Féré la scissure occipitale externe répond dans les
deux sexes à peu près constamment au lambda. Il observa cette
disposition 35 fois sur 54 femmes et 4 fois sur 8 hommes.
Dans 21 cas la scissure était en avant (de 1 à 4 millim.) ; dans
deux cas elle était en arrière (2 à 3 millim.).
Broca et de la Foulhouze (1876) firent remarquer une obli-
quité assez fréquente delà scissure par rapport à la surface, si
bien qu’une fiche enfoncée à un centimètre en dehors de la
ligne médiane sur la lambda (fiche lambdoïdienne), tombe fré-
quemment à 3 ou 4 millimètres en arrière de la scissure qui
— 15 —
pourtant est traversée profondément. — La «fiche temporale»
leur fit faire la même remarque à propos de la scissure de
Sylvius. — Chez 5 adultes et 4 vieillards de la Foulhouze
n’a jamais rencontré la scissure en arrière de la suture.
(Distances : en dedans : adultes : 0, 0, 0, 3, 15 (chez un
nègre) ; vieillards : 7, 10, 4, 15 ; et en dehors : adultes : 15, 9,
0, —3, 12 ; vieillards : 17, 9, 0, 18).
Turner (1874) place la scissure en avant de la suture, en
dedans à 0,7 ou 0,8 pouce (18 à 20 millim.). Il reconnaît les
variations dues aux différences individuelles 1° dans la confor-
mation du cerveau ; 2D dans le mode d’ossification de l’écaille
occipitale à sa partie supérieure.
Ecker (1876) a trouvé chez un allemand la scissure à 7 milli-
mètres en avant de la suture. La scissure et la suture se cor-
respondaient à peu près.
Pozzi (1877) admet les résultats de Broca. La déformation du
cerveau serait d’après lui la cause d’erreur dans les résultats
donnés par le procédé de Turner (1).
Hare (1884) a vu la scissure perpendiculaire externe et la
suture lambdoïde coïncider dans un cas. Mais dans 10 autres,
la scissure était en moyenne antérieure de 5/8 de pouce
(16 millimètres). En 1888, il porte ces chiffres à 1/4 ou 1/2
pouce (6mm,3 à 12nim,7).
Passet place la scissure en avant de la suture de :
Hommes
Femmes.
Brachycéphales 0mm,6
Dolichocéphales 0 ,2
Brachycéphales 0mm,9
Dolichocéphales 0 ,3
Horsley (1887) place la scissure à 2 ou 3 millim. en avant
du lambda.
(1) Une erreur typographique semble avoir dénaturé les conclusions de
Turner dans l’ouvrage de Pozzi.
Dana (1889). un peu en avant.
Pour Poirier (1890), elle répond à peu près exactement au
lambda, mais il l’a souvent trouvée de 2 à 5 millim. en avant.
Détermination île la scissure.
Mais ces rapports quelqu’intéressants qu’ils soient ne nous per-
mettent pas toujours de déterminer sur le crâne recouvert de
téguments la situation de la scissure.
Le lambda se sent rarement en effet sans difficulté. Même
sur le crâne nu sa position est quelquefois impossible à recon-
naître, par disparition de ia suture. Aussi plusieurs procédés
ont-ils été successivement employés pour cette déterminatiou.
Ainsi Férê (1876), qui pour trouver la scissure prend le lambda
comme point de repère, reconnaît les difficultés qui s’opposent
parfois à sa détermination II conseille alors de mener un plan
par la glabelle d’une part et par le diamètre transverse frontal
minimum d’autre part; ce plan passera par le lambda : ce sera
le plan glabello-lambdoïdien. Mais ce procédé est-il bien pra-
tique ?
Pour Reid la situation de la scissure est des plus variables ;
pour la déterminer il prolonge jusqu’à la partie médiane une
ligne droite passant par un point situé à un pouce 1/4 (32 mill.)
en arrière de l'apophyse orbitaire externe, et par un second
point à 3/4 de pouce (19 millim.) en dessous du sommet delà
bosse pariétale.
Dana fait observer combien Reid place la scissure en avant
du lambda. La bosse pariétale, en outre, nous le verrons plus
loin, est le plus souvent impossible à déterminer.
Hare (1884), use d'un procédé tout différent. Il trace préala-
blement la scissure de Rolando, puis mesure la distance de la
scissure perpendiculaire externe à ce sillon. Cette distance
varie de 1 1/2 à 2 1/2 de pouce (38 millim. à 57 millim.) d’après
— 77 —
ses recherches sur onze individus. La moyenne est donc de
1 7/8 (48 millim.). — En 1888, il évalue la distance à 2 pouces
(50mm,8). Ce chiffre nous paraît encore infiniment trop
faible.
Passet a indiqué comme distances du sillon de Rolando à la
suture lambdoïde les longueurs suivantes :
Anderson et Marins (1889), placent la scissure aux 7/12 de la
distance entre le point sagittal moyen et Timon. Pour la décou-
vrir, ils conseillent toutefois de l’écarter un peu de la ligne
médiane, afin d’éviter le sinus longitudinal. Le point déterminé
par ce procédé se trouve très près du lambda. Pour trouver
celui-ci il suffit de mesurer sur la ligne médiane, à partir de
l’inion, un peu moins de 1/5 de la distance glabello-iniaque. Les
résultats ainsi obtenus, peuvent varier de 7/8 de pouce
(22 millim.).
Enfin, Dana conseille le procédé suivant :
Cherchez le lambda et déterminez un pointa 3 millim. en
avant de lui ; tirez de ce point une ligne faisant un angle droit
avec la scissure interhémisphérique et s’étendant à environ
22mm,5 de chaque côté de la ligne médiane. Si vous ne pouvez
reconnaître directement la situation du lambda, mesurez l'arc
92 g
naso-occipital et prenez-en les à partir de l’Inion. Cette
longueur indique d’après Bénédikt la distance du lambda à
Extrémité inférieure.
Extrémité supérieure
du sillon.
Hommes . . .
Femmes
Hommes . . .
Femmes
Brachycéphales. . 94mm,8
Dolichocéphales. 104 ,8
Brachycéphales. . 93n,m,3
Dolichocéphales . 88 ,6
Brachycéphales. . 66mm,4
Dolichocéphales . 73 ,1
Brachycéphales.. 59mm,5
Dolichocéphales . 63 ,5
- 78 -
l’inion; elle est en moyenne de 7cm-,42 chez l’homme adulte;
elle est d’un peu plus de 1 millim. plus grande chez la femme
(Dana). Ces chiffres sont un peu plus forts que ceux que nous
avons obtenus (Y. scissure de Svlvius).
En somme, la scissure perpendiculaire interne se trouve un
peu en avant du lambda (0mm,6 chez les dolichocéphales, lmm,6
chez les brachycéphales, d'après nos recherches). Il faut donc,
pour la déterminer, rechercher le lambda. Nous ne reviendrons
pas sur les procédés employés pour cette recherche , nous les
avons énoncés plus haut.
La scissure a une direction perpendiculaire à la ligne
médiane, aussi , pour la tracer sur le crâne , conseillons-nous
de la tracer des deux côtés, à droite et à gauche de la suture
sagittale ; les erreurs apparaissent plus facilement de la sorte.
La ligne de la scissure prolongée doit aboutir à l’astérion. Ce
point est un de ceux qu’on peut le plus facilement trouver sur
le crâne. Il est situé juste en arrière de la base de l’apophyse
inastoïde, et correspond à une dépression souvent assez pro-
fonde. Quand on ne le sent pas avec le doigt, on peut néan-
moins fixer sa position en sachant qu’il est situé à peu près au
niveau du bord supérieur de l’aicade zygomatique, et sur le
prolongement du bord postérieur de l’apophyse inastoïde.
CHAPITRE VI.
SILLONS ET CIRCONVOLUTIONS DU LOBE
FRONTAL.
Le lobe frontal est situé en avant de la scissure de Rolando.
Sa face externe, la seule que nous ayons à considérer, com-
prend quatre circonvolutions, qui sont : la frontale ascendante
et les 3 circonvolutions frontales désignées sous le nom de
lre, 2e, 3e circonvolutions frontales (antéro-postérieures) eu
commençant par en haut.
Frontale ascendante et sillon précentral.
Cette circonvolution, que tous les auteurs ne regardent pas
comme faisant partie du lobe frontal, court en avant du sillon
de Rolando et en arrière des 3 circonv. frontales, dont elle est
séparée par le sillon précentral, prérolandique, ou frontal
transverse.
Heftler, en 1873, a trouvé ce sillon à une distance de 20 à
40 millim. en arrière de la suture coronale à la partie supé-
rieure et à 10 millim. environ à la partie inférieure. Turner
indique que la circonvolution frontale ascendante se trouve
dans ce qu’il appelle Y « aire antéro-pariétale », c’est-à-dire
derrière la suture coronale, le 1/3 inférieur dans l’aire infé-
rieure, et les 2/3 supérieurs dans l’aire supérieure.
Mais il la recule un peu, puisqu’il place les origines des
— 80 -
3 circonvolutions frontales en arrière de la suture coronale
aux distances suivantes : pour la lre, 1 pouce, 2 ou 1,3 (30mm,5
à 33) ; pour la 2e, 1 pouce environ (25mm,4) et pour la 3e, un
peu moins d’un pouce.
De même Broca, de la Foulhouze et la plupart des auteurs
qui se sont occupés de la question ont trouvé inutile de déter-
miner cette circonvolution et le sillon plus ou moins complet
qui la borde en avant, étant connu qu’ils sont parallèles à la
scissure de Rolando. C’est aussi lavis de Poirier.
Reid (1884), dit que la circonvolution frontale ascendante
occupe parallèlement à la ligne rolandique un espace de
3/4 de pouce (19 millim.)
Pour Horsley (1887), le sillon précentral ou vertical court
immédiatement en arrière de la suture coronale. parallèlement
au sillon de Rolando. Il court en haut et un peu en arrière, si
bien que quand une tangente au bregma se trouve dans un
plan horizontal, il occupe une position tout à fait verticale,
d’où son nom de sillon veitical. Le sillon monte jusqu’au
millieu du pied de la circonvolution frontale moyenne. La
largeur de la circonvolution qui sépare le sillon précentral
de la scissure de Sylvius est de 1 centim , largeur à peu près
constante. La circonvolution a son extrémité inférieure immé-
diatement sous l’angle antérieur et inférieur du pariétal.
Dana (1889), accepte les résultats obtenus par Horsley ; le
sillon se trouverait, selon lui, à 2 millim. en arrière de la
suture à son extrémité inférieure ; et à sa partie supérieure,
répondant au niveau de la partie moyenne du sillon de
Rolando, il serait à 4 millim. en arrière. En résumé, pour
Dana, le sillon précentral est parallèle au sillon de Rolando et
court de 2 à 2 centim. 1/2 en avant de lui.
Muller (1889), a découvert par son procédé la circonvo-
lution frontale ascendante par les trous 19 et 20, 17 et 18, et
quelquefois 13 et 14. (Y. fig. 3 et 4).
— 81 -
Première et deuxième circonvolutions frontales
et sillons frontaux.
Les sillons frontaux et les circonvolutions frontales pré-
sentent tant de variétés dans les différents cerveaux et d’un
côté à l’autre d’un même cerveau que l’on ne peut prétendre
trouver avec précision leur situation sur le vivant. Néanmoins,
certains points de repère ont été donnés qui permettent d’arri-
ver à des résultats assez approchés.
La limite postérieure ou « origine » de ces circonvolutions
nous est connue par la situation de la frontale ascendante. Il
ne reste donc qu’à voir leur hauteur relative.
Turner les place toutes deux dans la zone an téro- pariétale
supérieure en arrière, et les régions frontales supérieure
et moyenne ; c’est dire qu’elles sont toutes deux situées
au-dessus de la ligne courbe ou temporal. La lie circonvolution
frontale supérieure correspondrait à l’aire frontale supérieure
et la circonvolution frontale moyenne à l’aire frontale moyenne
qu’elle pourrait déborder légèrement en arrière et en bas.
Les recherches de Broca (1876) , confirment celles de
Turner, le second sillon frontal correspond presque toujours
d’une manière assez exacte à la crête temporale de l’os frontal;
plus en arrière, ce sillon passe à peu près sous le stéphanion
qui serait situé entre la 2e et la 3e circonvolution frontale.
De la Foulhouze, Anderson et Marins, ont trouvé des
variations si considérables qu’ils ont renoncé à les déterminer.
Reid (1884), conclut de ses expériences que le premier
sillon frontal correspond à une ligne menée du trou sus-
orbitaire à 3/4 de pouce (19 millim.) en avant de la ligne
rolandique en suivant une direction parallèle à la scissure
interhémisphérique, et que le second sillon frontal correspond
à la partie antérieure de la crête temporale. C’est, en somme,
ce qu’avait dit Turner.
6
- 82 -
Pour Horsley (1887), le sillon frontal supérieur commence
au milieu de l’espace compris entre le sillon de Rolando et une
ligne qui continue le sillon précentral. Le sillon frontal infé-
rieur se détache du sillon pi écentral. 11 correspond à la ligne
courbe temporale supérieure. Les deux sillons frontaux courent
en avant et un peu en bas, parallèlement à la scissure interhé-
misphérique.
Pour Hare (1888), la partie postérieure du sillon frontal
inférieur est à 1/2 pouce au-dessus de la scissure de Sylvius, et
le sillon a une direction perpendiculaire à la branche ascendante
de la même scissure.
Dana (1889) admet les descriptions de Reid et de Horsley.
Il place l’extrémité postérieure du sillon frontal supérieur à
2 centim. ou 2 1/2 en avant du sillon de Rolando. Le sillon infé-
rieur part du sillon précentral, passe un peu au-dessus du
stéphanion et suit à peu près la crête temporale.
Dans le procédé de Müller (1889), les trous 1 et 2, 5 et 6,
11 et 12, 3 et 4, 9 et 10 tombent sur les deux circonvolutions
frontales supérieures. De même un peu les trous 19 et 20. (Y.
fig. 3 et 4.)
Les rapports de la bosse frontale avec ces sillons sont assez
importants à connaître, car ils semblent différer chez l’enfant
et chez l’adulte, comme nous le verrons.
Pour Turner la bosse frontale peut correspondre au sillon
frontal supérieur, ou, ce qui ne serait pas rare, à une circonvo-
lution de dédoublement.
Broca trouve le plus souvent la « fiche » frontale dans la
2e circonvolution frontale à l’union du 1 /3 antérieur et des 2/3
internes.
Pozzi (1877), d’après Texamen des pièces du laboratoire
d’anthropologie, trouve la bosse frontale au niveau de la partie
antérieure de la lre circonvolution frontale.
Poirier (1890) est complètement de l’avis de Broca.
Nous avons généralement trouvé le second sillon frontal un
- 83 -
peu au-dessus de la ligne courbe temporale inférieure, et le
plus souvent correspondant à la ligne courbe supérieure. Le
1er sillon trontal est à peu près à égale distance du 2e sillon et
de la ligne médiane, généralement un peu plus près de cette
dernière.
Troisième circonvolution frontale.
La 3e circonvolution frontale, grâce à l’importante décou-
verte faite par Broca du centre du langage articulé, mérite
une description spéciale.
Cette circonvolution sinueuse se compose de diverses par-
ties auxquelles tous les anatomistes ne donnent pas les mêmes
noms. La partie qui se trouve située en arrière de la branche
verticale se nomme pied de la circonvolution, opercule ou pli
operculaire ; immédiatement en avant se trouve le cap ou pli
triangulaire ; en avant se trouve le pli orbitaire.
Broca, en 1861, lors de sa découverte du centre de la
mémoire motrice des mots, dont il plaça le siège dans le pied
de la 3e circonvolution frontale gauche, indiqua la manière de
le déterminer sur le crâne : prenez 5 centim. en arrière de
l’apophyse orbitaire externe, sur une ligne horizontale : et, au
point obtenu, élevez une perpendiculaire sur cette ligne et
mesurez 2 centim. Sur le crâne dépouillé des téguments, la
partie inférieure de la suture coronale indique la limite anté-
rieure de la région ; la limite inférieure (scissure de Sylvius)
se reconnaît en marquant un point à un centim. au-dessus de
la ptère , et en menant de là une droite tangente à la suture
écailleuse.
Pour Pozzi, il faudrait prendre 15 millim, en arrière du
ptérion et 2 centim. au-dessus de la suture écailleuse.
Pour Turner (1873), la 3e circonvolution frontale est située
en grande partie dans la région frontale inférieure.
Les rapports de la branche antérieure de la scissure de
— 84 -
Sylvius nous ont permis de reconnaître ceux du cap et du pied
de la 3e circonvolution frontale. Nous pouvons ajouter cepen-
dant que pour Férè, le ptérion répond à l'intervalle des deux
plis ; pour Broca , il est situé un peu plus en avant ; pour
Ecker un peu plus en arrière, car pour ce dernier, la suture
coronale passerait sur l’opercule, au niveau du commencement
de la scissure de Sylvius
Dans le procédé de Muller (1889), les trous 7 et 8, faits aux
25/100 de la ligne de jonction des 40/100 antérieurs des deux
arcs horizontal et sagittal tombent dans la circonvolution
frontale inférieure, dans le cap et un peu dans le pied. Pour
trouver la partie postérieure de la 3e circonvolution frontale,
Müller réunit les 40 °/0 de ses 2 arcs (horizontal et sagittal) et
prend 20 °/0 de la ligne de jonction.
Poirier pour découvrir le cap se sert de la ligne « naso-
lambdoïdienne » qui passe constamment sur le bord inférieur
du cap au-dessus du milieu de l’apophyse zygomatique, et l’on
verra que nous indiquons nous-mêmes de trépaner un peu au-
dessus de la ligne orbito-lambdoïdienne et à 35 ou 40 millim.
de l’apophyse orbitaire externe pour découvrir le centre cor-
tical du langage articulé (région de Broca de la 3e circonvo-
lution frontale).
- 85 -
CHAPITRE VIL
SILLONS ET CIRCONVOLUTIONS DU LOBE
PARIÉTAL.
Lobe pariétal.
Le lobe pariétal se trouve tout entier sous le pariétal. Il est
limité en avant par le sillon de Rolando, en bas par la scissure
de Sylvius, en arrière par la scissure perpendiculaire externe.
Il se compose de la circonvolution pariétale ascendante, du
lobule pariétal supérieur et du lobule pariétal inférieur.
Circonvolution pariétale ascendante et sillon post-rolandique
ou pariétal transverse .
Cette circonvolution et ce sillon paraissent suffisamment
déterminés par le sillon de Rolando derrière lequel ils se
trouvent (Broca, de la Foulhouze, Poirier).
Selon Turner , la ligne courbe temporale correspond à
Lunion du 1/3 inférieur avec le 1/3 moyen de la circonvolution,
de même que pour la frontale ascendante. Le plus souvent, le
sillon post-rolandique n’est que le commencement de l’inter-
pariétal.
Dans le procédé de Muller, les trous 15 et 16, 17 et 18, 13
et 14, 27 et 28 tombent plus ou moins sur la circonvolution
pariétale ascendante (v. fig. 4).
- 86 —
Sillon interpariétal.
Ce sillon, très important, est des plus irréguliers. Il sépare
le lobule pariétal supérieur du lobule pariétal inférieur dont
la topographie est du plus haut intérêt.
Heftler (1873) le fait commencer au-dessus de la branche
transversale de la scissure de Sylvius, à 15 ou 20 millim. en
arrière de l’extrémité inférieure de la scissure de Rolando.
Broca (1876) trouve le sillon presque toujours au-dessus du
centre de la bosse pariétale.
Hare (1884 et 1888) le fait commencer àl pouce (25 millim. 4)
derrière le 1/3 moyen du sillon de Rolando, de là il monte sur la
longueur d’un pouce et tourne brusquement en arrière vers la
scissure perpeudiculaire externe.
Reid (1884) place l’origine du sillon à 1 pouce environ au-dessus
et en arrière de l’angle formé par les scissures de Rolando et
de Sylvius. Le sillon monte d’abord parallèlement au Rolando
environ à 3/4 de pouce (19 millim.) en arrière de lui, dans son
1/3 antérieur, puis se courbe, et sa partie postérieure se trouve
à 1/2 pouce en dehors de la scissure perpendiculaire externe.
La partie antérieure du sillon sépare la circonvolution pariétale
ascendante du lobule du pli courbe.
Selon Horsley, le sillon naît derrière la scissure de Rolando;
se dirige en haut et en arrière , puis directement en arrière,
à un niveau plus bas que celui du sillon frontal supérieur; delà,
il va se terminer dans le lobe occipital. En avant, il siège à
mi-distance de la ligne rolandique et de la bosse pariétale, entre
cette même bosse et la ligne médiane Ces rapports , d’après
Horsley lui-même, seraient inconstants.
Pour la détermination de la scissure interpariétale Dana a
établi les principes suivants :
1° Déterminez la ligne de localisation du sillon de Rolando,
2° celle de la scissure de Sylvius, 3° celle de la scissure parieto-
— 87 -
occipitale ; 4° marquez la position de la bosse pariétale ;
5° déterminez un point au niveau de la courbure de la ligne
Rolandique et à 2 centim. plus en arrière; 6° à partir de ce
point tracez une ligne courbe à concavité inférieure, se diri-
geant en arrière et en haut pour passer à égale distance de la
ligne Rolandique et de la bosse pariétale, et plus loin à mi-chemin
de la ligne sagittale et de la même bosse ; cette ligne doit être
continuée en arrière jusqu’à un point exactement en dehors de
l’extrémité externe de la scissure perpendiculaire externe. La
courbe que décrit cette ligne correspond à la scissure inter-
pariétale. Le lobule pariétal supérieur siège au-dessus de cette
ligne ; le lobule pariétal inférieur au-dessous.
Nous avons fait sur le sillon interpariétal un certain nombre
de recherches. Ce sillon est des plus variables de formes et de
rapports. Néanmoins, nous avons été frappé du peu de varia-
tions de la distance qui sépare sa partie la plus élevée de
l’astérion. Cette distance s’est trouvée 19 fois sur 20 entre 80
et 100 millim., tandis que la distance du même point du sillon
à la ligne sagittale a varié de 10 à 66 millim.
Lobule pariétal supérieur .
Le lobule pariétal supérieur est situé en arrière de la circon-
volution pariétale ascendante, et au-dessus du sillon interpa-
riétal, en avant de la scissure perpendiculaire externe. Nous
avons peu de choses à en dire ; ses rapports sont établis par
ceux de ses limites.
Selon Turner, ce lobule se trouve dans les aires pariétales
supérieures, c’est-à-dire au-dessus de la ligne courbe tem-
porale.
Muller a trouvé dans son procédé, le lobule pariétal supé-
rieur sous les trous 27 et 28, 25 et 26, 33 et 34. (Y. fig. 4.)
- 88 -
Lobule pariétal inférieur.
Ce lobule se compose de deux gyrus, à cheval, l’un sur la
scissure de Sylvius, l’autre sur la scissure parallèle. Le 1er
s'appelle lobule du pli courbe ou gyrus supramarginalis , le
second pli courbe, ou gyrus angularis.
On a recherché les rapports de la bosse pariétale avec ces
circonvolutions.
Turner (1873) a trouvé que la bosse correspond si cons-
tamment au lobule du pli courbe, qu’il appelle ce lobule circonvo-
lution de la bosse pariétale.
Byrom-Bramwell adopte cette manière de voir.
Pozzi (1877) après avoir examiné les pièces du laboratoire
d’anthropologie, conclut que le milieu de la bosse pariétale
correspond à la partie supérieure du lobule du pli courbe, et
que le pli courbe se trouve en moyenne à 3 centimètres en
arrière.
Pour Dana (1889), la bosse pariétale correspond à peu près
au milieu du lobule pariétal inférieur. Poirier n’admet pas
que les rapports de cette bosse soient aussi invariables que le
prétend Turner.
Sa détermination sur le vivant est fréquemment chose
impossible, sur les vieillards principalement. Quoiqu'il en soit,
Pozzi conseille de la chercher avec le doigt ou avec le compas
d’épaisseur (elle correspond aux extrémités du diamètre
transverse maximum).
Anderson et Marins (1889 disent qu'elle est située généra-
lement à mi-distance d’une ligne partant d'un point situé
immédiatement au-devant du conduit auditif externe et allant
à la suture sagittale ; mais ses variations peuvent atteindre 1/2
pouce en hauteur et un pouce en largeur (13 et 25 milllim.)
On s’est encore servi d'autres points de repère pour déter-
miner les circonvolutions du lobule pariétal intérieur.
Turner (1873) place le lobule du pli courbe dans ses 4 aires
pariétales, c’est-à-dire au-dessus et au-dessous de la ligne
courbe temporale et en avant et en arrière d’un pian vertical
passant par les bosses pariétales. 11 place le pli courbe en
arrière du lobule du pli courbe dans les zones postéro-pariétales
inférieure et supérieure, c’est-à-dire en arrière du plan vertical
passant par les bosses pariétales.
Muller (1889; a déterminé le pli courbe ou gyrus angulaire à
l’aide de son ingénieux procédé. Il joint les 65/100 de ses 2 arcs
horizontal et sagittal, et prend 57/100 sur la ligne de jonction.
Il a trouvé des variations a.ssez étendues dans la situation de
ce gyrus. — En outre, ses trous 31 et 32 tombent dans le pli
courbe. (V. fig. 4.)
Poirier a obtenu constamment sur 20 hémisphères céré-
braux, des résultats précis en prenant sur la ligne courbe
« naso-lambdoïdienne » 10 centim. à partir du lambda pour le
lobule du pli courbe et 7 centim. pour le pli courbe. Il tombe
ainsi sur la partie inférieure du lobule du pli courbe et dans le
1/3 moyen du pli courbe.
Nous avons longtemps cherché avant de trouver un procédé
pratique de détermination du lobule du pli courbe et du pli
courbe. Le procédé que nous croyons le plus précis et le plus
simple est le suivant : pour découvrir le lobule du pli courbe,
trépanez sur une ligne (facile à construire) qui va du sommet
du sillon de Rolando à l’astérion, à 15 millim. au-dessus du
point où cette ligne est croisée par la ligne orbito-lambdoï-
dienne. Ce procédé nous a donné d’excellents résultats : les
couronnes de trépan découvrent le milieu du lobule , un peu
au-dessus de la terminaison de la scissure de Svlvius. —
Pour trouver le pli courbe, trépanez à 2 centim. en arrière du
même point de jonction des deux lignes « rolando-astérique »
et « orbito-lambdoïdienne » (V. fig. 16).
- 90 -
CHAPITRE VIII.
SILLONS ET CIRCONVOLUTIONS DES LOBES
TEMPORO-SPHÉNOÏDAL ET OCCIPITAL
Sillous et eirconvolutious du lotie temporo-
sphénoïdal.
Les anatomistes se sont peu occupés de rechercher les rap-
ports des sillons et circonvolutions de ce lobe avec la boîte
crânienne. Nous avons vu ceux de son bord inférieur à propos
du bord inférieur du cerveau.
Pour Broca (1876) le sillon sous-sylvien ou scissure paral-
lèle de Gratiolet, et les 2 premières circonvolutions tempo-
rales sont suffisamment déterminées quand on connaît la
situation de la scissure de Sylvius qui leur est parallèle. Pour
la 3e circonvolution temporale, on sait qu’elle correspond à la
base de l’écaille temporale, puisqu’elle forme le bord externe
de Thëmisphère.
De la Foülhouze (1876) trouve, comme Broca, qu’il est
inutile de les déterminer davantage.
Pour Turner (1873), le lobe temporo-sphénoïdal corres-
pond en grande partie par ses 2/3 antérieurs au temporal et à
l’aile du sphénoïde ; il dépasse en outre la suture écailleuse en
avant et en arrière.
Ecker (1876) trouve que la suture écailleuse suit dans une
petite étendue le trajet du sillon temporal.
- 91 -
Pour Reid (1884) le sillon parallèle se trouve à 1 pouce
(25mm,4) sous la scissure de Sylvius, et le 2e sillon temporal à
3/4 pouce (19 millim.) sous le sillon parallèle.
D’après Broca, pour découvrir la circonvolution temporale
supérieure, il faut prendre sur une ligne horizontale 5 centim.
à partir de l’apophyse orbitaire externe, '2 centim. par consé-
quent sous le pied de la 3e frontale.
Pour Dana (1889), une ligne horizontale passant par l’inion
et le centre de l’orbite limite en bas les lobes temporal et
occipital; une autre ligne oblique, passant par le centre de
l’orbite et le lambda passe au milieu du grand axe du lobe
temporal parallèlement à la 2e circonvolution temporale.
Dana admet les résultats de Reid pour la détermination des
sillons temporaux : le premier est parallèle à la scissure de
Sylvius et court à 2 cent. 5 au-dessous, le second est à environ
2 centim. sous le premier.
Dans le procédé de Muller , les trous 13 et 14. 23 et 24,
21 et 22, 29 et 30 tombent sur le lobe temporal (V. figure 4,
page 32).
Poirier place le sillon parallèle à 12 ou 15 millim. au-dessous
de la scissure de Sylvius, il lui donne donc une épaisseur
moindre que Reid et Dana.
Il conseille pour ouvrir les abcès d’origine temporale de tré-
paner sur la verticale passant par le méat auditif, à 3 centim.
au-dessus de ce méat , et non de suivre les procédés de
Bergmann et de Macewen. Bergmann trépane un peu en avant
et au-dessus de l’angle postérieur et inférieur du pariétal ; il
détermine cet angle en traçant une ligne du méat auditif à la
protubérance occipitale externe, et en élevant sur cette ligne
une perpendiculaire de 4 à 5 centim. en arrière du méat. Ce
procédé conduit sur la partie la plus reculée du lobe temporal,
tandis que celui de Poirier fait tomber en plein dans la 2e circon-
volution temporale. Macewen prend 6 centim. au-dessus du
- 92 -
conduit auditif externe, mais ce procédé fait découvrir la
scissure de Sylvius.
M’Bride et Muller conseillent, suivant Hare, de trépaner
à 1/2 pouce (12mm,7) au-dessus du méat pour évacuer les abcès
d’origine lympanique. Le point découvert se trouve sur la
ligne orbito-iniaque.
Lobe occipital.
Ce lobe siège en arrière de la scissure perpendiculaire
externe, et au-dessus de la tente du cervelet.
Ses circonvolutions sont « trop étroites et trop peu impor-
tantes pour mériter de donner lieu à des recherches topogra-
phiques spéciales. » (Broga 1876).
Cependant, Broca donne des indications qui permettent de
déterminer très approximativement le sillon occipital supé-
rieur : il est sur le prolongement de la ligne qui indique le
trajet du sillon pariétal, eton sait d’autre part, qu’il va aboutir
à la pointe du lobe occipital, pointe qui correspond à l’inion.
Dans le procédé de Muller (1889), les trous 33 et 34, 31 et
32, 29 et 30, 37 et 38, 35 et 36 tombent dans le lobe occipital.
(Y. fig. 4). — L’examen attentif de notre pl. II , fera voir que
le lobe occipital , à peu près tout entier situé en arrière de la
suture lambdoïde, qui est elle-même sensiblement parallèle à
la scissure pariéto-occipitale , peut être partagé en 3 surfaces
cunéiformes dont la base regarde les lobes pariétal et temporal
(elle répond aux plis de passage occipito-pariéto-temporaux) et
le sommet à la terminaison cunéiforme elle-même du lobe
occipital. Eh bien, on peut dire d’une façon très générale, que
la lrc circonvolution frontale occupe l’étage supérieure du lobe,
la seconde l’étage moyen, et la 3e l’étage inférieur.
- 93 —
CHAPITRE IX.
RAPPORTS DES PARTIES PROFONDES
ET DU CERVELET.
Rapports de l lnsula de Reil.
On s’est généralement peu occupé des rapports de l’insula
de Reil, car ils ne présentent pas d’intérêt pratique immédiat.
Voici ce qu’en a dit Heftler, le seul anatomiste qui, à notre
connaissance, s’en soit occupé d’une façon un peu complète.
Heftler dit qu’une aiguille enfoncée horizontalement au
sommet de la suture temporale pénètre vers le milieu de
l’insula. Dans la « norma parietalis », la suture coronale cor-
respond en moyenne à la partie antérieure de l’insula ; l’aiguille
plongée verticalement par la suture fronto-pariétale à 4 centim.
en dehors de la suture sagittale, pénètre dans le 1/3 antérieur
de l’insula. D’après la « norma frontalis », l'aiguille pénètre
dans l’insula quand elle traverse le crâne horizontalement à
5 millim. au-dessus du bord orbitaire, et de 35 à 40 millim. en
dehors de la ligne médiane du front. D’après la « norma occi-
pitalis », l’aiguille pénètre dans l’insula quand on la plonge
dans une direction horizontale à 4 centim. d’un point situé à
1 centim. au-dessous de l’union de la suture sagittale avec la
suturelambdoïde.
Turner s’est contenté d’indiquer quel’insula était en rapport
médiat avec la grande aile du sphénoïde et le ptérion, et Férê
nous a appris que le plan qui limite en arrière la couche
optique limite également la partie postérieure de l’insula (Fig. 9).
- 94 -
Ces rapports n’ont qu’un intérêt secondaire ; nous en dirons
autant de ceux des ganglions centraux.
Rapport» (les ganglions centraux avec la voûte
(lu crâne.
Les ganglions centraux sont situés partout fort loin de la
voûte du crâne. Leurs rapports ont néanmoins été étudiés par
Féré.
Fig. 9, — Cette figure est destinée à montrer les rapports des parties pro-
fondes du cerveau avec les parties superficielles et avec le crâne,
d'après Féré.
C, ptérion. — B, bregma. — F1, F2, F3, lre, 2°, 3e circonvol. frontales. - T*.
T2, T3, lre, 2e, 3e circonvol. temporales. — O1, O2. O3, lre, 2°, 3e circonvol.
occipitales. — PS, lobule pariétal supérieur — Pi, lobule pariétal inférieur. —
R R', sillon de Rolando. — S, scissure de Sylvius. — K E, R' H, plans qui
limitent en avant et en arrière les noyaux gris centraux. — N M, plan qui
limite en haut les ganglions centraux.
- 95 -
Féré (1875) a indiqué trois coupes qui limitent les ganglions
centraux (Y. fig. 9). La première verticale et transversale,
passant à 4 centim. de l’extrémité antérieure du cerveau,
entame légèrement la parlie antérieure du noyau intra-ventri-
culaire du corps strié ; la seconde, verticale et transversale,
passant par le sommet de la scissure de Rolando et l’astérion,
à 1 centim. en arrière de l’apopuyse mastoïde, limite en arrière
les couches optiques ; la troisième, horizontale, passant à
3cent-,5 de la convexité des hémisphères, ou à 4 1/2 de la con-
vexité de la tête, limite en haut les noyaux gris. (Le 1er plan
passe par les 2 ptérions).
Dana a reproduit les indications de Féré dans ses règles de
topographie cranio-cérébrale.
Cervelet.
Les rapports du cervelet sont faciles à établir, le cervelet se
trouvant en-dessous du sinus latéral, et par conséquent de la
ligne courbe occipitale supérieure.
Poirier insiste sur les rapports du cervelet et sur les moyens
de le découvrir par la trépanation ; il dit : « au- dessous de la
ligne du sinus, mais à un bon centimètre au-dessous de cette
ligne pour éviter sûrement le sinus latéral, c’est le cervelet.
Plus pratiquement encore, on peut joindre par une ligne droite
le sommet de l’apophyse mastoïde à la protubérance occipitale
externe et trépaner au milieu de cette ligne. »
Poirier appelle en outre l’attention sur ce fait que le 1/3
postérieur de l’apophyse mastoïde correspond au cervelet, et
raconte qu’il l’a vu découvrir par des chirurgiens qui trépa-
naient l’apophyse mastoïde.
- 96 —
CHAPITRE X.
ARTÈRES, VEINES ET SINUS.
Rapports (les artères.
Les artères du cuir chevelu sont nombreuses , mais leurs
rapports nous intéressent peu. On peut sentir facilement battre
sous le doigt les principaux troncs. La figure 10 montre leurs
rapports d'une façon très suffisante.
Notons cependant que l'artère temporale profonde moyenne
imprime dans plus des 2/3 des cas un sillon sur l’os temporal
qui sc prolonge parfois jusque sur le pariétal. Ce sillon, dont
nous n’avons retrouvé nulle part la description, a été pourtant
représenté par Gray, Pozzi, Henning, Holden, mais sans que
ces anatomistes en aient fait la moindre mention dans leur texte
Nous avons disséqué cette artère injectée, pour nous assurer
de son origine, et nous avons fait représenter d’après les
sillons, quelques-unes des dispositions que nous avons obser-
vées.
L’artère sus -orbitaire imprime également, dans certains cas,
un ou plusieurs sillons sur le frontal.
Les artères de l’intérieur du crâne sont beaucoup plus inté-
ressantes, car rien à l'extérieur ne révèle leur situation et
leur section peut être la source d’accidents sérieux.
La plus importante est sans contredit Yartere méningée
moyenne.
— 97 -
7
Fèrè et Marchant ont bien étudié les rapports de cette
artère.
Elle offre deux branches terminales ; mais, comme l’anté-
rieure se subdivise presque en 2 troncs d'égale importance
avant d’arriver à la limite supérieure de l’écaille du temporal,
il en résulte que sur la partie latérale du crâne, dans la région
la plus accessible aux traumatismes, la méningée moyenne offre
3 branches à considérer.
L’artère creuse des sillons dans le crâne, qui commencent à
s’accuser déjà nettement à 3 ou 4 mois.
a) La branche antérieure se dirige en dehors et en avant
vers l’angle antéro-inférieur du pariétal (vers le ptérion; ; elle
arrive sur la face interne du pariétal à 5 millim. en moyenne
en arrière de cet angle. A ce niveau, le pariétal lui fournit une
gouttière plus profonde que partout ailleurs et souvent un
canal complet,qui, chezles adultes, peut présenter 2 ou 3 centim.
de longueur, et davantage chez les vieillards ; du reste , ce
canal peut exister chez les jeunes sujets.
Plus haut, la gouttière de la branche antérieure est encore
généralement plus profonde que celle des autres branches ;
elle remonte le long de la suture coronale et en arrière d’elle ;
sa direction est un peu plus oblique que celle de la suture.
Sa distance du ptérion est de 0,005 (0 à 13mm).
Partie moyenne, distance de la suture 0m,013 (5 à 20mm).
Partie supérieure, distance de la suture 0,015 (3 à 31).
Une seule fois sur 25 elle passait en avant de la suture.
b) Le 2e rameau important, rameau postérieur de la branche
antérieure, naît 18 fois sur 25 sur la face interne de l’écaille du
temporal, passe sur le bord supérieur de cette écaille à
38 millim. en arrière du ptérion (17 à 55) ; à la partie moyenne
du pariétal, il se trouve à 54 millim. en arrière de la suture
coronale (45 à 75). Plus haut, le vaisseau se dirige obliquement
vers le bord supérieur du pariétal, mais avec des inflexions
très variables.
- 99 -
c) La 3e branche, méningée postérieure, émerge de l’écaille
du temporal à 58 millim. en moyenne en arrière du ptérion
(53 à 67), puis se rapproche de la suture lambdoïde, à laquelle
elle est quelquefois parallèle.
C’est donc la lre surtout qui est à peu près fixe.
La branche antérieure est par conséquent bien en avant du
sillon de Rolando ; elle est à quelques millimètres en avant de
la branche verticale de la scissure de Sylvius ; l’extrémité
externe du sillon est de 20 à 25 millim. en arrière de la
branche antérieure, et plus en arrière encore en haut. Les
rapports des 2 autres branches sont beaucoup moins constants;
pourtant , la 2e est en arrière du sillon , et même le plus
souvent de la pariétale ascendante.
La détermination sur le vivant n’est possible que pour la
branche antérieure de la méningée ; elle se fait au moyen du
ptérion et du bregma. Or Féré a trouvé le ptérion à 18 millim,
en arrière de l’apophyse orbitaire externe chez la femme, et à
25 millim. chez l’homme. Donc , l'extrémité inférieure de
l’artère sera de 23 à 30 millim. en arrière de l’apophyse orbi-
taire externe.
Pour Marchant, il faut compter en arrière du bregma,
16 ou 17 millim. environ. La distance de l’artère au sillon est
en bas de 20 à 25 millim., en haut de 38 chez la femme, 31
chez l’homme. La branche moyenne est distante de l’apophyse
orbitaire externe de :
La branche postérieure est à 83 millim. en arrière de l’apo-
physe orbitaire externe chez l’homme, à 76 chez la femme.
L’axe vertical de l’apophyse mastoïde croiserait sa direction
(Marchant.)
Au niveau de son origine
Hommes.. 63.
Femmes.. 72.
A la partie moyenne du pariétal
— 100 —
Pour Dana, la seule branche dont le chirurgien ait à s’occu-
per est cette branche méningée moyenne antérieure ; c’est
également la seule dont parle Hare dans son travail sur la
topographie cranio-cérébrale.
Selon Poirier, pour arriver sur l’artère méningée moyenne,
Jacobson conseille de trépaner à 5 centim. en arrière et à
12 millim. au-dessus de l’apophyse orbitaire externe; Yogt à
l’intersection d’une horizontale située à 2 travers de doigt
au-dessus de l’arcade zygomatique, et d’une autre verticale
passant à un travers de pouce en arrière de la branche mon-
tante du malaire. Ces 2 procédés seraient exacts ; néanmoins
Poirier conseille d’élever une perpendiculaire sur l'apophyse
zygomatique à égale distance du bord postérieur de l’apophyse
montante du malaire et du conduit auditif , et de prendre
5 centim. au-dessus de l’apophyse zygomatique sur la perpen-
diculaire. Ce procédé lui a toujours réussi sur 30 cadavres.
Nous avons également fait quelques recherches sur la direc-
tion de l’artère méningée moyenne. Nous en retiendrons ce
seul fait, en contradiction avec les opinions précédentes, que
la branche antérieure de l’artère méningée, située d’abord de
5 à 10 millim. en arrière du ptérion, monte le long de la
suture coronale en conservant la même distance, et même
quelquefois s’en rapproche de façon à se diriger vers le
bregma. Quant aux branches postérieures, nous les avons
trouvées assez variables.
Nous avons fait figurer les rapports des artères du cuir che-
velu et de la dure-mère dans la figure 11.
Fig. 11, destinée à montrer: 1° les rapports des artères du cuir chevelu et de
la dure-mère avec le crâne et avec les circonvolutions; et 2° les rapports
des sillons et circonvolutions du cerveau et avec les sutures du crâne. —
Les artères sont représentées en rouge, — les sinus latéral en bleu. —
Les lignes pointillées correspondent aux artères de l’intérieur du crâne,
les lignes pleines à celles de l’extérieur.
RR, sillon de Rolando. — SS, scissure de Sylvius. — PO, scissure pariéto-
occipitale. — III. sillon interpariétal. — F1, F2, F3, lre, 2e, 3e circonvolutions
frontales. — Fa, circonvolution frontale ascendante. — Pa, circonvolution
pariétale ascendante. — Pi, lobule pariétal inférieur. — PS, lobule pariétal
supérieur. — Pc, pli courbe. — T1, T2, lrc, 2e circonvolutions temporales. —
TT, ligne courbe temporale inférieure. — T', ligne courbe temporale supérieure*
— a?, sléphanion supérieur. — LL, sinus latéral. — TS, artère temporale’
superficielle. — 00, artère occipitale. — a, artère auriculaire postérieure. —
Mai, artère maxillaire interne. — M, artère méningée moyenne. — ME,
artère méningée moyenne antérieure. — MEP, artère méningée moyenne
postérieure.
— 102 —
Rapports «les veines et «les sinus.
Parmi les veines et sinus du crâne, nous n’avons guère à
nous occuper que du sinus longitudinal supérieur et du sinus
latéral.
Le sinus longitudinal supérieur se trouve à droite de la
ligne médiane, de façon que son bord gauche coïncide avec la
ligne médiane et que son bord droit coïncide avec la ligne qui
réunit les extrémités des dentelures de la suture sagittale
(Horsley). Dana n'est pas de l’avis de Horsley; pour lui. le
sinus longitudinal supérieur est généralement un peu à gauche
de la ligne médiane.
Poirier assigne au sinus une largeur moyenne de 1 centim.,
largeur triplée par les lacs sanguins et confluents veineux
situés sur les côtés. Pour cette raison, on le trouve jusqu’à
1 centim. 1/2 de la ligne médiane.
Pour le déterminer, Poirier conseille non pas de chercher
la ligne médiane à vue d’œil, mais de mesurer la distance
bi-auriculaire et d’en prendre la moitié.
En arrière, le sinus se jette dans le pressoir d’Hérophile.
Le pressoir d’Hérophile est approximativement sous Timon.
(Il est toujours situé sous la protubérance occipitale interne.)
Mais, pour Rieger, la protubérance occipitale externe ne
répond à l’interne qu’une fois sur deux ; la différence de niveau
ne dépasserait toutefois jamais 15 millim.
Le sinus latéral est situé sous une ligne qui va de Tinion à
l’astérion, il passe sous l’angle postérieur et inférieur du
pariétal (Dana).
Pour Poirier, sa portion horizontale répond à la ligne
courbe occipitale, à Tastérion,à la suture pariéto-mastoïdienne,
et sa portion oblique au 1/3 moyen de l’apophyse mastoïde. Sa
portion horizontale correspond à la ligne « naso-inienne », et
pour la déterminer chez le vivant, il suffit de prolonger en
- 103 -
arrière jusqu’à l’inion le bord supérieur de l’apophyse zygo-
matique. Sa largeur est de 1 1/2 centim.
Nous avons fait quelques recherches sur la situation du
sinus latéral, elles nous ont donné les mêmes résultats qu’à
Poirier ; pourtant l’axe de la portion oblique du sinus latéral
nous a paru de 2 ou 3 millim. environ en arrière du milieu de
l’apophyse mastoïde.
Le sinus sphêno-pariêtal de Breschet a été bien étudié par
Poirier au point de vue de ses rapports. Tantôt ce sinus n’est
que la veine méningée moyenne, tantôt il est une anastomose
entre le sinus longitudinal supérieur et le sinus caverneux.
Trolard et Knott n’admettent que la première de ces deux
propositions. Ce sinus est parallèle à l’artère méningée
moyenne dans presque tout son trajet, mais s’en écarte en
haut et en bas. Il est situé un peu en avant de la région que
l’on trépane pour découvrir la zone rolandique.
Enfin, disons que selon Poirier , la veine mastoïdienne
parfois très grosse, traverse obliquement le 1/3 moyen de
l’apophyse mastoïde.
Mais il faut savoir que ces sinus sont sujets à nombre
d’anomalies. C’est ainsi que l’on a observé l’absence du sinus
longitudinal supérieur, sa bifurcation au-dessus de la protubé-
rance occipitale interne, ses branches de division longeant la
suture lambdoïde pour aller se jeter dans le coude du sinus
latéral, etc. ; — de même les sinus latéraux, sont dans des
circonstances exceptionnelles, tantôt absents, tantôtrudimen-
taires, et d’autres fois, un peu diminués de calibre, sortent
tous en tiers par le trou mastoïdien et se continuent avec la
veine jugulaire externe. (Voy. Ch. Debierre , Traite d'anal.
I, p. 680).
— 104 -
CHAPITRE XI.
TOPOGRAPHIE CRANIO-CÉRÉBRALE
CHEZ LES ENFANTS ET LES VIEILLARDS.
iWodifications chez les eufants.
L’âge apporte des modifications importantes dans les rapports
cranio-cérébraux. Les mesures que nous avons données jus-
qu’ici se rapportent à des adultes. Nous allons passer en revue
les différences que Ton trouve chez l’enfant et chez le vieillard.
Ces différences, suivant les âges, sont surtout en relation avec
des différences dans le développement relatif des régions céré-
brales et crâniennes , contrairement aux différences suivant
les sexes qui sont en relation avec les différences de volume de
la tête. (Féré).
« C’est de 13 à 17 ans que les rapports du cerveau et du
crâne deviennent fixes. » (Férè).
De la Foulhouze, en 1876, dans une thèse intéressante sur
« les rapports anatomiques du cerveau avec la voûte du crâne
chez les enfants » a tiré de ses expériences (1) les conclusions
suivantes :
(1) Il donne 16 observations :
1° Enfants de la naissance à la fin du 1er mois : 4.
2° » de 18 mois à 3 ans : 9.
Enfant de 4 à 5 mois : 1.
» de 5 ans : 1 .
« de 13 ans : 1 .
- 105 -
Le Rolando s’éloigne progressivement de la suture coronale,
de 30 millim. à 47 ou 48 à 2 ans 1/2 ou trois ans pour ne plus
s’éloigner dans la suite. Les deux autres mesures rolando-
coronales suivent la même marche. La hauteur de l’extrémité
du Rolando au-dessus de la ptère croît également jusqua la
même époque, puis diminue. •
« La scissure de Sylvius remonte très obliquement en
arrière, elle passe au-dessus du sommet de la suture écailleuse
depuis un minimum de -+- 8 millim. (obs. IV, 30 jours), pour
atteindre -+- 17 millim. (obs. VI, 18 mois).
La scissure occipitale externe est toujours située très en
avant de la suture lambdoïde, dont elle est un peu plus près en
dedans qu’en dehors : minimum 5 millim. en dedans (30jours),
6 en dehors (3 jours), maximum 21 en dedans (18 mois), 31 en
dehors (2 ans).
Pour les sillons : le maximum de courbure de l’os frontal
recouvre en général la deuxième circonvolution frontale :
il est plus voisin du premier sillon frontal que du second.
La bosse pariétale répond par son point culminant à la
deuxième circonvolution pariétale ; située entre l’extrémité
postérieure delà sylvienne et le sillon pariétal, elle est plus
rapprochée de la première que du second.
En résumé : chez l’enfant, les différences sont surtout accu-
sées de 6 mois à 3 ans pour tendre à disparaître au-dessus et
au-dessous. Le lobe frontal dépasse en arrière la suture coro-
nale d’une quantité énorme, 42 millim. environ. Le lobe tem-
poro -sphénoïdal s’élève à 0m,012 en moyenne au-dessus du
point culminant delà suture écailleuse.
Le lobe occipital s’avance de 0m,015 environ en avant de la
suture lambdoïde . »
Enfin, de la Foulhouze a appelé l’attention sur l’abaisse-
ment considérable du stéphanion chez l’enfant. Chez le fœtus
- 106 -
et dans les premières années de la vie, le stéphanion serait
plus bas que l’extrémité inférieure du sillon de Rolando.
Pour Broca (1876), chez les enfants, la scissure perpendicu-
laire externe à sa partie interne est presque toujours située en
avant de la suture lambdoïde.
Ch. Fèré a apporté à la question des données nouvelles et a
fait de très nombreuses expériences. 11 a démontré que chez le
fœtus et Je nouveau-né. un plan perpendiculaire au plan de
Camper et passant par la ligne bi-auriculaire, laisse le bregma
à 10 ou 15 millim. en avant de lui.
Cet avancement du bregma chez le jeune enfant serait dû
surtout au peu de développement de la face comparée à la por-
tion ôccipitale du crâne. « Chez l’adulte, le plan glabello-lamb-
doïdien de Hamy et le plan sous-naso-auriculaire de Camper
sont obliques en avant et en bas par rapport au plan de la
vision horizontale, le premier de 0°97, le second de 4°68 ; ils
se rencontrent donc en arrière du crâne, en formant un angle
d’environ 3°71 en moyenne. Chez l’enfant, au contraire, ces
deux plans se rencontrent en avant. »
Ils forment un angle ouvert en arrière, allant sur les tableaux
de Féré jusqu’à 13° (21 jours), en passant par 4 à 6° chez les
enfants do 4 à 6 ans.
« Ces chiffres indiquent une sorte de mouvement de bascule
du plan glabello-lambdoïdien, et font comprendre comment, à
mesure que la face se développe, le bregma se trouve non-
seulement élevé , mais encore reporté en arrière. » (Fèré,
1881).
C’est vers 18 mois ou 2 ans seulement que le plan auriculo-
bregmatique arrive à être perpendiculaire au plan de Camper
(au-dessous d’un an, le bregma est à 7 ou 8 millim. en avant
du plan déterminé par l’équerre), mais c’est seulement « vers
6 ou 7 ans que s’établit l’équilibre entre le développement de
•la face et de la région occipitale du crâne. (Fèré, 1886).
Or, selon Fèré, c’est en grande partie au défaut de parallé-
— 107 —
lisme dans le développement des os du crâne que sont dues les
différences des rapports cérébro-crâniens aux différents âges.
D’où il est difficile de se rendre un compte exact des différences
du plan glabello-lambdoïdien lorsqu’on l’envisage à la fois dans
l’enfance et dans l’âge adulte ; les rapports des courbes crâ-
niennes, en effet, ne fournissent pas de données exactes à cet
égard, parce que les courbes considérées aux différents âges
ne sont pas concentriques. (Féré, 1881).
Fèré, en 1877, a fait une étude complète du développement
du cerveau dans ses rapports avec le crâne. Voici ses
résultats :
Le Rolando s’incline en arrière pendant la vio embryonnaire.
Jamais, contrairement à ce qu’affirmait Hamy, l’extrémité
inférieure du Rolando ne passe en avant de la suture
coronale...
« 2° L’obliquité du sillon de Rolando paraît être au mini-
mum chez l’enfant à terme. Cependant, je l’ai trouvé très
incliné chez deux enfants de 9 et 17 jours. — Après la nais-
sance, le sillon de Rolando s’incline de nouveau graduelle-
ment, et chez l’adulte, son -obliquité, toujours considérée par
rapport à la suture coronale, est redevenue presque aussi con-
sidérable que chez le fœtus. Mais, en 1879, Fêré ayant consi-
dérablement augmenté le nombre de ses observations, fait des
réserves sur cette conclusion et trouve les différences trop
minimes pour qu’on puisse en tirer « des déductions de quelque
importance. »
Voici les autres conclusions :
« Chez les jeunes enfants, le ptérion, considéré dans ses
rapports avec les circonvolutions, m’a toujours paru situé sur
un plan plus postérieur que chez l’adulte ; il correspond, non
pas à l’anse médiane de l’M de la 3e circonvolution frontale,
au cap de Rroca, mais à la queue de cette circonvolution, à la
partie postérieure, à celle qui est plus spécialement affectée
— 108 —
au langage. Cette particularité me paraît liée au mode de
développement de la 3e circonvolution frontale »....
La scissure de Sylvius « se trouve dès l’origine chez le fœtus
sur un plan plus élevé par rapport à l’écaille du temporal qu’elle
ne sera plus tard chez l’adulte ; elle semble s’abaisser progressi-
vement à mesure que l’on approche de l'adolescence. La scissure
pariéto-occipitale, au lieu de répondre exactement au lambda
comme chez l’adulte, est située bien en avant dès son appari-
tion, même avant qu’elle ne se soit réfléchie sur la convexité
de l’hémisphère ».
« La scissure de Sylvius et la scissure pariéto-occipitale
s’inclinent peu à peu en arrière et en bas, et elles finissent
par atteindre à peu de chose près chez l’adulte, la première le
bord supérieur de l’écaille du temporal, la seconde le lambda.
La scissure de Sylvius ne dépasse jamais inférieurement cette
limite ; quant à la scissure pariéto-occipitale, je ne l’ai vue que
3 fois sur 92 en arrière du lambda. 2 fois chez la femme et 1
fois seulement chez l’homme ». (Fèré 1879).
De l’ensemble de ces modifications, il semble donc qu’il y
ait prédominance, dans le jeune âge, du cerveau postérieur ou
portion sensitivo-végétativesur le cerveau antérieur ou psycho-
moteur. Mais pour que cette conclusion ait une valeur absolue,
il faudrait qu’il soit établi qu’il y a un parallélisme parfait dans
l’accroissement des divers os du crâne, ce qui n’est pas, si on
s’en rapporte aux recherches de Fèrè concernant le déve-
loppement relatif du temporal au divers âges (Fèrè, 1881).
Fèré (1881-86) a montré que les fiches que l’on enfonce
sur la bosse frontale pénètrent, chez le jeune enfant, en plein
dans la 2e circonvolution frontale, tandis que chez l’adulte,
elles entrent au voisinage du sillon frontal supérieur, et même
quelquefois dans la première circonvolution frontale.
Il a appelé l’attention sur les rapports qui existent entre la
topographie crânio-cérébrale du fœtus et celle du singe, et
»
— 109 -
entre celle des enfants européens et celle des hommes de races
inférieures.
Dana a fait 5 expériences sur des crânes d’enfants de 1 à
18 mois. Il a obtenu les résultats suivants :
1) L’extrémité supérieure du sillon de Rolando est généra-
lement située comme chez l’adulte, mais peut-être à 1 ou
2 centim. en avant.
L’extrémité inférieure se trouve sur la ligne qui va du sté-
phanion àl’astérion.
Le sillon de Rolando va souvent très près de la scissure de
Sylvius. Sa direction est peut-être un peu moins verticale que
chez l’adulte.
2) La scissure de Sylvius a son point de division un peu plus
haut que chez l’adulte. Sa branche postérieure se trouve soit
exactement en rapport avec le sommet de la suture squameuse
(les 2 enfants les plus âgés), ou au-dessus d’elle de 1/2 à 1 cent,
(les 3 autres). Elle va généralement se terminer en avant de la
bosse pariétale , qui est relativement plus basse que chez
l’adulte. La longueur de la branche verticale est de 1 cent. 1/2
à 2 centim. Elle se dirige, en haut et un peu en avant.
3) La scissure pariéto-occipitale est exactement située sous
le lambda (2 cas) ou 1 ou 2 centim. en avant (3 cas).
4) La scissure trans verse se trouvait sous Union, comme
chez l’adulte.
Les deux circonvolutions centrales avaient environ 2 c. 1/2.
Les sillons précentraux étaient situés derrière la suture coro-
nale comme chez l’adulte. Le second sillon frontal se trouvait
à peu près en rapport avec la ligne courbe temporale.
L’arc naso-bregmatique lui a paru dépasser les dimensions
qu’on lui assigne généralement.
Dana fait remarquer que, d’après ses recherches et celles de
la Foulhouze, le sillon de Rolando est proportionnellement
plus en arrière chez l’enfant que chez l’adulte, puisque la
— 110 —
distance rolando-coronale est à peude chose près la même chez
l’entant de 3 ans que chez l’adulte (1).
Pour la scissure de Sylvius, Dana n’a pas trouvé chez les
enfants les différences indiquées par de la Foolhouze, il a
meme vu la scissure et la suture coïncider ; les distances de
l’une à l’autre étaient ordinairement minimes.
Quant à la scissure perpendiculaire externe, il l'a trouvée chez
les enfants de 15 à 20 millim. en avant de la suture, bien qu’on
puisse la rencontrer en rapport immédiat, même chez de petits
enfants. En somme, elle est plus avancée chez le nouveau-né.
Quand à l’époque à laquelle se produit l’établissement des
rapports définitifs du crâne et du cerveau, elle est pour Dana
vers 7 ans, et plus précoce chez les filles que chez les gar-
çons. Les modifications , considérables dans le courant de la
première année, continuent jusqu’à quatre ans pour diminuer
dans la suite.
Les recherches de Poirier (1890) n’ont pas confirmé les
conclusions de Hamy d’après lesquelles : 1° Le sillon de
Rolando, loin d’être placé, comme chez l’adulte, très en arrière
de la scissure frontale aussi bien en haut qu’en bas, croiserait
cette scissure dans sa partie moyenne pour aller cacher son 1/3
antérieur sous le frontal ; et 2° l’angle rolando-sagittal, au lieu
d’être de 70 degrés, comme chez l’adulte, ne serait que de 52.
— Pour Poirier, les distances rolando-coronales sont relati-
vement les mêmes chez l’adulte et le nouveau-né (chez qui elles
seraient de 33 pour la supérieure, et de 11 pour l’inférieure).
La scissure de Sylvius, au lieu de coïncider à peu près avec
la suture temporo-pariétale, se trouve très au-dessus, de sorte
(1) Rappelons à ce propos que chez le foetus de six mois le sillon de
Rolando est presque vertical comme cela a lieu dans les formes basses
des Primates. Il acquiert ensuite progressivement son obliquité au fur et
à mesure du développement du lobe frontal.
- 111 —
que le bord inférieur du pariétal s’avance jusqu’à la 2e circon-
volution temporale chez le nouveau-né. La suture remonte
ensuite peu à peu, non pas pour prendre ses rapports définitifs
vers 8 ou 9 ans comme le veut Symington, mais seulement
quand s’arrête le développement du cerveau et de la boîte
osseuse.
Poirier n’admet pas non plus avec Férè que le ptérion
répond à la partie postérieure de la 3e circonvolution frontale
chez les enfants, il serait bien au-dessous. L’angle antérieur
du ptérion correspondrait à la face inférieure du lobe frontal
vers la partie antérieure de la scissure de Sylvius, l’angle pos-
térieur à la partie antérieure de la scissure parallèle, et cela
sur 4 enfants dans la première année, et 4 autres entre 6 et
8 ans.
Relativement au siège de la bosse Irontale chez les enfants,
il a toujours retrouvé (16 enfants, 4 adultes), à rencontre de
Féré, la fiche frontale dans la deuxième circonvolution fron-
tale, en moyenne à Funiondeson 1/3 externe avec ses 2/3 in-
ternes, sauf 1 fois sur 20 où la fiche entra dans le premier
sillon frontal.
Pour Poirier , la scissure occipito-pariétale est en rapport
avec le lambda chez l’enfant comme chez l’adulte. Mais, tandis
que chez l'adulte elle s’élève à peine de 1 à 3 millim. au dessus
du lambda, chez l’enfant elle est située à 12 millim. en
moyenne au-dessus de ce point.
« En résumé, dit Poirier, les différences observées par la
topographie cranio cérébrale ne doivent pas être attribuées à
des modifications dans la forme ou le volume respectif des
lobes; elles ressortissent au développement de la boite
osseuse, et comme conclusion, si les procédés de détermination
cranio-cérébrale sont basés sur les chiffres exprimant les
rapports respectifs entre l’encéphale et sa boîte osseuse, les
mêmes procédés seront applicables aux adultes et aux enfants. »
(Poirier, 1890).
- 112 -
Modifications chez le vieillard.
D’après 4 observations delà Foulhouze, chez le vieillard ;
1° les distances rolando-coronales sont exagérées ;
2° La scissure occipitale externe est à quelques millimètres
en avant delà suture lambdoïde (9 millim. en dedans, 11 en
dehors en moyenne) ;
3° La scissure sylvienne est presque horizontale à sa partie
moyenne, et un peu au-dessus de l’écaille du temporal (4 mill.
au-dessus) ; son extrémité est à 47 millim. de la suture lamb-
doïde ;
4° La bosse frontale répond à la limite externe de la lre cir-
convolution frontale.
Férè en 1879, d’après une étude faite sur 92 sujets de 30 ans
à 90 et au-delà , a démontré qu'à partir de l’âge adulte, du
moment où le développement du cerveau et du crâne peut être
considéré comme complet , les rapports des sillons et des
sutures paraissent rester invariables.
- 113 -
CHAPITRE XI.
MODIFICATIONS INDIVIDUELLES
DANS LES RAPPORTS DE TOPOGRAPHIE
CRANIO-CÉRÉBRALE.
Nous avons déjà étudié les diverses modifications qui existent
dans les rapports topographiques cranio-cérébraux aux
différents âges de l’homme. Mais d’autres causes que l’âge
peuvent modifier les rapports dans des proportions assez consi-
dérables pour attirer l’attention. Le sexe, la race, les défor-
mations pathologiques du crâne méritent sans aucun doute une
étude particulière, et c’est cette étude que nous allons faire
rapidement dans ce chapitre ; mais auparavant, disons deux
mots des différences topographiques qui existent entre les
deux côtés d'un meme cerveau. Même à letat normal, ces
différences sont sensibles, plus sensibles pour les sillons que
pour les scissures (de la Foulhouze) ; toutefois, elles sont
minimes, et ne dépassent jamais 2 centimètres (Poirier). Parmi
les plus importantes, citons avec Muller celle de la situation
de l’extrémité supérieure du sillon de Rolando, qui va quel-
quefois à 1 centim., même à l’état normal (Heftler, Muller).
L’asymétrie du crâne entraîne l’asymétrie du cerveau
(Muller). Nous verrons à propos des modifications chez les
épileptiques que l’asymétrie est fréquente chez eux. Ces modi-
8
— 114 -
fications sont beaucoup plus considérables à l’état pathologique
qu’à l’état normal (Féré).
Revenons aux différences individuelles .
Elles ne sont jamais considérables, et ne dépassent jamais
2 centim. pas plus que les variations d’un côté à l’autre d’un
même cerveau (Poirier).
Broca (1876) a remarqué que les variations individuelles,
très grandes dans la partie supérieure des hémisphères, sont
au contraire assez limitées dans leur partie inférieure , où elles
n’excèdent pas un centimètre. La scissure occipitale externe
est une de celles qui ont les rapports les plus fixes.
Les différences sexuelles présentent des caractères assez
constants. Elles sont en relation surtout avec les différences
de volume de la tête (Féré).
Elles ne s’accusent que chez l’adulte, car de la Foulhouze a
montré qu’elles sont nulles chez les enfants de sexe différent.
On connaît les modifications du crâne chez la femme. Dana les
résume ainsi : la femme, possède un crâne postérieur plus
bas, plus large, avec diamètres orbitaires hauts, et crêtes,
sutures, proéminences moins marquées que chez l’homme.
C’est ainsi que la crête interorbitaire et sus glabellaire manque
généralement chez elle (Benedikt) et que la glabelle elle-même
fait souvent défaut. Enfin, la moitié postérieure de l’arc naso-
occipital est relativement plus grande, l’arc lambdo-occipital
plus long chez la femme que chez l’homme en longueurs
absolues. Poirier trouve les variétés dans les rapports topo-
graphiques du crâne et du cerveau peu marquées dans les
sexes ; moins que les variétés individuelles. Contrairement à
l'opinion de Féré; elles ne lui ont pas paru pouvoir être
rapportées à la forme ou au volume du crâne.
Nous avons déjà indiqué, chemin faisant, les différences
signalées par les anatomistes pour chacun des rapports des »
sillons et des scissures ; de même pour les différences tenant
aux variations dans les indices céphaliques.
- 115 -
Les différences dues à la race ont été en général peu étu-
diées ; leur connaissance ne peut être que le résultat de longues
études sur plusieurs séries de crânes et de cerveaux, et les
données que nous possédons actuellement ne permettent guère
de tirer des conclusions. Chiarugi a montré que Je lobe frontal
est plus développé chez les brachycéphales. Nous avons vu ses
conclusions à propos du sillon de Rolando. Broca et de la
Foulhouze ont trouvé le sillon de Rolando loin de la suture
coronale, et la scissure perpendiculaire externe très en avant
de la suture lambdoïde chez un dolichocéphale. Ils en concluent
qu’il y a probablement une relation entre les degrés de
dolichocéphalie et l’allongemenWles lobes frontaux et occipitaux.
Broca a trouvé dans les races inférieures un avancement de la
scissure perpendiculaire ; Féré a fait la même observation, il
note en outre que la scissure sylvienne ne paraît pas modifiée
dans ses rapports avec la suture temporo-pariétale.
D après Marshall et Topinard le sillon de Rolando serait
plus oblique chez le Nègre que chez l’Européen. Pour Lucas-
Championnière, le chirurgien n’aurait pas à s’occuper seulement
de la race, mais surtout du sexe.
Enfin, les différences dues à des déformations du crâne
ou à des lésions du cerveau sont très variables. Broca le
premier s’est occupé de cette question en 1871, à propos d’un
cas de déformation toulousaine du crâne. 11 a trouvé le sillon
de Rolando beaucoup plus oblique, et plus éloigné du bregma à
sa partie supérieure. Les distances rolando-coronales étaient :
en haut 57 millim., en bas 18. Les rapports du lobe occipital
n’étaient pas changés. Féré a signalé les principales variations
des rapports dans les cas de déformations du crâne. Selon lui,
le sillon de Rolando peut se trouver plus près du bregma chez
les sujets dont la suture métopique ne se soude que tardivement
ou ne se soude pas; cependant la région frontale se développe
davantage chez eux. Après la soudure de la suture métopique,
la distance qui sépare les deux bosses frontales subit un arrêt
— 116 —
de développement : lorsque la soudure se fait trop vite, tri -
gonocèphalie, il y a obstacle au développement de la région
frontale du cerveau. Chez les enfants atteints d eplagiocëphalie,
causée par le décubitus, l’extrémité supérieure du sillon de
Rolando est plus rapprochée du bregma du côté où la bosse
frontale est le plus saillante, et la scissure perpendiculaire
externe est plus en avant du lambda du même côté, mais la
différence est beaucoup moindre. La déviation de l’extrémité
inférieure du sillon est très peu accusée. Dans la microcéphalie
frontale , Féré pense qu’il est fortement reporté en arrière du
bregma. Féré a montré la fréquence des déformations du
crâne chez les épileptiques ; asymétrie cranio-faciale, déforma-
tions dues à des synostoses prématurées, et autres anomalies
morphologiques ; plagiocéphalie, microcéphalie, macrocéphalie,
prévalence de la demi-circonférence postérieure sur l’anté-
rieure, capacité exagérée des fosses cérébelleuses, etc. ; épais-
sissement partiel ou général des os du crâne. Féré a examiné
un sujet ayant une bosse occipitale prononcée, et n’a pas trouvé
de modifications dans les rapports cérébro-crâniens. Nous
avons rencontré dans notre série de crânes un sujet qui
avait également une bosse occipitale très développée ; mais à
l’encontre de Féré, nous avons trouvé la scissure perpen-
diculaire externe considérablement reculée, et située bien en
arrière du lambda (v. Planche I, crâne P).
Les variations topographiques dans la classe des dégénérés
sont loin d’être constantes et d’être soumises à des règles
fixes. Le type du criminel né de Lombroso est une conception
de l’esprit ne répondant à aucun type connu. C’est l’opinion
de Dana. Pour lui, tout ce qu’on peut dire de plus général et
de plus vérifiable par l’observation directe du crâne et du
cerveau , c’est que chez les cérébraux (épileptiques , aliénés ,
criminels, etc.), il y a plus souvent perversion du tj'pe normal
que chez les personnes saines. Cependant, il a trouvé ordi-
nairement chez ces individus l’arc frontal au minimum, l’arc
- 117 -
pariétal plus court, mais il les a vus quelquefois, au contraire,
exagérés. Chez certains épileptiques et les idiots avec arrêt de
développement de la partie antérieure du crâne, la distance
entre lebregma et le sillon de Rolando est généralement moins
longue que d’ordinaire, la fin du sillon ne subissant aucun
changement dans sa situation ordinaire. Fèrè a vu deux fois la
distance rolando-hregmatique réduite à moins de 33 millim.
chez deux épileptiques idiotes.
Il a montré, en outre, que le sillon de Rolando peut être
rapproché du bregma chez les individus qui ont eu des lésions
destructives anciennes de la région frontale. Chez les anciens
amputés , Fèrè trouve que le fait est loin d’être constant, bien
qu’il ait, lui-même, cité des cas où le sillon de Rolando était
avancé. Chez une femme amputée depuis 40 ans, le sillon du
côté opposé était avancé de 5 millim ; dans un autre cas publié
avec Mayor, les distances rolando-bregmatiques étaient avan-
cées des deux côtés (33 millim.) chez un amputé de jambe
depuis 30 ans.
- 118 -
CHAPITRE XIII.
APERÇU SUR LES LOCALISATIONS
CÉRÉBRALES DANS LEURS RAPPORTS AVEC LA
TOPOGRAPHIE CRANIO- CÉRÉBRALE.
Nous n’avons pas l’intention d’aborder ici l’étude complète
des localisations cérébrales chez Thomme. Ce serait sortir
du cadre bien déterminé de notre travail. Néanmoins il nous a
semblé impossible de ne point donner très sommairement un
résumé des connaissances acquises sur ce sujet , car nous
l’avons dit plus haut, c’est la localisation cérébrale qui guide
la trépanation et rend indispensable l’étude de la topographie
crânio- cérébrale.
Il existe à la surface du cerveau des zones latentes et senso-
rielles , et des zones psycho- motrices. Les premières sont
encore assez mal déterminées ; quant aux secondes, celles
dont la moindre lésion retentit sur la motilité, les recher-
ches modernes des cliniciens et des physiologistes en ont
aujourd’hui parfaitement déterminé les territoires.
Ces zones motrices corticales sont groupées autour du sillon
de Rolando au niveau des circonvolutions frontale et parié-
tale ascendantes, et du lobule paracentral.
La partie supérieure (2/3) de la pariétale ascendante et le
lobule paracentral, ainsi que le 1/3 supérieur de la frontale
ascendante commandent aux mouvements du membre inférieur
du côté opposé.
La frontale ascendante dans la partie qui correspond au
— 119
pied de la deuxième circonvolution frontale constitue le centre
moteur du membre supérieur Dans cette région motrice des
Fig. 12. — Centres psycho-moteurs de l’écorce du cerveau (Ferrier).
Face supérieure du cerveau de l’homme.
I à 6, centres des mouvements des membres (< hémiplégie ) ; — 1 et 8, centres
des mouvements des commissures des lèvres {paralysie faciale ) ; — 9 et 10,
centre des mouvements des lèvres et de la langue, destinés à l’articulation des
mots (mémoire des mouvements du langage parlé ou mémoire motrice verbale
{aphasie motrice ou aphémie); — 11, centre de rétraction de l’angle de la
bouche; — 12, centre pour les mouvements latéraux de la tête et des yeux, et
centre de la mémoire des mouvements de l’écriture ou mémoire motrice graphi-
que [agraphie] ; — 13, centre de la mémoire des mots écrits ou imprimés,
ou mémoire visuelle verbale [cécité verbale)^ et 131, centre delà vision binocu-
laire [hémianopsie) ; — 14, centre de l’audition (mémoire des sons verbaux ou
mémoire auditive verbale) ( surdité verbale ) .
membres certains points président spécialement : 1° à certains
mouvements associés du bras, de la jambe et du tronc comme
dans la natation ; 2° à l’extension en avant du bras et de la
Fig. 13. — Centres psycho-moteurs de l’écorce du cerveau (Ferrier).
Face latérale du Cerveau
1 à 6, centres des mouvements des membres ( hémiplégie ) ; — 7 et 8, centres
des mouvements des commissures des lèvres ( paralysie faciale) ; — 9 et 10.
centre des mouvements des lèvres et de la langue, destinés à l’articulation des
mots (mémoire des mouvements du langage parlé ou mémoire motrice verbale)
(aphasie motrice ou aphémie ) ; — 11, centre de rétraction de l’angle de la
bouche ; — 12, centre pour les mouvements latéraux de la tête et des yeux, et
centre de la mémoire des mouvements de l’écriture ou mémoire motrice graphi-
que fagraphie) ; — 12, centre de la mémoire des mots écrits ou imprimés,
ou mémoire visuelle verbale ( cécité verbale ); — 131, centre de la vision binocu-
laire (hémianopsie) ; — 14, centre de l’audition (mémoire dee sons verbaux ou
mémoire auditive verbale) ( surdité verbale).
main ; 3° à la supination et la flexion de l’avant-bras ; 4° aux
mouvements isolés ou combinés des doigts et du poignet;
5° aux mouvements de préhension.
Le 1/3 inférieur des frontale et pariétale ascendantes et les
parties voisines de la 3e frontale sont les centres moteurs de la
tête et de la face.
F1, F3, F3, circonvolutions frontales ; — F, P, frontale et pariétale ascendantes ;
— Ps, Pi. lobules pariétaux supérieur et inférieur ; — O1, O2, O3, circonvolu-
tions occipitales ; — T1, T2, T2, circunvolutions temporales ; — R, sillon de
Rolando ; — S, scissure de Sylvius ; — Po, scissure perpendiculaire externe.
1, centre de la mémoire des mouvements de l’écriture ou mémoire motrice gra-
phique ( agraphie J ; — 2, mémoire des mouvements du langage parlé ou mé-
moire motrice verbale ( aphasie motrice ou aphémie) ; — 3, mouvements du
membre inférieur ; — 4, mouvements du membre supérieur ; — 5, mouve-
ments de la face ; — 6, centre de la vision binoculaire ( hémianopsie ) ; —
1, mémoire des sons verbaux ou mémoire auditive verbale (surdité verbale ) ;
8, centre de la mémoire de? mots écrits ou imprimés ou mémoire visuelle ver-
bale ( cécité verbale ) ; — 9, centre des mouvements des yeux ; — 10, centre de
la vision ( amaurose ) .
Moins bien déterminées et moins certaines sont les localisa-
tions suivantes :
Le pli courbe et la 2e pariétale qui seraient le centre moteur
des muscles de l’œil et de la paupière ;
— 122 —
La partie postérieure de la 2e frontale : centre moteur du cou
et de la nuque ;
Extrémité inférieure de la frontale ascendante au voisinage
du pied de la 3e circonvolution frontale : centre moteur des
muscles de la bouche et de la langue.
A côté de ces centres corticaux, dont les lésions provoquent
des troubles de motilité, il faut citer encore des localisations
bien déterminées dont les lésions provoquent, non comme on
l’avait cru d’abord des troubles moteurs, mais des troubles de
la mémoire motrice. Tels sont : le pied de la 3e circonvolution
frontale gauche pour l'aphasie proprement dite ;
L’union de la 2e frontale gauche avec la 3e pour l'agraphie.
On peut encore citer à gauche dans le pli courbe, ou dans le
lobule pariétal inférieur, le centre dont la lésion provoque le
phénomène pathologique de la cécité verbale ; de même pour
la première circonvolution temporo-sphénoïdale dont la lésion
détermine la surdité verbale.
Enfin, certains centres corticaux sensoriels semblent bien
définis chez l’homme. Les centres visuels siégeraient : 1° dans
la lr,‘ et 21, circonvolutions occipitales avec le pli courbe et le
lobule du pli courbe ; 2° dans le cuneus et peut-être le pied de
la deuxième temporale adjacente. Les lobes occipitaux aussi
feraient partie de l’appareil de la vision.
Quelques observations semblent venir justifier l’opinion qui
place un centre auditif dans le lobe temporal gauche.
Des figures intercalées dans le texte, nous permettent, au
reste, d’abréger ce chapitre. Mieux que des mots , elles mon-
treront exactement ce que l’on sait aujourd’hui des localisations
cérébrales tant chez l’homme que chez les animaux (Voyez
fig. 12, 13, 14 et PL II).
— 123 —
CHAPITRE XIV.
APERÇU DE LA TRÉPANATION
GUIDÉE PAR LES LOCALISATIONS CÉRÉBRALES
DANS CES DERNIÈRES ANNÉES.
Avant de terminer ce travail sur la topographie cranio-
encéphalique et de donner le résumé des indications néces-
saires au chirurgien pour découvrir un point quelconque du
cerveau, nous ne croyons pas inutile de donner un très rapide
aperçu des applications chirurgicales faites jusqu’ici de ces
connaissances topographiques.
La trépanation, bien que datant de la plus haute antiquité, a
été jusqu’à ces dernières années sans autre guide que le hasard.
Lucas-Championnière disait en 1878 : « La pratique du trépan
a été jusqu’à une époque bien rapprochée de nous tout empi-
rique, peu différente en principe de celle des sauvages, des
arabes de l’Aourès et probablement de l’homme préhisto-
rique. Le chirurgien était mieux armé, mais pas infiniment
mieux guidé. Il avait tout l’acquis de l’observation qui lui
permettait de peser les symptômes, d’en mieux apprécier la
valeur. Mais dans le choix des cas et surtout dans la détermi-
nation du lieu delà blessure, il restait sans ressource précise.
Aujourd’hui, ce premier point sera beaucoup mieux établi,
et l’appréciation des symptômes elle aussi aura fait de grands
progrès. Puis l’opération elle-même, parl’emploi de la mé-
thode antiseptique sera complètement soustraite aux compli-
cal ions reprochées à l’accès de l’air. »
— 124 —
En 1866, Broca, appliquant la découverte du centre de la
mémoire motrice des mots, qu’il avait faite lui-même quelques
années auparavant, trépanait en se guidant pour la première
fois sur les localisations cérébrales. Son malade était atteint
d’aphasie motrice secondaire. Broca évacua un abcès qui
comprimait le centre du langage, mais, malgré une améliora-
tion immédiate du symptôme aphasie, le malade mourait au
bout de 48 heures.
Depuis, les observations se sont multipliées et les succès ont
encouragé les chirurgiens. Un grand nombre de travaux et
d’observations ont été publiés sur la question. Nous citerons
parmi les premiers ceux de Ch. Paris (1), Proust et Ter-
rillon 2), en 1876, S. Pozzi en 1877, et le mémoire important
de Lucas-Championnière en 1878. Ce dernier a tenté de réha-
biliter la trépanation en en faisant une opération rationnelle
guidée et réglée comme une « ligature d’artère ». Il rappelle
les travaux de Charcot et Pitres et de Ferrier, et décrit une
zone motrice située tout entière au voisinage du sillon de Ro-
lando, et sur laquelle le chirurgien doit trépaner quand il inter-
vient pour un trouble moteur. Ce champ opératoire n’aurait que
8 centim. de haut sur 3 1/2 de large, 5 au maximum, de sorte que
pour des lésions étendues, on pourrait « couvrir la région motrice
de couronnes de trépan. » Lucas-Championnière parle à peine
des paralysies sensorielles. Pozzi fait des restrictions sur les
conclusions de Lucas-Championnière , et dit que si l’on tré-
panait toute la région motrice, on aurait non pas 24 centim.
carrés , mais 63 d après ses mensurations. Néanmoins, Lucas-
Championnière a été un des promoteurs de la trépanation
guidée par les localisations cérébrales.
(1) Ch. Paris. Indications de la trépanation des os du crâne au point de
vue de la localisation cérébrale. Th. Paris, 1876.
(2) Proust et Terrillon. Acad, de Méd , 28 nov. 1876.
- 125 -
Depuis cette époque, la question a fait considérablement de
progrès, grâce à la connaissance beaucoup plus parfaite des
localisations cérébrales. La gravité de la trépanation a diminué
par les récents progrès chirurgicaux, et la mortalité a
baissé dans de fortes proportions. Amidon (1), d’après un exa-
men minutieux de 115 observations de trépanation, conclut
que la mortalité par l’opération elle-même n’est, pas de plus de
3,2 pour 100 ; et Fermer (2) (1889) n'admet pas , que du fait
même de l’opération, elle soit de plus de 1,6 pour 100. Les
statistiques de Walsham, Bluhm et Seydel , établies d’après
de nombreuses observations (686, 331, 289), donnent respecti-
vement 50/100, 44/100, 15,5/100 en mortalité absolue ; mais il
ne faut pas perdre de vue dans quelles circonstances sont
généralement pratiquées les trépanations, et la gravité des
accidents qui les ont nécessitées.
L’épilepsie jacksonienne a été l'objet d’études particulières
depuis quelques années ; presque tous les chirurgiens sont
aujourd’hui d’accord pour faire de la trépanation son traite-
ment ordinaire.
Rolland (3) (1888) conclut d’une étude sérieuse sur ce sujet
qu’on ne doit pas hésiter quand le début des convulsions est
nettement limité.
Echeverria, sur 145 cas de trépanation pour épilepsie trau-
matique, cite 93 guérisons, 18 améliorations, 28 décès seule-
ment.
Dumas (4) (1889), dans sa thèse sur la trépanation dans l’épi-
lepsie, formulait les conclusions suivantes : « La trépanation
est une opération bénigne quand elle est pratiquée sous le
(1) Amidon. Armais of surgery vol. I, 1885.
(2) Ferrier. Cérébral localisation in its practical relations. In Brain. july
1889, p. 36.
(3) Rolland : De l’épilepsie jacksonienne. Th. Paris 1888.
(4) Dumas : Trépanation dans l’épilepsie. Th. Paris, 8 mai 1889.
- 126 -
couvert de l’antisepsie... Elle est indiquée formellement dans
les accidents épileptiformes consécutifs à des foyers patholo-
giques anciens... Elle trouve également des indications condi-
tionnelles dans certains cas d’épilepsie dite idiopathique. Ces
conditions sont : 1° le peu de temps écoulé depuis l’apparition
des premières attaques : 2° la rapidité d’évolution de la maladie
et la fréquence de plus en plus grande des accès. »
Pêchadre (1) et Lucas-Championnière (2) ont chacun cité des
observations intéressantes de trépanations guidées par les
localisations.
Plus récemment encore, Féré (1890) dans son ouvrage sur
les épilepsies et les épileptiques disait ; « Lorsque l’attaque
(d'épilepsie) est nettement localisée au début ou clairement
prédominante dans un membre ou dans un autre, dans un côté
de la face, sans tenir compte du point d’application du choc, il
faut agir sur le point désigné par les localisations cérébrales
les mieux établies ». Férè n’admet pas que l'ancienneté des
accidents constitue une contre-indication à la trépanation, il
cite une guérison obtenue par Larrey dans un cas d’épilepsie
traumatique datant de plus de 30 ans, par l’ablation d’une esquille.
Pour Féré « en l’absence de tout traumatisme, l’existence
d’un spasme localisé ou prédominant, coïncidant avec une
douleur siégeant du côté opposé de la tête, surtout s’il existe
en même temps des phénomènes paralytiques permanents et
graduellement développés du côté du membre le plus affecté
par le spasme, donnent lieu à une indication précise de la
même intervention chirurgicale. Les sensations subjectives
localisées, les auras, servent encore de signes précieux. »
(1) Pêchadre : De la trépanation dans les épilepsies jacksoniennes non
du crâne traumatiques. Th. Lyon, 6 juillet 1889.
(2) Lucas-Championnière : Sur une série de 20 cas de trépanation
(Bull. Soc. Chir., 27 juin 1888).
- 127 ~
La chirurgie contemporaine a pu enregistrer plusieurs
heureuses ablations de tumeurs. L’existence de signes de
tumeurs n’a pas paru indispensable pour justifier l’intervention
chirurgicale , principalement lorsqu’une intervention rapide
s’imposait par des convulsions subintrantes. Dans un cas de
Lépine, par exemple, la trépanation motivée par un état de
mal ne fit découvrir aucune lésion grossière et fut cependant
suivie d’une guérison apparente qui persistait au bout de 4
mois. L’opération paraît agir dans ces cas en modifiant la
pression intra-crânienne » (Fêré). Nous savons que le Prof.
L. Le Fort a ou un cas de guérison analogue, obtenu chez un
malade trépané pour de très nombreuses attaques d’épilepsie ;
il ne trouva rien d’anormal après avoir ouvert le crâne, et le
malade guérit de l’opération et de son épilepsie.
Bendanti, au congrès de Bologne, a été favorable au traite-
ment de l’épilepsie par la trépanation. Voici les conclusions
posées par Horsley (1) dans son rapport de chirurgie au récent
congrès de Berlin.
« J’ai pratiqué deux trépanations pour méningite ; toutes les
deux ont été suivies de mort. L’efficacité de l’intervention
opératoire dans les affections inflammatoires dilfuses des
méninges est donc encore douteuse : mais dans les affections
localisées, dans les abcès , l opération est toujours indiquée.
Les malades atteints de tumeurs du cerveau doivent être
opérés au plus tôt. L’opération est indiquée même dans le cas
où l'existence de la tumeur n’étant que probable, aucune amé-
lioration ne survient dans l’espace de six semaines. Dans la
pachy méningite, il faut se borner à l’excision de quelques
fragments épaissis de la dure-mère, mais on doit toujours
(1) Horsley: Semaine médicale , 1890, p. 318, N° 37; Congrès de
Berlin, 4 au 9 août 1890, et Bulletin thérapeutique , N° 36, p. 281, revue
chirurgicale, par Terrillon.
/
- 128 -
opérer de bonne heure. J’extirpe aussi les gommes cérébrales,
car je crois que le traitement médicamenteux spécifique ne
peut que les améliorer, mais qu’il ne les guérit jamais. Les
tubercules et toutes les tumeurs malignes en général doivent
être aussi extirpées... Dans les cas où la tumeur maligne est
trop volumineuse pour être enlevée en totalité, on doit opérer
quand même : on en extirpe ce qu’on peut et on procure au
malade un soulagement considérable.
Les athétoses peuvent aussi bénéficier de l’intervention
opératoire Lorsque j’opère des cas d’épilepsie jackso-
nienne, je commence par explorer l’écorce cérébrale à l’aide
du courant galvanique, et j’excise la partie dont l’excitation
électrique provoque les secousses convulsives . Sur 43 opérés
j’en ai perdu 10 dont 2 de shock traumatique et 2 par
septicémie »
Burckhardt (de Préfargier) a, au même congrès, fait une
communication sur « les excisions d' écorce cérébrale comme
contribution au traitement chirurgical des psychoses » ,
principalement dans les hallucinations de l’ouïe.
Malgré les succès opératoires du professeur , nous doutons
de la vulgarisation de son traitement dans la pratique chirur-
gicale. Féré pense que « l’excision des centres corticaux n'a
pas encore fait ses pr euves au point de vue de la cure radicale
de l’épilepsie partielle. L’amélioration momentanée peut être
attribuée à l’excitation locale aussi bien des téguments que du
cerveau, puisqu’on peut aussi la retrouver dans des cas où le
cerveau n’a pas été touché. » Offenheim a cité aussi au congrès
de Berlin plusieurs observations intéressantes de trépanations
guidées par les localisations et suivies de succès.
Malgré tous ces faits et tous ces travaux, la question de la
trépanation a encore de grands progrès à faire, et les obser-
vations de trépanations pratiquées sans qu’il existât ni plaie, ni
cicatrice, ni saillie des os du crâne ou des téguments pouvant
servir de guide au chirurgien sont aujourd’hui encore bien peu
- 129 -
nombreuses. Suivant Féré, la première pratiquée en France
dans ces conditions serait une opération toute récente que
Ballet, Gélineau et Péan ont communiqué à l’Académie de
médecine. Il s’agit dans l’observation d’un fibro-lipome de la
dure-mère ayant amené des convulsions initiales du membre
inférieur droit.
Poirier, dans son travail sur la topographie crânio- cérébrale
et la trépanation, dit : « L’opération du trépan n’offre pas de
très grandes difficultés ; elle n’est jamais grave en elle-même,
à la condition expresse qu’une antisepsie absolue et rigoureuse
ait été employée, sa mortalité est aujourd’hui inférieure à 10
pour 100 ; encore faut-il dire que cette mortalité est due moins
à l’opération qu’aux affections contre lesquelles celle-ci a été
employée. »
Ces quelques mots résument parfaitement l’état actuel de
la question , et montrent que Kirmisson (. Manuel de Patho-
logie externe , T. II , p. 38, Paris 1885), est peut-être trop
timide dans ses conclusions relatives à la trépanation.
9
_ 130 —
EXPÉRIENCES.
Les résultats que nous avons obtenus sont exposés dans les
tableaux qui suivent. Nous y indiquerons d’abord en un tableau
les résultats fournis par l’étude de tous nos crânes, puis les
moyennes pour chacune des séries de mensurations que nous
avons faites, en donnant séparément celles qui s’appliquent à
des individus dont l’indice céphalique est inférieur à 80
(dolichocéphales) et celles qui concernent ceux dont l’indice
est supérieur à 80 (brachycéphales).
En outre, nous donnerons, sous la rubrique « moyennes sans
extrêmes » les moyennes de la très grande majorité des cas,
c’est-à-dire que nous avons retranché pour les établir toutes
les dimensions qui nous paraissaient anormales ou exagérées.
Nous avons fait suivre de ? certaines mesures qui’ n’ont pu
être prises d’une façon certaine, à cause de l’effacement d’une
saillie ou (l'une suture.
- 131 -
NOMS DES CRANES.
LIEUX
d’origine.
Age
et
Sexe.
Indice
céphalique
Poids
du
cerveau.
Arc
sagittal
(mesuré
sur
le crâne.)
Arc
naso-breg-
matique.
Arc
inio-lamb-
doïdien .
Distances
de
l’opisthion
à Union.
A
H. 47
78,9
1350
305
124
56
50
B
H. 41
78,8
1238
319
125
60
42
C
Lille
H. 38
80,3
1534
311
116
58
50
D
Rocroy ( A rdenne s)
H. 43
76,5
1520
325
137
69
52
E
Suisse
H. 30
81,8
1445
326
125
77
45
F
H. 71
83,1
1280
301
122
55
50
G
H. 50
78,5
1448
325
131
63
52
H
H. 70
81,5
1230
341
134
58
45
I
H. 74
75,6
1240
351?
128
84?
41?
J
Flandre
H. 55
79,2
1382
351
127
97
42
K
H.
79,0
1364
315
118
74
50
Là
Ypres
H 62
73,5
1065
311
124
73?
45
M
Sarthe
F. 66
86,1
1254
317
119
83
42
N
Dunkerque
H. 35
80,8
1232
295
120
47
50
O
Hellemmes (Lille).
F. 43
77,7
1100
304
115
64
40
P
Bruges
F. 35
79,5
1315
343
133
72
40
a
H. 53
»
1210
307
117
75
38
R
H. 40
81,0
1445
323
120
54
45
s
H. 29
82,0
1370
321
120
71
47
T
H. 30
82,3
1315
322
121
62
51
- 132 -
NOMS DES CRANES.
LIEUX
d’origine.
mesures rolandiques
Angle rolando-sagittal
mesuré au goniomètre céphalique.
Angle fait par la scissure de Sylvius
avec la scissure de Rolando.
Angle fait par la scissure de Sylvius
dans sa partie antre avec le plan
orbito-auriculaire (facile à tracer).
Distances de la glabelle |
au sillon de Rolando
( extr. sup.).
Distances 1
rolando-bregmatiques.
Distances
rolando-coronales inférieures!
Distances de l’extrémité
du sillon de Rolando
à l’apophyse orbit. ext. '
A
176
52
251/2
41
66°
55°
52°
B
165
40
21
52
65°
58°
55°
C
Lille
157
41
31
68
69°
59°
54°
JD
Rocroy (Ardennes;
182
45
29
60
67°
54°
57°
B
Suisse
187
62
29
61
65°
48°
58°
F
163
41
29
69
68°
o
°2
-if
62°
G
173
42
35
70
73°
44°
60°
H
181
47
35
65
67°
52°
54°
I
190
62
36
73
66°
48°
61°
J
Flandre
188
61
29
63
66°
45°
65°
K
175
57
42
79
71°
48°
60°
L
Ypres
174
50?
30
61
67°
42°
62°
M
Sarthe
166
47
20
61
67°
61°
66°
N
Dunkerque
165
45
25
46
69°
27°
61°
O
Hellemmes (Lille).
170
55
27
40
69°
49°
66°
P
Bruges
180
47
25
44
71°
60°
63»
a
163
46
42
62
74°
58°
55°
R
175
55
45
64
64°
44°
61»
s
165
45
32
57
70°
45°
62»
T
172
51
29
69
68°
50°
61»
- 133 -
NOMS DES CRANES.
LIEUX
d’origine.
MESURES SYLVIE NNE S
1
Distances de l’origine
de la scissure de Sylvius
à l’apoph. orbit. ext.
Hauteurs de la scissure Sylv.
au-dessus du méat auditif.
Hauteurs de la scissure
au-dessus du point le plus élevé
de la suture squameuse.
Distances de l’extrémité supre
de la scissure sylvienne
à la scissure rolandique.
Distances de l’extrémité supre
de la scissure sylvienne
à la suture sagittale.
Longueurs de la perpendiculaire
abaissée
du sommet de la scissure syl- j
vienne sur le lambda. j
A
34
50
0
58
82
35
B
25
53
7
67
48
55
C
Lille
23
59
4
62
60
44
D
Rocroy (Ardennes)
32
54
2
53
76
42
E
Suisse
24
70
12
56
71
47
F
34
61
3
35
63
60
Gr
26
69
12
40
69
66
H
18
57
0
54
74
49
I
30
67
5
50
54
45
J
Flandre
35
61
3
42
80
51
K
35
59
5
32
57
48
L
Ypres
27
36
51
36?
M
Sarthe
25
61
4
48
46
41
INT
Dunkerque
19
66
12
18
58
73
O
Hellemmes (Lille).
32
54
0
24
75
52
B
Bruges
17
53
0
60
48
26
Q
29
64
7
45
64
32
R
24
59
2
31
78
51
S
20
60
6
37
69
61
T
29
55
1
39
79
52
| NOMS DES CRANES.
LIEUX
d’origine.
SCISSURE PERPEND.
EXT.
SILLONS FRONTAUX
SILLON
INTERPARIÉTAL
Hauteur de la ligne squameuse
d’Anderson et Makins
au-dessus du méat auditif.
Distances du lambda .
à l'extrémité de la scissure
parléto-occipitale. 1
Distances de l’astérion I
à la scissure |
perpend. ext. supposée prolongée
jusqu’à son niveau.
Distance du 1er sillon frontal
à la suture sagittale. |
Distance du 2e sillon frontal |
à la suture sagittale.
Distances de l’astérlon
au point le plus élevé du sillon j
înterparlétal F
Distances du sillon interpariétal l
(point le plus élevéj *
à la suture sagittale.
j
A.
0
6
22
49
80
35
50
B
1
0
26
55
100
19
56
C
Lille
4
0
24
62
97
36
55
D
Rocroy (Ardennes)
0
6
21
48
87
23
52
E
Suisse
0
0
31
58
86
40
58
F
0
9
35
64
90
36
58
a
7
6
25
70
100
42
57
H
13
3
31
66
96
41
57
I
3
5
29
57
85
32
52
J
Flandre
0
0
32
65
86
66
58
K
0
4
37
74
85
39
54
L
Ypres
0
6
24
1
51
96
31
51
M
Sarthe
0
1
39
62
90
38
57
N
Dunkerque
16
0
30
56
97
43
54
O
Hellerames (Lille).
0
— 9
28
52
70
55
54
P
Bruges
— 5
— 19
45
72
98
10
53
Q
- 4
- 21
22
72
84
28
57
K
0
14
21
50
95
45
57
S
0
5
20
51
86
37
54
T
••
0
0
25
54
100
28
54
— 135
Moyenne des poids du cerveau.
Moyenne générale
Tous
les crânes.
Brachy-
céphales .
Dolicho-
céphales .
1317,35
1065
1544
1315
1332,5
1210
1544
1325
1302,2
1065
1520
1301
Minimum
Maximum
Moyenne (sans extrêmes).. . .
Arc sagittal.
Tous
les crânes
Brachy-
céphales .
Dolicho-
céphales .
Moyenne générale
320,65
316,4
324,9
Minimum
295
295
305
Maximum
351
341
351
Moyenne (sans extrêmes) . . .
317,58
316,4
323,8
Arc naso-bregmatique.
Tous
les crânes.
Brachy-
céphales .
Dolicho-
céphales .
Moyenne générale
123,7
121,4
126
Minimum
115
116
115
Maximum
137
134
137
Moyenne (sans extrêmes) . . .
125,8
120,8
129
— 136 -
Distances inio-lambdoïdiennes.
1
Tous
les crânes.
Brachy-
céphales.
Dolicho-
céphales
Moyenne générale
67,6
64
71.2
Minimum
47
47
56
Maximum
97
83
97
Moyenne (sans extrêmes) . . .
65,1
63,7
71
A.rc G-labello-Rolandique .
Tous
les crânes.
Brachy-
céphales.
Dolicho-
céphales.
Moyenne générale
173,15
176,9
169,4
Minimum
157
163
157
Maximum
190
190
187
Moyenne (sans extrêmes) . . .
167,66
176,7
168
Distances Rolando-coronales.
a) SUPÉRIEURE.
Tous
les crânes.
Brachy-
céphales.
Dolicho-
céphales .
Moyenne générale
49,55
48
51,1
Minimum
40
41
40
Maximum
62
62
62
Moyenne (sans extrêmes) . . .
49,4
48,3
50,2
- 137 -
b) INFÉRIEURE.
Tous
les crânes.
Brachy-
céphales.
Dolicho-
céphales .
Moyenne générale
29,78
28,6
30,95
Minimum
20
20
21
Maximum
42
42
42
Moyenne (sans extrêmes). . .
29,4
29,2
30,4
Distances de l’extrémité inférieure du sillon de Rolando
à l’apophyse orbitaire externe.
Tous
les crânes.
Brachy-
céphales.
Dolicho-
céphales.
Moyenne générale
60,25
52,2
68,3
Minimum
40
46
40
Maximum
79
69
79
Moyennes (sans extrêmes) . .
61,28
52
68,1
Angle Rolando-sagittal.
Tous
les crânes.
Brachy-
céphales.
Dolicho-
céphales.
Moyenne générale
68,1
68,1
68,1
Minimum
64
64
65
Maximum
74
74
73
Moyenne (sans extrêmes) . . .
»
»
»
- 138 —
Distances de l’extrémité de la scissure de Sylvius
au sillon de Rolando.
Tous
les crânes.
Brachy-
céphales.
Dolicho-
céphales.
Moyenne générale
42.85
39,5
46,2
Minimum
18
18
24
Maximum
67
62
67
Moyenne (sans extrêmes) . . .
42,9
39,2
45,6
Distances de l’origine de la scissure de Sylvius
à l’apophyse orbitaire externe.
■
Tous
les crânes.
Brachy-
céphales.
Dolicho-
céphales.
Moyenne générale
26,9
24,5
29,3
Minimum
17
18
17
Maximum
35
34
35
Moyenne (sans extrêmes).. ..
26,61
24,2
28,9
Distances de la scissure de Sylvius
au point le plus élevé de la suture temporale
Tous
les crânes.
Brachy-
céphales.
Dolicho-
céphales.
Moyenne générale
4,75
3,5
6
Minima
0
0
0
Maxima
15
12
15
Moyenne (sans extrêmes) —
4,15
3,4
5,7
- 139 -
Distances de l’extrémité de la scissure de Sylvius
à, la ligne sagittale.
Tous
les crânes.
Brachy-
céphales.
Dolicho-
céphales.
Moyenne générale
65,01
66,4
63,8
Mini ma
46
46
48
Maxim a.
82
79
82
Moyenne (sans extrêmes). . . .
64,69
66,6
63,5
Distances de l’extrémité de la scissure de Sylvius
au lambda (mesurées sur une perpendiculaire au lambda).
Tous
les crânes.
Brachy-
céphales.
Dolicho-
céphales.
Moyenne générale
49,30
51
47,6
Minimum
26
32
26
Maximum
73
73
66
Moyenne (sans extrêmes). . . =
41,30
49,5
45,8
Distances de la scissure perpendiculaire externe
à la suture lambdoïde.
a) distances du lambda à la scissure.
Tous
les crânes.
Brachy-
céphales.
Dolicho-
céphales.
Moyenne générale
1,75
1,6
0,6
Minimum
- 4
- 4
— 5
Maximum
-h 16
13
7
Moyenne (sans extrêmes) . . .
1
1,1
0,8
- 140 -
b) distances mesurées de V extrémité externe de la suture
à la ligne qui prolonge la scissure jusqu à ce niveau.
Moyenne générale .
Minimum
Tous
les crânes.
Brachy-
céphales.
Dolicho-
céphales.
0,8
— 21
44
1,1
1,1
— 21
9
1,1
0,5
— 19
14
2,7
Maximum
Moyenne (sans extrêmes)
Distances des sillons frontaux à la ligne médiane.
fer Sillon Frontal.
Tous
les crânes.
Brachy-
céphales.
Dolicho-
céphales.
Moyenne générale
28,35
27,8
28,9
Minimum
20
20
21
Maximum
45
39
45
Moyenne (sans extrêmes)
30,15
28,4
30,1
2e Sillon Frontal.
Tous
les crânes.
Brachy-
céphales.
Dolicho-
céphales.
Moyenne générale
59,4
64,5
54,3
Minimum
48
50
48
Maximum
74
72
74
Moyenne (sans extrêmes) —
57,3
63,8
55,2
— 141
Distances du point le plus élevé du sillon pariétal
à l’astérion.
Tous
les crânes.
Brachy-
céphales.
Dolicho-
céphales.
Moyenne générale . .
90,40
92,1
88,7
Minimum
70
84
70
Maximum
100
100
100
Moyenne (sans extrêmes) —
90
93,2
89,1
Distances minima du sillon pariétal à la ligne médiane.
Tous
les crânes.
Brachy-
céphales.
Dolicho-
céphales.
Moyenne générale
36,2
37,2
35,4
Minimum
10
28
10
Maximum
66
45
66
Moyenne (sans extrêmes) . . .
37
37
35,6
Rapport de la ligne glabello-rolandique à l’arc
sagittal total.
Tous
Brachy-
Dolicho-
les crânes
céphales.
céphales.
Movpnnc fi'Anppnlp
53
54
52
100
15T
100
Minimum
51
54
51
100
100
100
Maximum
55
55
53
100
100
100
53
55
52
Moyenne (sans extrêmes)
100
100
100
- 142 -
Rapport de la distance inio-lambdoïdienne à l’arc
sagittal total.
Tous
les crânes.
Brachy-
céphales.
Dolicho-
céphales.
Mnvpnnp /ypripmlp
21
20
22
100
100
100
Minimum
16
16
18
100
100
100
M nTimiim
27
24
27
100
100
100
Moyenne (sans extrêmes) . . .
20
20
22
155’
100
100
— 143 -
CONCLUSIONS.
Pour terminer notre travail, nous allons donner un résumé
succint de nos résultats les plus intéressants pour la pratique
chirurgicale, ou plutôt nous allons formuler quelques règles
qui permettront au chirurgien de découvrir d’une façon cer-
taine le point du cerveau qu’il veut atteindre. Nous avons
cherché avant tout des procédés exacts et précis , simples
autant que possible.
Nous avons essentiellement tenu, pour rester dans le do-
maine pratique, à ne nous servir que de points de repère
très faciles à sentir avec le doigt , ou du moins très faciles à
déterminer — Ces points sont : la glabelle, l’inion, l’apophyse
orbitaire externe à l’endroit où son bord postérieur se relève
pour former le commencement de la ligne courbe temporale,
le milieu de l’arcade zygomatique, l’astérion et le lambda.
Nous avons pris comme premier point de repère la glabelle ;
mais au lieu de prendre la glabelle proprement dite, c’est-à-
dire la bosse frontale moyenne, nous nous sommes servi dans
toutes nos recherches d’un point beaucoup plus facile à sentir
avec le doigt, situé un peu au-dessus d’elle, et correspondant
à l’endroit où l’os frontal s’enfonce brusquement en arrière
pour aller rejoindre la suture fronto-nasale, c’est-à-dire un peu
au-dessus du nasion.
Notre second point de repère , Y inion, ou protubérance
- 144 -
occipitale externe est 9 fois sur 10 fortement saillant , et sa
détermination ne présente pas la moindre difficulté. Quelque-
fois pourtant , chez la femme surtout , il est nécessaire pour
le reconnaître aisément, de fléchir fortement la tête, de façon
à tendre le ligament cervical postérieur qui s’y insère , ou
encore de suivre la ligne courbe occipitale supérieure qui y
aboutit , et qui parfois se perçoit plus nettement. Ces deux
procédés, conseillés par Poirier, permettent dans tous les cas
de trouver Timon.
Le point où le bord postérieur de Y apophyse orbitaire
externe se relève pour former le commencement de la ligne
courbe temporale peut toujours se reconnaître aisément avec
le doigt. 11 est situé un peu au-dessus de la queue du sourcil.
La recherche du milieu de V arcade zygomatique ne présente
pas de difficultés.
h' aster ion, ou point de réunion des sutures pariéto-mastoï-
dienne et lambdoïde, correspond à une dépression souvent
profonde, toujours située tout à fait en arrière de la base de
l’apophyse mastoïde. Nous l’avons toujours facilement senti.
Si on ne le sentait pas, sa position serait néanmoins reconnue
sans peine par l’apophyse mastoïde.
La recherbe du lambda nous a au contraire paru moins
aisée qu’on ne le dit généralement. Le doigt seul ne suffit pas
toujours à trouver sa situation, et il faut souvent pour y arriver
mesurer sa distance de Timon sur Tare sagittal. Cette distance
est de 67 millim. en moyenne sur le crâne, 70 environ sur le
21
cuir chevelu, c’est-à-dire des — de l’arc sagittal total (de la
IlHJ
glabelle à l’inion). Cette proportion est un peu plus forte chez
les dolichocéphales que chez les brachycéphales
Ces 5 points de repère nous suffisent pour déterminer sur le
crâne ou sur le cuir chevelu la position d’un point quelconque
de la surface du cerveau. Nous allons montrer comment le
- 145 -
chirurgien peut arriver sur ceux des centres moteurs ou sen-
sitifs dont la connaissance exacte est à peu près certaine, au
moyen de lignes tracées à l’aide de ces points de repère.
Cinq lignes sont nécessaires pour arriver à ce résultat : la
première est la ligne sagittale , ou ligne médiane, qui va de la
glabelle à l’inion. Cette ligne passe par le lambda que l’on a
soin de marquer. Elle permet de trouver le sommet du sillon
de Rolando qui, d’après nos recherches, est situé aux
de l’arc sagittal (en comptant à partir de la glabelle).
532
ÏÔÔÔ
Quand l’arc sagittal est de 29 centimètres, le sommet du
sillon est à 154 millim. de la glabelle, quand il est de :
30 centim., le sillon est à 159 1/2 millim.
31
—
165 —
32
—
170 —
33
—
1751/2 —
34
—
181 —
35
—
186 —
36
—
1911/2 —
Le sillon est de 5 millim. plus en avant chez les individus
nettement dolichocéphales, et de 5 millim. plus en arrière chez
les brachycéphales.
Si enjoint le sommet du sillon de Rolando au milieu de l’ar-
cade zygomatique, on obtient une seconde ligne « ligne rolan-
dique » ou « ligne zygomato-rolandique », donnant la direc-
tion générale du sillon de Rolando avec une exactitude très
suffisante (fig. 16, Y, Y').
Une troisième ligne . ligne orbito-lambdoïdienne (fig. 16,
X, X') , allant de l’apophyse orbitaire externe au lambda ,
indique sur une longueur de 4 à 6 centimètres, à partir de ses
27 premiers millimètres, le trajet de la scissure de Sylvius.
Une quatrième ligne , ligne astêrio-rolandique (fig. 16 ,
K, K7) , allant du sommet du sillon de Rolando à l’astérion ,
10
146 —
et une cinquième, ligne lambdoïdienne , ou astério-làmb-
datique (fig. 16, L) , allant d’un point situé à 2 millimètres
en avant du lambda à l’astérion complètent nos lignes.
Fig. 15. Rapports des sutures avec la surface de l’encéphale.
F1, F2, F3, lre, 2e, 3e circonv. frontales ; — T1, T2, T3, lre, 2° et 3e circonv.
temporales; — O1, O2, O3, lre, 2e et 3e circonv. occipitales ; — PS, lobule
pariétal supérieur ; — Pi, lobule pariétal inférieur ; — Pc, pli courbe; —
Fa, frontale ascendante ; — P a, pariétale ascendante ; — S, S, scissure de
Sylvius ; — R, R, sillon de Rolando ; — 1,1, scissure interpariétale; —
P O, scissure perpendiculaire externe (figurée comme c’est l’exception et non
la règle, au-dessous de la suture lambdoïde) ; — c, c, suture coronale ; —
x, stéphanion supérieur ; — T' T', ligne courbe temporale supérieure ; —
T, ligne courbe inférieure ; — Z, /, suture lambdoïde ; — E, E, suture écail-
leuse ; — a , astérion ; — p, ptérion ; — v, suture corono-sphénoïdale ; —
v'7 suture temporo shénoïdale.
Dregma
— 147 —
— 148 —
Ces lignes tracées sur le crâne , il est très facile de déter-
miner la situation de tous les centres corticaux. (V. fig. 15
et 16).
Le centre des mouvements du membre inférieur , siégeant
dans le tiers supérieur de la circonvolution frontale ascen-
dante, les 2/3 supérieurs de la pariétale ascendante et le lobule
paracentral se trouve au sommet de la ligne rolandique
(fig. 15. M I).
Le centre des mouvements de la face , siégeant à la partie
inférieure de la frontale et de la pariétale ascendante , se
trouve à un centimètre environ au-dessus de la ligne orbito-
lambdoidienne sur la ligne zygomato-rolandique, en un mot
juste au-dessus de rontrecroisement des deux lignes précé-
dentes (F).
Le centre de la mémoire motrice des mots (aphasie), sié-
geant dans le pied de la 3e circonvolution frontale gauche , se
découvre en trépanant sur la ligne orbito-lambdoïdienne (A),
ou plus exactement à quelques millimètres au-dessus de la
ligne orbito-lambdoïdienne à 4 centimètres en arrière de l’apo-
physe orbitaire externe.
Le centre de la mémoire motrice graphique (agraphie),
siégeant sur le pied de la 2e frontale à environ 4 centimètres
de la ligne rolandique , se trouve en trépanant à quelques
millimètres au-dessus de la ligne courbe temporale supérieure,
un peu plus haut que le stéphanion supérieur, pratiquement à
mi-distance de la ligne sagittale et de la ligne orbito-lambdoï-
dienne (A G).
Le centre des mouvements du membre supérieur , se trouve
sur la circonvolution frontale ascendante immédiatement en
arrière du centre précédent (M S). La détermination ne pré-
sente donc aucune difficulté.
Le centre de la vision binoculaire (hémianopsie), siégeant
à cheval sur l'origine de la scissure interpariétale se trouve
— 149 -
à 2 centimètres en arrière de ia ligne rolandique et à 15 mil-
limètres au-dessus de la ligne orbito-lambdoïdienne (HE).
Le centre de la mémoire auditive verbale (surdité verbale),
siégeant dans la première et un peu la seconde circonvolution
temporale (S V), se trouve dans l’angle ouvert en bas et en
arrière et formé par la rencontre des lignes zygomato-rolan-
dique et orbito-lambdoïdienne.
Le centre de la mémoire visuelle verbale (cécité verbale),
siégeant dans le lobule du pli courbe, se découvre en trépa-
nant sur la ligne rolando-astérique, à 15 millim. au-dessus de
la ligne orbito-lambdoïdienne , car l’extrémité de la scissure
de Sylvius, qui forme le centre du lobule du pli courbe, se
trouve situé sur cette ligne rolando-astérique (GY).
Le centre des mouvements des yeux , situé dans le pli
courbe, se trouve découvert quand on trépane à 20 millim. en
arrière de la ligne rolando-astérique, sur la ligne orbito-Jamb-
doïdienne (Y) .
Le centre de la vision , situé dans la partie supérieure et
interne du lobe occipital (cunéus), est découvert par une tré-
panation pratiquée dans l’angle postérieur formé par la ren-
contre de la ligne lambdoïdienne (qui correspond à la scissure
perpendiculaire externe) avec la ligne sagittale (Y).
Les centres de V olfaction et de la gustation paraissent être
situés, soit dans la corne d’Ammon (Ferrier), soit dans la cir-
convolution de l’hippocampe (H. Munk), et l’on a également
placé dans la région de l’hippocampe le centre de la sensibilité
générale (1). Mais nous ne sachions pas qu’un chirurgien ait
encore été assez hardi pour aller à leur recherche sur un
malade ; aussi bien n’insisterons-nous pas.
(1) Rappelons en passant ce fait curieux , que très souvent chez les épi-
leptiques, on a trouvé des lésions de la corne d’Ammon.
— 150 —
Nous avons vérifié par des trépanations l’exactitude de ces
procédés, et nous avons été frappé de leur rigueur. Sur deux
crânes, dont un brachycéphale et un dolichocéphale, le centre
de nos couronnes de trépan est toujours tombé exactement ou
presque exactement sur les points que nous nous proposions de
découvrir. L’erreur a rarement dépassé 4 millim., jamais 6.
Nous pouvons donc dire, sans exagération, qu’une fois le topo
de la figure 15 dessiné sur une tête quelconque, le chirurgien
peut découvrir à volonté et avec sûreté le point de la surface
du cerveau qu’il se propose de mettre à nu.
En résumé , si le mot n’était pas trop prétentieux , nous
serions tenté de dire qu’une fois cette topographie achevée
sur un crâne , on c voit », la surface de l’encéphale à travers
la paroi crânienne comme si celle-ci était remplacée par une
vitre.
- 151 -
INDEX BIBLIOGRAPHIQUE, (i)
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T. IL Paris, 1857, p. 115 et 124.
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l’homme et de leurs rapports avec le crâne). — Dissertation
inaugurale à l’Académie médico-chirurgicale de St-Péters-
bourg. — 5 mai 1873.
(1) Nous n’indiquons, dans cet index, que les ouvrages qui ont plus ou
moins trait à la topographie cranio-cérâbrale, sans nous occuper de ceux
qui traitent de la trépanation, des localisations cérébrales, etc.
— 152 -
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L.-A. Müller. — TJeber die Topographischen Beziehungen
des Hirns zum Schàdeldach. — Thèse de Berne., 1889.
Ch. Féré. — Les Epilepsies et les Epileptiques. — Paris,
1890.
Ch. Debierre. — Travaux récents en topographie crânio-
cérébrale. — Gaz. hebd. de mèd. et de chir., 31 mai 1890,
p. 254
Ch. Debierre. — Note sur la topographie crânio-cérébrale
et un nouvel instrument, le goniomètre céphalique. — Congrès
international des sciences médicales tenu à Berlin le 7 août
1890, et Association française pour l’avancement des sciences,
Limoges, 12 août 1890.
Zernov. — Journal du VIIIe congrès des naturalistes et des
médecins russes. — St-Pétersbourg, 1890 . — et X Anthropo-
logie, 1. 1, N° 4, 1890.
P. Poirier. — Topographie crânio-encéphalique. Trépana-
tion. — Paris, 1890.
PLANCHES
ET LÉGENDES.
- 158 -
Planche I.
Crânes sur lesquels la position des sillons et des scissures du cerveau
a été tracée d’après notre procédé.
Le crâne P présente une bosse occipitale fortement saillante ; le lobe occipital était
reculé et la scissure perpendiculaire se trouvait en arrière de la suture bamb-
doïde ; les rapports du sillon interpariétal étaient également très modifiés. —
De plus ce crâne est nettement hypsicéphale dans sa région frontale (1).
Les crânes S et L ne présentent rien de particulier. — On voit sur le crâne T
le goniomètre céphalique dont le centre est posé sur le sommet du sillon de
Rolando (la description de cet instrument a été faite dans le texte, page 62).
(1) En raison de la double déformation de ce crâne , les rapports de ses
sutures avec les sillons et scissures du cerveau étaient considérablement
changés ; aussi Lavons-nous élagué pour établir nos moyennes. Néanmoins,
le sillon de Rolando avait à peu près conservé sa position normale , parce
que la déformation de la région occipitale du crâne était compensée par la
propulsion de la région frontale (hypsicéphalie frontale;. Les rapports anor-
maux des scissures s’expliquent par les malformations crâniennes, et la
figure permet de se rendre compte que ce n’est pas le procédé qui est défec-
tueux, mais que c’est le crâne qui est vicié dans sa conformation. Donc ,
l’exception ici encore confirme la règle.
P1.I
- 160 -
Planche IL
Relations du crâne (se guider sur les sutures) et du cerveau (d’après la
tête S). — Centres psycho-moteurs et sensoriels de l’écorce (d’après les
recherches les plus récentes des physiologistes et anatomo-patholo-
gistes) .
1, première circonvolution frontale ; — 2, deuxième frontale : — 3, troisième
frontale ou circonvolution de Broca ; — 4, frontale ascendante ; — 5, parié-
tale ascendante ; — 6, lobule pariétal supérieur ; — 7, lobule pariétal infé-
rieur ; — 8, première circonvolution occipitale ; — 9, deuxième occipitale ; —
10, troisième occipitale ; — 11, première temporale : — 12, deuxième tempo-
rale ; — 13, troisième temporale. — A, centre des mouvements rotatoires de
la tête ; — B, centre des mouvements du cou ; — C, centre du mouvement
des yeux ; — D, centre de la mémoire motrice verbale (aphasie motrice) ; —
E, centre des mouvements du tronc; — F, centre des mouvements du coude ;
— G, centre des doigts ; — H, centre de la face supérieure, et des angles de
la bouche ; — I, centre des mouvements des cordes vocales ; — J, centre des
mouvements du pharynx ; — K, centre du gros orteil ; — L, centre des mou-
vements de l’épaule ; — M, centre du poignet; — N, centre des mouvements
de la hanche ; — O , centre du pouce ; — P , centre des mouvements de la
face inférieure et de la langue ; — Q, centre du sens musculaire (anesthésie
musculaire) ; — R, centre des mouvements de la jambe ; — S, centre de
l'élévation de la paupière ; — T, centre de la mémoire des mots écrits (cécité
verbale) ; — U, centre de la vision binoculaire (déviation Conjuguée des yeux,
hémianopsie) ; — V , centre de la vision ; — X, centre de la mémoire des
sons verbaux (surdité verbale) ; — Y, Y, plan spino-auriculaire (plan du regard
horizontal) .
PI. II
- 163 -
TABLE ALPHABÉTIQUE
Préface 5
Introduction 7
CHAPITRE I. — Procédés de topographie 19
Procédé de Gratiolet : Moules intracrâniens 19
Procédé de P. Broca : Fiches 19
Procédé de Bischoff (1868) 21
Procédé de Heftler (1873) : Normas crâniennes 21
Procédé de Turner (1873) : Aires crâniennes 24
Procédé de Féré (1875) : Coupes et congélations 26
Procédé d’Ecker (1876) 26
Procédé de W. Anderson et Makins (1889) 27
Procédé de Müller (1889) . 28
Procédé de ZernoV (1890) . 31
Procédé de Féré pour les enfants 33
Procédé de Dana (1889) 33
Procédé de Seeligmüller (1877) 34
Procédé de Chiarugi (1886) 34
Procédé de l’autogravure cérébrale : Debierre et Le Fort 35
CHAPITRE IL— crâne et cerveau.— rapports des lobes cérébraux 39
1. — Le crâne et le cerveau 39
2. — Rapports des contours de l’hémisphère cérébral ... 42
(a) Bord interne de l’hémisphère 43
(b) Bord externe de l’hémisphère * 43
11
— 164 —
CHAPITRE III. — scissure de rolando 46
Rapports avec le crâne 46
1° Extrémité supérieure de la scissure . . . 46
Détermination de l’extrémité supérieure du sillon de Rolando
par le bregma 49
Détermination de l’extrémité supérieure du sillon de Rolando
par sa position sur l’arc sagittal 52
2° Extrémité inférieure de la scissure 54
Détermination de l’extrémité inférieure du sillon de Rolando 54
3° Trajet de la scissure 59
Détermination du trajet de la scissure de Rolando 59
CHAPITRE IV. — scissure de sylvius 64
Rapports avec le crâne 64
Détermination de la scissure de Sylvius . . . 67
CHAPITRE V. — scissure perpendiculaire externe 74
Rapports de la scissure 74
Détermiuation de la scissure 76
CHAPITRE VI. — sillons et circonvolutions du lobe frontal . . 79
Frontale ascendante et sillon précentral 79
Première et deuxième circonvolutions frontales et sillons frontaux 81
Troisième circonvolution frontale 83
CHAPITRE VII. — sillons et circonvolutions du lobe pariétal. . 85
Lobe pariétal 85
Circonvolution pariétale ascendante et sillon post-rolandique ou
pariétal transverse 85
Sillon interpariétal 86
Lobule pariétal supérieur 87
Lobule pariétal inférieur 88
CHAPITRE VIII. — sillons et circonvolutions des lobes temporo-
sphénoïdal et occipital 90
Sillons et circonvolutions du lobe temporo-sphénoïdal 90
Lobbe occipital 92
CHAPITRE IX. — rapports des parties profondes et du cervelet 93
Rapports de l’Insula de Reil 93
— 165 —
Rapports des ganglions centraux avec la voûte du crâne 94
Cervelet 95
CHAPITRE X. — ARTÈRES, VEINES ET SINUS 96
Rapports des artères 96
Rapports des veines et des sinus 102
CHAPITRE XI. — TOPOGRAPHIE CRANIO-CÉRÉ BRALE CHEZ LES ENFANTS
ET LES VIEILLARDS 104
Modifications chez les enfants 104
Modifications chez le vieillard 112
CHAPITRE XII. — MODIFICATIONS INDIVIDUELLES DANS LES RAPPORTS
DE TOPOGRAPHIE CRANIO-CÉREBRALE 113
CHAPITRE XIII. — aperçu des localisations cérébrales 118
CHAPITRE XIV.— APERÇU DE la trépanation guidée par les loca-
lisation CÉRÉBRALES DANS CES DERNIÈRES ANNÉES 123
Expériences . 130
Conclusions 143
Index bibliographique 151
Lille lmp. L.Oafreh